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Expérience aquariophile
Auteur: D enis Jeandel AFC 394/54
Boulenger décrivit cette espèce en 1898 à partir d’un individu unique de 80mm LT , rapporté au genre Haplochilus .
Lamprichthys a été défini par Regan en 1911 . En 1936, David décrivit une autre espèce du genre: Lamprichthys curtianalis . La description fut réalisée à partir d’exemplaires femelles de Lamprichthys tanganicanus, l’origine de cette description est sans doute le dimorphisme qui existe entre mâle et femelle bien que ce caractère soit fréquent chez de nombreux Cyprinodontidés . Le genre Lamprichthys est donc bien monotypique.
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Description:(d'après l'original). Corps comprimé, relativement un peu moins haut chez le mâle que chez la femelle (3,65-4,66 et 3,94-4,23 fois dans LS) ; museau acuminé, plus long que le diamètre de l’œil ; bouche terminale, protractile(planctophage). (... ...)
Espace pré orbitaire égal à ½ du diamètre de l’œil (mâle) ou au 2/5 (femelle). (... ...) 41-44 écailles en ligne longitudinale, 21-23 autour du corps en avant des pelviennes, 10-12 autour du pédoncule caudale. (... ...) D.13-17 (mâle), 14-16 (femelle), opposée à l’anale, son origine au dessus des 11-13ème rayon de l’anale, plus longue et plus basse chez le mâle que chez la femelle ; comme la dorsale, elle est plus longue et plus basse que chez la femelle. P . atteignant la moitié ou les ¾ des pelvienne. V . n’atteignant généralement pas l’anus. Bord postérieur de la caudale légèrement concave, à coins aigus. (... ...) COLORATION ― Mâle : Dos vert olivâtre plus ou moins foncé avec, de part et d’autre de la ligne médiane, une ligne brillante bleu vert, faite d’une série de taches bleues chacune au centre d’une écaille. Région latérale et ventrale argentée. Chaque écaille étant ornée d’une tache d’un bleu azur étincelant, l’ensemble des taches formant des rangées longitudinales plus ou moins rectilignes au nombre de 7 ou 8. Dorsale et anale présentant respectivement 5-6 et 4-5 rangées longitudinales de taches arrondies ou allongées, de couleur jaune ocre clair, et bordés d’un liseré de la même couleur. Caudale à marge postérieure et à pointes jaune ocre, sa région basilaire finement ponctuée de bleu. Pectorales légèrement teintées ; ventrales à bordure ocrée bien nette.
Femelle : coloration généralement beaucoup moins bleue (points bleus moins nombreux et limités à la région dorsale) ; peu de jaune sur les nageoires. |
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Le biotope:
Les éboulis rocheux, les enchevêtrement de galets, les failles rocheuses constituent tout autour du lac le biotope de ce bijou flamboyant, absent des zones sablonneuses. Toutefois on l’a observé jusqu’à 100m du rivage dans une anse du sud de la baie de Tembwe (Poll 1953b). Lamprichthys tanganicanus est un poisson de pleine eau dans une profondeur n’excédant pas 10m, les femelles ayant tendance à rester à proximité du fond pour s’y reproduire (Genevelle 2002)Il est à noter que le mâle Lamprichthys tanganicanus est très territorial, il faudra tenir compte de cette caractéristique dans le maintien de l’espèce en aquarium. |
Alimentation:
Planctophage, Lamprichthys est glouton, son contenu stomacal analysé renferme des petits crustacés, des débris d’insectes, des micros-organismes et même des écailles de poissons. Cette information est essentielle pour l’éleveur qui pourra proposer toutes sortes de nourriture, les adultes sauvages acceptant très rapidement la nourriture en flocons. Mais, détaillons ce qui a été proposé dans le cadre de notre élevage. En alimentation congelée, nous avons proposé Artémia salina, Mysis , Krill, broyât de crevettes grises décortiquées, Daphnies et Cyclops. En alimentation vivante, les nauplius d'Artémia salina, les cyclops et les daphnies provoquent une véritable frénésie dans les bacs d’élevage. Comme nous l’avons signalé et bien qu’elle n’ait été proposée qu’à titre expérimental, la nourriture en flocons est acceptée sans difficulté. |
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Aquariologie: Avant de présenter l’aménagement de l’aquarium de maintenance, regardons un peu en arrière et voyons comment Lamprichthys tanganicanus est arrivé jusqu’à nous et laissons parler les pionniers . Max Poll : « le plus joli poisson d’aquarium du Congo belge que nous connaissons… son importation nous semble un objectif très désirable » 1953a.Les premiers spécimens vivants furent introduits en Europe et au U.S.A en 1959 par la firme Aquarium Hambourg, à la suite du voyage de son propriétaire W. Griem, en Afrique orientale (supplément à la revue française d’aquariologie n°2/89).Notre hôte est un poisson fragile et si, après acclimatation, son maintien n’est pas très difficile, il est quelques règles à respecter et en premier lieu, les qualités physico-chimiques de l’eau. Notre propos n’est pas de détailler ni même de recopier les différents paramètres des eaux du lac Tanganyika: une formule est utilisée avec succès depuis des années au Muséum aquarium tropical de Nancy, « je l’utilise depuis plus de quinze ans pour le maintien d’espèces fragiles ou l’acclimatation de poissons sauvages ».Cette formule qui peut-être préparée en pharmacie, s’utilise dans la proportion de 0,30 g par litre d’eau déminéralisée :Sulfate de magnésium 200gBicarbonate de magnésium 250gCarbonate de sodium 350gChlorure de potassium 150gCarbonate de lithium 20gSilicate de sodium 30gRemarque : Certaines officines demandent une ordonnance pour la délivrance du carbonate de lithium, d’autre part, le mélange du silicate de sodium demande un coup de main particulier pour ne pas agglomérer la préparation. La seconde exigence de Lamprichthys tanganicanus est la taille du bac, " éternelle question " (Genevelle 2002), comme ce spécialiste, nous dirons, le plus grand possible, pour l’élevage et le maintien, en règle générale un volume de plus de 600L permet de maintenir 2 mâles et un groupe de femelles. Le mâle est très territorial, dans un volume inférieur à 400L, il est déconseillé d’introduire plusieurs mâles. Afin d’optimiser les pontes, l’option d’un bac spécifique peut-être envisagé, la photo nous montre un bac de 400L où sont maintenus 30 femelles avec 1 mâle.
Si l’éclairage solaire direct permet une explosion des couleurs, l’utilisation combinée de tubes fluorescents de spectre différent nous permettra d’apprécier la brillance de l’argenté des femelles et l’intensité du bleu azur des mâles. |
Reproduction:
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STADE 1 3 jours après la ponte, l’œuf est transparent, le grossissement de droite montre une cellule déjà bien différenciée.
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STADE 2.
10 jours après la ponte, l’organisation cellulaire est maintenant bien visible, le grossissement de droite laisse entrevoir le positionnement de la future larve. |
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ph.1. |
STADE 3
La larve est formée, enroulée dans l’œuf, on distingue nettement les yeux (photo 1), la région ventrale (photo 2), et l’épine dorsale( photo 3).
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ph.2. |
ph.3.
Nous savons maintenant tout sur la parade amoureuse, essayons d’envisager les différentes techniques afin de stimuler le reproducteur, de concentrer la quantité œufs émis et de faciliter la récupération de ces derniers.
ph.8.
Le site artificiel de ponte : C’est à notre avis la solution la plus adaptée à une production optimale, une récolte simplifiée, et une possibilité d’observation de la parade amoureuse. Deux artifices peuvent être utilisés, le second étant une amélioration du premier:
A ) Un petit récipient plastique dans lequel des ardoises sont arrangées à la façon des strates, est disposé dans un coin de l’aquarium. (photo9).
Inconvénient : Lors de la remontée du récipient pour la récupération des œufs, la turbulence créée par le mouvement décolle les œufs, les met en suspension, et un nombre important tombe dans l’aquarium.
ph.9.
ph.10.
Les œufs récupérés sont mis au bain-marie pendant 3 semaines en attendant l’éclosion, quelques cm d’eau dans un récipient placé en flottaison dans un bac chauffé et l’attente commence, l’observation du développement est bien
visible au travers de l’enveloppe. A la naissance, les alevins mesurent 1mm de long, très foncés, ils ressemblent à de petites virgules qui se déplacent très rapidement de façon désordonnée. A ce stade ils se manipulent sans danger, nous les transférons donc dans un bac de grossissement, ils seront nourris souvent et les changements d’eau seront fréquents ; la
croissance sera d’environ 1cm par mois pour atteindre une maturité sexuelle en 6 mois. La nourriture des premiers jours sera importante puisque les nauplius d’Artémia ne sont pas acceptés, micro-vers, anguillule du vinaigre et nourriture sèche très fine (100µ)
constituent l’essentiel de l’alimentation avec une préférence à l’anguillule du vinaigre qui reste bien en suspension en milieu liquide alors que les µ vers et la nourriture sèche ont tendance à tomber sur le fond.
Remarque : Le sex-ratio est déséquilibré en faveur des femelles, selon M. Tarall il semblerait qu’une température plus basse favorise la production de mâle. Une expérimentation démarre en septembre de cette année pour vérifier cette hypothèse, les résultats vous seront précisés.
Maladies:
Lamprichthys tanganicanus acclimaté n’est pas particulièrement sensible aux maladies, la fragilité des téguments constitue le risque majeur de pathologies car les poissons blessés présentent des risques de mycose.Il est à signaler un point de fragilité important touchant essentiellement les Lamprichthys tanganicanus dont la taille se situe entre 40 et 60mm, lors de la capture à l’épuisette le stress induit chez certains individus une pliure du corps qui prend un aspect incurvé, la mort survient immédiatement ou peu de temps après. Nous avons observé des individus gardant cette courbure latérale plusieurs jours avant de mourir. " Il est donc très risqué de mettre plusieurs individus par sac de transport, un poisson qui stresse rejette des toxines qui pourraient tuer les autres poissons du sac." (E. Genevelle 2002). |
BIBLIOGRAPHIE
Condé (B.) – Louisy (P.) – Tarall (M.) 1989/1990 Lamprichthys tanganicanus
-Supplément à la revue française d’aquariologie n° 2/89
-Supplément à la revue française d’aquariologie n° 4/89
-Supplément à la revue française d’aquariologie n° 2/90
Genevelle (E.) 2002 La flèche bleue du Tanganyika Cahier Aquarama 2002-4
Poll (M.) 1953 b poissons non cichlidae Exploration hydrobiologique du lac Tanganyika (1946-1947)
Richter (H.J.) 1987 Lamprichthys tanganicanus le kili perlé du lac Tanganyika Aquarama n° 93
Destination Tanganyika../Denis JEANDEL - Estelle et Benoît /2001-2009.