Une grande famille !

...Celle des lamprologiens...

Article en cours d'écriture

      Présenter une tribu, cette tribu, n' est pas chose aisée. La complexité des ses intervenants étant à la mesure du temps de leur évolution en vase clos.
Le vase clos qu'est le lac Tanganyika. L' histoire ici, n' est pas le lac, mais la tribu lamprologini, ses différentes branches, ses spécialisations - morphologiques, reproductrices... Du prédateur à l' herbivore, tous pondeurs sur substrat caché ou découvert, issus d' ancêtres fluviatiles. Cette tribu regroupe les genres : Altolamprologus, Chalinochromis, Julidochromis, «Lamprologus», Lepidiolamprologus, Neolamprologus, Paleolamprologus, Telmatochromis, et Variabilichromis. Comprenant 79 espèces sur un total de 179 espèces de cichlidés vivant dans le bassin du lac Tanganyika. Elle est celle qui a conquis le plus d'espaces, de biotopes, et qui a le plus diversifiée ses stratégies.

      La question n' étant pas de faire un descriptif, mais de prendre des cas singuliers et d' appréhender leur originalité ; extraits de l' alambic ayant permis par sélection, d' exprimer une multiplicité de formes, une multitude de comportements.


      L' espèce - du lac Tanganyika - connue de tous et ayant peuplée les bacs de centaines d'aquariophiles, et ce avant que la cichlidophilie existe, est le Neolamprologus brichardi — que certains appellent : princesse du Burundi —. Cette espèce fut donc la première à arriver jusqu 'à nous, grâce au passionné qu' était Pierre Brichard, pionnier de l' exportation.
Espèce colonisatrice, elle est typique du comportement reproducteur de ce "complexe", des colonies de poissons, une protection des jeunes par leurs aînés qui sont protégés par les adultes etc.
        Lithophile* par excellence, il cueille, il pioche, extrayant ses proies des failles, cachées entre les roches, ou rampants dans le tapis d' algues, parfois surnageant dans la colonne d' eau. Des lignes délicates — faisant penser aux Anthias marin —, une livrée toute en nuances de beige et crème, des filaments blancs-bleutés aux nageoires, une palette caractéristique sur les joues, une vermiculure bleue opalescente soulignant l' oeil, c' est l' image connue de tout le monde "LE" cichlidé générique du lac Tanganyika.

>> Article sur les livrées et morphologies des lamprologiens. <<

Les Altolamprologus

     Les espèces qui composent ce groupe sont carnivores, et piscivores et se nourrissent d' alevins et de jeunes, en règle générale, mais également de crustacés comme les crevettes du Tanganyika Limnocaridina spp., Caridella spp., Atyella spp..

    Altolamprologus, est un genre taillé pour l'attaque directe à courte distance. Avant tout, ce qui frappe c' est son profil aigu, lorsqu' il bâille c' est l' impressionnante élasticité de sa cavité buccale, l' angle des maxillaires si particulier qui le fait chasser la tête en bas et parfois à l' envers lorsque sont objectif est réfugié sous un surplomb rocheux, ou une coquille.

 

 

 

 

      La technique de chasse de A. sp. compressiceps "Sumbu shell", est adaptée à l' incursion dans les lits de coquilles à la recherche des alevins minuscules, ceci étant l' apanage du mâle – la femelle se contentant de petits invertébrés – ; sa taille lui permettant après une telle adaptation "nanifiante", de ne capturer que des proies de petite taille.

      Le voir entrer dans le territoire de N. multifasciatus est fascinant, harcelé par le groupe, sa concentration ne change pas, et son objectif est entre les coquilles. En posture d' attaque permanente, il avance prêt à frapper, s' il remarque un mouvement il se dirige rapidement dans le secteur arrivant au dessus, il peut arriver à se retourner pour voir derrière et en dessous, à ce moment là, si un alevin entre dans son champ de vision, il frappe, rapide précis...

 

 

◄Il faut noter que le dessin particulier du front de ces espèces les rend pratiquement "invisibles" de face. En effet le contraste entre la barre foncée et les parties claires cassent la perspective, cela crée ainsi un "aberration" visuel qui occulte d' une certaine façon le prédateur, aux yeux de ses proies.►

 

      Proche d' eux mais classé dans les Neolamprologus, est le N. fasciatus, chasseur furtif qui croise inlassablement à quelques distances du substrat rocheux. Pratiquant l'attaque en flèche à plus grande distance de la cible que Altolamprologus, il repère de loin une victime et s'élance, à un mètre de distance il réussira, les Altolamprologus ne dépassent pas les 10 à 50 cm de leur cible.

 

Les Lepidiolamprologus

Lepidioloamprologus lemairi.

 

Ce genre se trouvent les plus grands lamprologiens (L. profundicola, L. cunningtoni...), mais aussi quelques conchylicoles de petite taille. Généralement prédateurs à l'affût, ils restent dans l' ombre attendant un poisson insouciant qui passera à leur portée et ils fondent sur un poisson imprudent passant dans le périmètre, L. lemairi peut aussi rester là, sur un rocher sans bouger, de la même manière et déclenchera son attaque vif comme l' éclair !

 

      Les petits conchylicoles ont également ce comportement – observation en aquarium de l' ingestion d' une femelle Altolamprologus sp. compressiceps "Sumbu Shell" par un mâle L. hecquii ! –, Ils peuvent donc ingérer des poissons d' une taille proche de la leur !

     De livrées marbrées, ils se fondent dans le décor, les pigments des grès ocres étant dans leurs tons, ils passent inaperçus. Pour certains la profondeur est le lieu de vie, prédateurs des profondeurs.

    Pour les conchylicoles, c' est un peu particulier, ils sont petits mais ont une "grande gueule" ; de tempérament agressif, ils protègent farouchement un territoire restreint où se trouvent des coquilles vides.. Y attirent des femelles, qui pondent dans ces "cavités" naturelles, éparses sur substrat sablo/sédimentaire, et les défendent contre tout autre mâle, ou dangers de prédations par plus gros qu 'eux.

   Leur prédation peut s' exercer sur les autres conchylicoles, les alevins et autres crustacés.Lepidiolamprologus cunningtoni (juvénile).

 

  Espèces nécessitant de grands, voir très grands volume pour leur maintenance, évidemment moindre pour les conchylicoles.

 

Les Neolamprologus

Banc de jeunes mâles N. callipterus en chasse. sont donc de loin les plus nombreux (jusqu 'à présent ±50 espèces, soit un peu moins du tiers des espèces de cichlidés du lac Tanganyika recensées), vivant aussi bien en solitaires qu'en colonies nombreuses, ils sont généralement peu prolifiques, mais pondent souvent (entre 5 et 200 oeufs par pontes).

      Une espèce peut se retrouver en bancs. Lorsqu 'ils sont juvéniles et sub-adultes, les mâles N. callipterus se déplacent en "bande" et saccagent tout ce qu 'ils peuvent trouver sur leur passage, les lieux de pontes ne sont pas à l' abris de leurs exactions et les fraies disparaissent à la vitesse de l' éclair devant un couple impuissant à repousser une telle union...

      Arrivés à l'age adulte, il se calmeront pour pérenniser, créant un nid de coquilles dans lequel ils auront un harem de petites femelles.  La différence de taille entre les sexes est tellement marquée, que les femelles ont été indiquées sous le nom de N. sp. callipterus, avant que ce dimorphisme ne soit révélé . Les territoires de ces mâles étant très proche il est possible d' observer un manège intéressant ; le transfert permanent d' un nid à l' autre des coquilles (contenant aussi des femelles), les prenant en bouche une par une, les mâle passent le temps en se volant ces petits nids... Autre trait particulier de l' espèce est qu' il y aurait également des mâles "nanifiés".

      Ils ne faut pas oublier les races qui vivent en solitaire, tel que chez N. splendens, N. helianthus, N. mustax, N. leleupi, N. savoryi, N. cylindricus, N. longicaudatus, N. furcifer, N. bifasciatus, N. prochilus... etc. Les deux sexes ne se rapprochent que pour se reproduire, le mâle ne s' occupant pas ou très peu de sa descendance. Ces espèces sont certainement les plus agressives en intra et interspécifique, et la maintenance de plusieurs spécimens dans le même aquarium est parfois difficile, pour ne pas dire mortel, la taille du périmètre de sécurité peut faire qu'ils chassent tous les poissons, éviter la promiscuité. L' aménagement d' un grand nombre de cache par "accumulation" de roches n' étant pas forcément gage de réussite.

 

Les Chalinochromis

   D'un genre pétricole exclusif, de forme élancée, ils sont beaux. Chalinochromis brichardi arbore un "masque" personnel, son nom est d'ailleurs tiré de ce dessin :  chalinos = rêne, bride, relatif au masque de l' espèce qui ressemble au harnais d' un cheval)  prononcer Kalino/Kromis.

   Dans les descriptions scientifiques de ce genre, il est mentionné que les estomacs contiennent des fragments de tissus d' éponges, une adaptation rare du régime alimentaire, partagée par exemple avec Julidochromis marlieri. En aquarium, ils se nourrissent bien de tout ce qui peut être distribué.

   Magnifiques poissons longilignes à livrée claire, leur morphologie est proche de celle des Julidochromis.


"DESTINATION LAC TANGANYIKA !"/Estelle & Benoit/2001-2008.