Maintenance en aquarium :
Afin d'observer au
mieux cette espèce, en particulier lors des phases de pontes (élaboration d'un cratère
qui servira à la ponte), on aménagera un
aquarium d'un minimum de 40 à 50 cm de largeur au sol, une bonne longueur dans
ce cas sera de 1.50 m.

Cette espèce vit plutôt en banc, il
faut donc prévoir un petit groupe minimum, 6 spécimens seront une bonne base
dans 450 l. (2♂/4♀).
Un mâle seul n'est pas très pigmenté, c'est pourquoi il vaut mieux en avoir au
moins deux. Ceux-ci auront ainsi l'obligation de plaire le plus possible aux
femelles et vous pourrez admirer leur belle livrée.
L'espèce semble fragile et ce, même plusieurs
mois après acclimatation, le problème étant qu'aucun symptôme n'apparaît, si ce
n'est une perte d'appétit progressive, un dépérissement plus ou moins rapide, et
en trois semaines à un mois et demi le poisson meurt (il est possible qu'il
s'agisse d'individus âgés). Il semble que ce ne sont
que les individus sauvages qui soient atteints de la sorte, il m'apparaît évident
que la qualité et les paramètres de l'eau y sont pour beaucoup. En effet, dans
notre région de sud Normandie, l'eau n'atteint pas un pH de 7.4 et une
conductivité oscillant autour de 400 µS/cm ce qui est peu pour des poissons
demandant une eau à pH plus près des 9 et une conductivité aux alentours de
600/620 µS/cm.
Nous ajoutons un peu de
"sels Tanga" du commerce pour remonter ces paramètres.
Par contre les jeunes issus
de sauvages sont tout à fait adaptés et ne subissent pas de pertes anormales. Il
faut quand même surveiller tout ça de près, car il m'a déjà été donné de voir
des alevins d'Ectodus qui étaient affublés d'un goitre dès leur plus
jeune âge, l'eau de maintenance (sud de Paris) étant de piètre qualité pour ces
poissons.
La recherche de nourriture occupe
une grande partie de leur temps, ils plongent volontiers le museau profondément
dans le sable (un sable d'une granulométrie variable est à préférer, nous
verrons plus loin pourquoi...), n'hésitant pas à se remplir la cavité buccale et
à mâchonner durant de longues secondes, laissant passer les particules non
comestibles par les fentes branchiales, et recrachant les gros grains de sable
par la bouche.

Le mélange avec d'autres
espèces de pleine eau/sabulicoles est à éviter. Les Lestradea
perspicax
par exemple, les dominent clairement et aucun cratère autre que celui de
Lestradea ne sera visible. Aucune chance de voir une ponte dans une
telle configuration, il faut donc bien choisir les colocataires qui vivront
avec les Ectodus descampsii.
Choisir des espèces à tempérament calme, et peu
belliqueux, de plus petites espèces... Et encore, un mâle Neolamprologus brevis
du Congo* peut mettre en déroute un mâle Ectodus, par contre un spécimen de la même espèce
provenant de Chimba* ne se risquera pas trop près du mâle Ectodus sur son cratère.

L'agressivité d'un Neolamprologus brevis du Congo...
N'oublions pas que
Ectodus descampsii est un poisson relativement peureux. Qui dit poisson peureux,
dit poisson stressé, qui dit poisson stressé, dit poisson qui a une propension
aux pathos, en particulier (et comme chez énormément de genres des lacs
Tanganyika, Malawi et Victoria) les affections digestives.
Il faut donc être
vigilant et au moindre symptôme de "recrachage" de nourriture, ou d'arrêt de la
nutrition, voir à traiter le poisson atteint.
Si le poisson gonfle, aucun médicament ne pourra normalement le sauver, par
contre s'il n'a "que" des selles blanches et filamenteuses, ou pas de selles du
tout, un produit contenant du dimétridazole pourra
s'avérer très efficace.
Auteur Laurent Picot (Patapon).
Un produit généralement utilisé pour soigner les pigeons
est utilisé dans ce cas, il s'agit de l'ALAZOL®,
à raison de 5 ml/100 litres, il faut mettre le bac dans la pénombre durant le
traitement. En deux trois jours les poissons recommencent à s'alimenter. Il est
généralement recommandé de changer une moitié de l'eau du bac au bout de 5 jours
et de recommencer afin d'être sur d'avoir bien traité les poissons susceptibles
d'avoir subi une infection.
Dans les cas où
l'infection est légère, le passage de l'eau aux UV durant 24 heures
peut suffire à éradiquer une bonne part des parasites ce qui permet aux poissons
de se défendre contre l'infection ainsi réduite. N'oublions pas un salage
à 2gr/l de sel minimum, dose correspondant approximativement à la pression osmotique du corps des
poissons qui, n'ayant plus à fournir cet "effort" peuvent utiliser toute leur
énergie à lutter contre la maladie.

Comme plusieurs genres du lac (Lestradea, Callochromis pour
citer les plus reconnus pour ce fait), Ectodus a la capacité de
s'ensabler en cas de danger, il disparaît donc aux yeux du prédateur, ou
autre danger, une épuisette par exemple.
Photo de Thomas Andersen, voir son article sur Cichlid Room
Companion.
À ce propos, il m'a été donné d'observer, lors des changements
d'eau, les alevins "jouant" à "l'ensablage". L'eau créant un tourbillon
rapide de sable ,
les jeunes Ectodus venaient et plongeaient littéralement dans ce
tourbillon entrant dans le sable et ressortant plus loin, revenant et
replongeant et ainsi de suite... Ce manège est vraiment très rigolo à observer. |