Limnochromis auritus

(Boulenger, 1901)

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 (D'après l'original)

   Cf. Litter. in Poll, M., 1946, Ann. Mus. Congo belge, (I), IV, 3, p. 270.

   Description Ex. récoltés de 49 à 135 mm). — Hauteur du corps comprise 3 à 3,4 fois, longueur de la tête 2,65 à 2,9 fois dans la longueur standard. Tête 2 à 2,35 fois aussi longue que large. Museau court, sa longueur comprise 2,4 à 3,2 fois dans celle de la tête, sa largeur comprise 0,95 à 1,10 fois dans sa longueur, 0,8 (juv.) à 1,65 fois aussi long que l'oeil, à profil supérieur droit ; pédicelle maxillaire n'atteignant pas le bord antérieur de l'oeil mais dépassant la narine.

   Oeil modéré, de forme arrondie, compris 2,7 (juv.) à 4 fois dans la longueur de la tête, 1,15 à 1,8 fois (juv.) aussi grand que la largeur de l'espace interorbitaire, 1,4 à 2,5 fois (juv.) aussi grand que la hauteur préorbitaire comprise 5,5 à 6,9 fois dans la longueur de la tête.

   Bouche terminale à mâchoires égales. Maxillaire partiellement visible, s'étendant jusqu'au niveau du tiers antérieur de l'oeil. Mâchoire inférieure comprise 2,1 à 2,5 fois dans la longueur de la tête, à menton non proéminent. Joue écailleuse portant 4-5 rangées d'écailles.

   Dents coniques en 2-3 rangées, la rangée externe comprenant des dents plus grandes bien écartée des rangées internes et comptant 55 à 70 dents à la mâchoire supérieure. Os pharyngien inférieur en forme de triangle, à lame antérieure modérée mesurant les 2/3 de la longueur de la surface dentaire. Dents subconiques, sauf au centre où elles sont élargies et molariformes. Branchiospines au nombre de 11-13 (moyenne 11,64 / 54) sur la partie inférieure du premier arc branchial.

   Dorsale XVI, 9 / 3 , XVI, 10 / 20 , XVII, 9 / 25 , XVII, 10 / 6 , au total 25 / 3 , 26 / 5 , 27 / 6 ; rayons mous plus longs que les rayons épineux, dernière épine et plus long rayon mou compris respectivement 2,4 à 2,66 fois et 1 à 1,7 fois (juv.) dans la longueur de la tête.

   Anale III, 7 / 12 , III, 8 / 42 , III, 9 / 1, au total 10 / 12 , 11/42 , 12 / 1 ; plus longue épine (3é) et plus long rayon mou compris respectivement 2,4 à 2,65 fois et 1,2 à 1,6 fois (juv.) dans la longueur de la tête. Plus long rayon dorsal et anale filamenteux.

 

   Pectorale 0,9 à 1 fois aussi longue que la tête, comprise 2,5 à 3 fois dans la longueur standard. Ventrale n'atteignant pas la niveau de l'anus, à rayons externes plus longs que que les rayons internes ; le plus grand rayon est filamenteux. Caudale échancrée faiblement. Pédoncule caudal1,3 à 1,5 fois aussi long que haut.

   Écailles 34-37 (moyenne 35,18 / 54) en ligne longitudinale, lignes latérales 22—24 / 11—19 ; 6½ / 9½—10½ en ligne transversale.

   Coloration. — Argentée, les régions dorsales beige clair, les régions ventrales blanchâtres. 4 bandes foncées verticales, très larges dans le dos ; la première devant le dorsale et plus pâle que les autres, la dernière au bout du pédoncule caudal. Tache operculaire grande, noir bleuâtre. Lèvre supérieure noircie. Nageoires verticales, surtout la caudale, ponctuées de taches claires sur fond gris. Des rangées longitudinales de tâches nacrées sur les écailles des flancs.
   Sur le vivant : Régions dorsales olivâtres, très argentées, à reflets roses particulièrement en arrière du corps. Nageoires à peine grisâtres. Joues et opercules à reflets bleus ou verdâtres. Pectorales et ventrales jaunâtres sauf les rayons externes noirs. Tache operculaire noire. Iris à reflets dorés. Deux séries longitudinales de taches nacrées bleuâtres sur les écailles des flancs, une près du dos, l'autre au niveau de la partie inférieure du pédoncule caudal.

   Dimensions. — Maximum observé : 188 mm (31 g) ; la longueur dépasse rarement 140 mm.

   Abondance. — Espèce commune mais jamais en très grand nombre.

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   Habitat. — L'espèce a été recueillie aux profondeurs les plus variables : entre 2 et 125 m. Toutes les captures, sauf 5, ont été faites au chalut. Trois pêches à la senne, une à la nasse et une à la ligne montrent que la présence occasionnelle près du rivage à faible profondeur est possible mais toujours sur fond mou et vaseux. L'habitat normal est beaucoup plus profond et atteint même plus de 100 m. Profondeur moyenne estimée de toutes les stations : 35,67 m.

   Régime. — L'intestin est très court, 40 mm pour un spécimen de 135 mm. 25 mm pour un spécimen de 78 mm. L'estomac est souvent révulsé dans la cavité buccale. Dans un cas il contenait ainsi que l'intestin de nombreux débris de mollusques gastéropodes. Dans d'autres ce sont des débris de Copépodes, de la vase... Le régime est nettement vorace.

   Méthode de capture. — À part 3 pêches à la senne, une à la ligne et une à la nasse, toutes les autres ont été réalisées au chalut.

   Valeur alimentaire. — Négligeable.

   Distribution géographique. — Espèce lacustre endémique du Tanganika.

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Limnochromis auritus (par Saulosi84).

Expérience aquariophile

Auteur : Robert Kernin

Articles parus dans les RFC ns°101 (septembre 1990) et 103

 

Présentation:

    Limnochromis auritus est endémique du lac Tanganyika. On le trouve aussi bien à 5 mètres qu'à de plus grandes profondeurs (jusqu'à 140 m). Sa taille atteint les 19 cm. Les sexes ne se différencient pas extérieurement, les Limnochromis auritus au repos.femelles peuvent avoir les pelviennes plus longues que le mâle. Le meilleur critère de distinction est l'observation de la papille génitale, à la manière des Tropheus.

   La couleur dominante de ce poisson est gris argent et jaune, toute en reflets. Une tâche operculaire apparaît bleu métallique, vue de ¾ arrière. La pupille de l'oeil est noire et bordée de jaune en avant et en arrière, gris au dessus et blanc nacré en dessous.

 

   Le corps est marqué horizontalement de quatre rangées d'écailles irisées, verticalement de quatre larges barres brunes. La nageoire caudale est jaune à la base jusqu'aux ¾, avec des taches arrondies bleues, pour finir gris-bleu en bout. La dorsale, gris-bleu, a des rayons argentés et est parsemée de taches arrondies bleues sur toute sa longueur. Elle peut devenir verte ou jaune selon sa présentation à la lumière. Les autre nageoires sont blanc bleuté avec plus ou moins de jaune à leur base.

Limnochromis auritus.

Comportement dans le lac:

   Ce poisson creuse des galeries dans le sable pouvant atteindre 1 m de long. Au moment du frai, femelle et mâle iraient au fond de cette galerie à tour de rôle, elle pour pondre, puis laisser la place libre au mâle. Celui-ci irait féconder les oeufs, puis la femelle reviendrait les prendre en bouche, et ainsi de suite. Il a été observé que le mâle prenait parfois une partie des oeufs (leur nombre peut dépasser 300) pour incuber également.

L. auritus.

Comportement en aquarium:

  Mes observations sont faites sur un groupe de 7 poissons adultes sauvages de 14-16 cm, dans un bac de 800 litres, en compagnie de Tropheus duboisi adultes et juvéniles, de jeunes Cyphotilapia frontosa et d'un mâle Ophthalmotilapia de 10-11 cm. Dans le bac, un couple vit à droite, le mâle s'étant attribué un territoire sur une large plage de sable, avec accès à sa grotte sous une roche. La femelle est souvent à ses côtés, de temps à autre, elle se promène dans tout le bac. Je les ai vus défendre leur territoire côte à côte, devant l'intrusion d'un autre Limnochromis ou un mâle Ophthalmotilapia ventralis. Ce dernier semble ne pas les aimer beaucoup, mais cela ne va pas loin, tout est en parades d'intimidation. Dans ces moments là, ils gonflent leur gorge, dressent les nageoires et écartent leurs ouïes pour paraître plus gros.

   Très souvent, leur tête seule apparaît, immobile de longs moments, entre deux roches.

Caché dans un tube de PVC | un Limnochromis auritus.
Un Limnochromis auritus émergeant d'un tube de PVC.

   Au début, entre Limnochromis, il  y eut quelques bonnes prises de bouche, allant jusqu'à quelques blessures et lèvres inférieures tordues, mais tout s'est remis en place une fois les territoires définis.

   Un autre couple qui vit à gauche du bac accepte souvent la présence des trois derniers sur son territoire. Il y a donc avant tout un couple dominant dans le bac.

 

Préparation du frai:

   Le couple creuse une cuvette dans le sable pouvant aller jusqu'à 25 cm de diamètre contre la vitre de l'aquarium, ce qui en fait plutôt une demi-cuvette. Parfois, tout en prenant du sable en bouche, l'un des poissons remue son corps et ses nageoires, créant un mouvement d'eau qui chasse le sable d'avant en arrière. J'ai observé cette préparation le 15/12/89, avant que la femelle ne soit en incubation, mais je n'ai pas vu le frai. Quand au mâle, qui incuberait également, je ne l'ai pas observé, du moins pas avec assez de certitude, mais je guette!

Conclusion:

 

  Une expérience à tenter : un bac spécialement aménagé pour ce poisson, avec un réseau de tubes PVC de 8 cm de diamètre, caché sous du sable et des roches, permettrait peut-être d'obtenir de bons résultats pour la reproduction.

 

   En définitive, ce poisson, sous un air un peu bourru, a un comportement sympathique. Il semble former avec sa femelle un couple uni, et n'est pas agressif avec les autres espèces (il ignore les petits T. duboisi de 3 cm). Toutefois, il faudrait connaître son comportement avec des espèces sabulicoles. Contre lui, le fait qu'il vous fera des creux et des bosses dans le sable, on aime ou non!

 


 

La reproduction et notes sur le comportement parental

 

Limnochromis auritus

Cichlidé du lac Tanganyika | Limnochromis auritus.

(paru dans la RFC n°103 novembre 1990 - même auteur)

Reproduction et notes sur le comportement parental:

   Mon groupe de 7 Limnochromis auritus, 3 femelles et 4 mâles a été mis dans le bac de 800 l le 22 octobre 1989. Les 27 et 28, deux femelles incubaient, mais ces incubations prirent fin deux jours plus tard pour chacune d'elles. Le 11 novembre, soit 15 jours plus tard seulement, les deux mêmes femelles incubèrent de nouveau. Le 13, je décidai de récupérer les oeufs de l'une d'elles afin de tenter une incubation artificielle. Une centaine d'oeufs blancs d'un millimètre de long furent ainsi récoltés. Le 15, on distinguait nettement les alevins, encombrés de leur immense sac vitellin. Le 19 fut le jour de la nage libre.

  Par la suite, les femelles (jamais les mâles) furent régulièrement en incubation, mais cela ne durait jamais plus de 2 ou 3 jours. Je devais pour finir ne conserver qu'un seul couple qui resta très uni, entretenant toujours la même grotte.

   Le 17 juin 1990, la femelle est de nouveau en incubation. À partir du 22 juin, mon intérêt s'éveille car à 11 h 30 précises ce jour-là, la femelle n'incube plus, mais le mâle, oui! Du 22 au 26, la femelle a incubé la nuit (à 22 heures, c'était toujours la femelle), le mâle prenant la relève, en règle générale, dans la journée. À chaque changement, la totalité des oeufs (ou alevins) passe d'un parent à l'autre. Je n'ai pas vu cette passation, mais la façon de se nourrir du poisson qui n'est pas en incubation prouve bien qu'il ne garde aucun alevin en bouche. Il se peut toutefois que lors de pontes plus importantes, le nombre d'oeufs soit tel que les deux parents incubent en permanence.

   Le 25/06, je décide d'enlever tous les autres poissons du bac, et en particulier trois Lepidiolamprologus kendalli introduits peu de temps auparavant. Je ne laisse qu'un mâle Tropheus duboisi, le dominé habituel, afin qu'il en profite pour se refaire une santé. Il se fait courser par les Limnochromis qui s'emparent de tout le bac. Le mâle Limnochromis auritus entretient la cuvette de sable devant la grotte, en creuse une autre plus petite (7 à 8 cm de diamètre), à côté. L'entente du couple est excellente, les deux conjoints se recherchent continuellement. J'aperçois les petits qui frétillent dans la bouche du mâle.

   Enfin le 26, à 13 heures, le mâle lâche les petits dans la plus grande cuvette de sable. Dès que j'approche, les deux parents en ramassent chacun une partie , mais quelques instant plus tard, le mâle les a tous donnés à la femelle, et il continue à fignoler la grande cuvette de sable. À 20 heures, les parents nagent au-dessus de la cuvette dans laquelle évoluent les alevins. Une nuée impressionnante. J'estime leur nombre entre 150 et 200. L'un d'eux semble tordu et un peu K.O. Le mâle le frôle de sa bouche à plusieurs reprises, puis la femelle arrive et l'engloutit avec ses frères et soeurs. À noter que la femelle entretient également la cuvette quand le mâle incube.

Alevins nombreux et adulte Limnochromis auritus.
Garde de la nuée de jeunes Limnochromis auritus

   Le 27/06, récréation vers 10 heures. Le 28 à 7 h 30, je donne un peu de plancton séché, bien que les petits semblent se débrouiller très bien. À 8 h, la femelle reprend les jeunes. À 11 h 30, petite sortie de 5 mn, puis la femelle les reprend. À 20 h, c'est un nuage d'alevins. Les parents me laisse approcher sans les reprendre. Je mitraille avec mon 24X36. Le mâle lance deux attaques contre l'objectif. Les parents prennent de temps en temps un groupe d'alevins et les recrachent une minute après. Quand j'éteins la lumière, les deux parents récupèrent les petits.

Limnochromis auritus (adultes et alevins).
adultes et alevins.

   Le 29, les alevins forment un nuage de 30 cm de diamètre ; certains s'aventurent un peu plus loin. Les deux parents se tiennent au milieu. De temps en temps la femelle ou le mâle va s'assurer que le duboisi reste bien dans son coin.

   Le 30, les petits mesurent 6 mm, les parents les reprennent en bouche toutes les nuits. À deux reprises, le mâle a fait des parades devant la femelle. Je décide de pêcher les petits et en récupère 86, le mâle ayant repris les autres. Leur nombre total se confirme : entre 150 et 200. Après avoir enlevé le T. duboisi, je remets 12 Tropheus moorii "Kabeyeye" dans le bac. Ils se font un peu "courser", mais le lendemain tout est calme. La femelle a les petits en bouche mais ne les lâche plus. Deux jours plus tard, les alevins ont tous disparu. Les parents, perturbés, les ont sans doute mangés. Le 8 août, les petits récupérés grandissent. Je les nourris de plancton séché. Ils mesurent environ 7 mm.

Surveillance des alevins par Limnochromis auritus.
http://www.geocities.com/cichlidos/

 

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Documents:
 http://www.geocities.com/cichlidos/, Julien Ruiz (saulosi84), David Miramont, Christian amc.

Bibliographie:

-M. Poll : Exploration hydrobiologique du lac Tanganika (1946-1947)Vol. III, fasc. 5 B. / poissons cichlidae / institut royal des sciences naturelles de Belgique / Bruxelles 1956

KÖNINGS, A. Tanganyika Cichlids.

 


"DESTINATION LAC TANGANYIKA  !"/Robert KERNIN - Estelle et Benoît /2001-2008.