Expérience aquariophile
Auteur: Estelle

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Description:
Petit conchylicole au corps trapu,
Neolamprologus brevis est un cichlidé qui passe facilement inaperçu dans
un magasin. Qui s'arrêterait devant un bac de vente contenant une nuée de petits
poissons gris? C'est la variété de N. brevis la plus petite connue à ce jour ( plus petite encore que celle de Karilani ) et elle diffère des autres brevis par son comportement beaucoup plus craintif.
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Expérience de maintenance et comportement: Après avoir eu pendant quelques temps un Neolamprologus brevis "Karilani" célibataire, j'ai eu envie d'acquérir des spécimens d'une autre localité pour enfin pouvoir observer le comportement fascinant de l'espèce en couple. Le couple sauvage que j'ai acquis s'était déjà formé dans le bac de vente, et défendait une coquille de Neothauma. Il a donc fallu emmener la coquille pour avoir les poissons, ceux-ci se cachant à l'intérieur à la moindre alerte. Ils ont pris place dans un bac de 200 litres avec un jeune couple de Chalinochromis brichardi. Au départ la coquille était isolée sur une étendue de sable, puis d'autres coquilles de toute taille et de petits éboulis de galets ont été disposés autour d'elle afin d'offrir aux alevins des refuges salvateurs. Dans Les cichlidés du lac Tanganyika dans
leur milieu naturel de Ad Konings, il est dit que N. brevis n'enterre
pas sa coquille. Pourtant les spécimens de Chimba et de Karilani que j'ai eus
enterrent leur coquille de façon à ce que seule l'ouverture soit visible. En
outre, le mâle "Chimba" a apprécié les coquilles rajoutées lors de la première
ponte. Il en a même rapproché certaines et les a consciencieusement nettoyées.
Est-ce pour dissimuler un peu plus sa coquille, ou pour faire diversion
vis-à-vis de potentiels prédateurs?
Je voudrais m'arrêter quelques instants pour plaider une cause qui m'est chère... Neolamprologus brevis est un petit poisson, certes, qui contrairement à beaucoup de cichlidés, a un territoire relativement restreint. Cela ne justifie en aucun cas sa maintenance dans de minuscules bacs de moins de 60 litres.
Je verrais donc cette espèce dans un bac d'au moins une centaine de litres seule ou en cohabitation avec une autre petite espèce pétricole ou sabulicole. Une coquille et du sable assez meuble, il ne leur en faut pas plus... |
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Reproduction: La première ponte de Neolamprologus brevis chez moi a été avortée, sans doute du fait d'un stress que j'ai provoqué. En effet, j'ai modifié l'aménagement lors de la garde des oeufs et ceux-ci ont été dévorés par les parents. En revanche, les pontes suivantes ont abouti, et se sont ensuite enchaînées toutes les trois semaines.
Une femelle gravide se reconnaît à sa couleur foncée et à son abdomen rebondi. Lorsque la ponte est imminente, on distingue l'oviducte sorti. La femelle effectue une petite "danse" saccadée, une parade de séduction devant le mâle pour l'attirer dans la coquille. Elle arque son corps devant lui, rentre dans la coquille, ressort aussitôt, etc. La ponte se fait à l'intérieur de la coquille,
et par la suite la surveillance du couple est renforcée.
D'où les petits éboulis de galets aux fins interstices placés à proximité de la coquille... Les alevins pourront s'y réfugier et ainsi se soustraire à l'appétit des colocataires, voire de leur père qui peut manger sa progéniture. Dans un bac d'ensemble, il n'est pas évident de sauver les alevins, il peut donc être bon d'isoler les larves dans un autre bac si on souhaite garder les jeunes. Dans mon bac, un ou deux alevins survivent à chaque ponte.
Malheureusement, j'ai fait une erreur qui a coûté la vie à mon couple sauvage. J'ai introduit dans leur bac trois jeunes Altolamprologus calvus de 3 cm que je pensais maintenir temporairement avec eux. Tout semblait aller pour le mieux jusqu'à ce que les N. brevis pondent. Les A. calvus sont alors partis en chasse, et n'ont cessé de déranger le couple. Les parents défendaient leurs petits tant bien que mal, mais à deux contre trois, ils ne pouvaient empêcher que l'un des prédateurs picore de temps en temps un alevin. Les A. calvus étant tout petits, ils pouvaient eux aussi rentrer dans la coquille! J'ai donc placé le couple de N. brevis et leur coquille dans un autre bac où ils étaient seuls, mais le stress a sûrement été trop important. Si deux petits de cette ponte ont survécu, les parents ne se sont jamais remis et ont commencé à dépérir, la plupart du temps cachés dans leur coquille. J'ai du me résoudre à abréger leurs souffrances au bout de deux mois, ils étaient devenus aveugles et terriblement maigres. L'histoire s'est poursuivie avec leurs descendants...
J'ai ensuite eu l'occasion d'observer la formation d'un couple parmi les jeunes les plus âgés. Elle s'est faite en douceur, vu qu'ils ont grandi ensemble. Ce n'est que lorsqu'ils sont presque à taille adulte qu'ils prennent leur coloration et qu'on commence à noter un dimorphisme: le mâle continue à grandir et se développer quand la femelle arrête sa croissance, et cette dernière se pare de la large tâche jaune sur le flanc et d'une livrée plus contrastée. La photo ci-dessous montre le couple tout juste formé de deux jeunes F1 ( descendants de sauvages )
Les deux jeunes ont fini par s'approprier une coquille, et quelques jours plus tard, la femelle s'est assombrie et j'ai observé les premières parades amoureuses. La boucle était bouclée... Par contre, ce couple a beaucoup moins bien supporté le voisinage des Chalinochromis brichardi car ces derniers, devenus matures, ont commencé à se reproduire et à faire peur aux petits conchylicoles par leurs mouvements brusques et leurs intimidations. Le couple a donc déménagé dans un120 litres, où j'ai pu observer à loisir les premières reproductions. J'ai réalisé par des échanges sur un forum cichlidophile que mes brevis n'avaient pas le comportement normal de cette espèce, courageuse et batailleuse. Cela s'est confirmé plus tard quand j'ai acquis une autre variété, N. brevis "Congo": le mâle et la femelle sont deux fois plus gros que les "Chimba" et tiennent tête aux autres lamprologiens sans aucun problème. Est-ce du à sa petite taille ? En tout cas Neolamprologus brevis "Chimba" ne doit pas être maintenu avec des poissons trop remuants, selon mes observations les colocataires idéaux pour cette espèce sont les Xenotilapia. C'est d'ailleurs assez pratique, on ne sait jamais trop quoi mettre avec ces fragiles sabulicoles pour les mettre en confiance... Mes brevis "Chimba" cohabitent actuellement, avec succès, avec des Ectodus descampsii, des Xenotilapia ornatipinnis et des Xenotilapia sp. "Red Princess" dans mes bacs. |
| En conclusion, une petite espèce très sympathique à conseiller aux débutants pour la simplicité de sa maintenance, mais qui ne saurait lasser le cichlidophile le plus averti. Attention, un stress important peut être fatal à Neolamprologus brevis "Chimba". Il se terre alors dans sa coquille et ne s'alimente plus... Je trouve tout de même cette variété particulièrement jolie et intéressante, avec sa livrée bien rayée et sa petite taille. |
Référence: Les cichlidés du Tanganyika dans leur milieu naturel. Ad Konings. ( Cichlid Press )
Merci à Sébastien Bailleul et aux 2 Chris pour leurs photos.