Neolamprologus buescheri (Staeck 1983)

de  "Kamakonde".

 

Description:


Original description (in English)
D’après la description originale
(Remplacer L. et Lamprologus  par N. et Neolamprologus)
"Lamprologus" buescheri n. sp. de la région zambienne du lac Tanganyika
(Pisces: Cichlidae).
Par
Wolfgang Staeck
Berlin
...


Abstract: Cette espèce non décrite du genre Lamprologus fut trouvée dans le lac Tanganyika à une profondeur de 18 m. Les caractéristiques les plus importantes de L. buescheri n. sp. sont sa taille modérée, son corps allongé, la forme en lyre de sa nageoire caudale et sa coloration spécifique.
Jusqu’à présent, le genre Lamprologus Schilthuis 1891 comprend 49 espèces et sous-espèces. Cinq d’entre elles ont répertoriées dans le système fluvial zaïrois. Toutes les autres espèces du genre sont endémiques du lac Tanganyika. La nouvelle espèce décrite ici fut découverte en août 1982 dans la région zambienne du lac Tanganyika lorsque Büscher (Pratteln/Switzerland) effectua plusieurs plongées pour explorer les habitats le long de la côte sud-ouest du lac.
Même si un total de trois spécimens furent collectés, un seul d’entre eux a servi à élaborer la base de la description qui suit, les deux autres ayant été maintenus vivants pour des études éthologiques. La coloration et les caractéristiques morphométriques de ce cichlidé nouvellement découvert semblent suffisamment distinctes du taxon déjà décrit pour justifier l’établissement d’une nouvelle espèce.
 
Lamprologus buescheri n. sp.
Holotype (les mesures sont en mm) : ... Longueur totale (LT) 69.3, longueur standard (LS) 54.5 ; Cape Kachese, Lac Tanganyika, approx. 08°29'S - 30°27'E, leg. H. Büscher, VIII.1982.

Étymologie : Le poisson est nommé en honneur de Heinz H. Büscher, premier collecteur de cette espèce du lac Tanganyika.

Diagnose :
Lamprologus buescheri n. sp. est une espèce de petite taille, au corps allongé (hauteur maximale du corps 4·36 fois la LS). La combinaison de sa taille modérée, de sa caudale en forme de croissant de lune et de la coloration blanchâtre de son corps, qui est traversé de deux bandes noires, la première dorsale, la seconde médiolatérale le distingue de toutes les autres espèces de Lamprologus. Les spécimens adultes n’excèdent probablement pas une longueur totale de 80 ou 90 mm.

Description :
Tête et corps allongés, minces et faiblement compressés latéralement. Hauteur du corps 22·94%, longueur de la tête 34·68% de la LS. Museau aigu, 37·84%, espace interorbitaire 19·58% de la longueur de la tête. Diamètre de l’oeil 23·81% de la longueur de la tête et 64·29% du museau. Bouche relativement large. Dents buccales très petites, coniques et légèrement courbées. Dents de la rangée externe plus larges, avec 4 ou 5 canines sur le maxillaire et la mandibule. Les dents de la rangée interne sont villiformes, disposées en bande dense derrière la rangée externe.
Dorsale XVIII/9, nombre totale de rayons 27, rayons mous plus longs que les épines. Première épine très courte. — Anale VI/7, nombre total de rayons 13. Rayons mous plus longs que les épines. Première épine très courte. Rayons mous de la dorsale et de l’anale ont des extensions filamenteuses. — Ventrales se prolongent en filaments, dépassant la papille urogénitale, atteignant presque la base de l’anale. — Caudale en lyre avec de longs filaments terminant les lobes supérieur et inférieur. Hauteur du pédoncule caudal 60·6% de sa longueur. Écailles cténoïdes, 35 (36) en séries longitudinales. Lignes latérales légèrement discontinues. Ligne latérale supérieure avec 10 (12), inférieure avec 26 (25) écailles. 18 écailles circumpédunculaires. Écailles de la nuque, de la poitrine et de la partie antérieure du dos très petites. Pré-opercule dépourvu d’écailles.
13 court branchiospines, 9 sur la partie inférieure de l’arc branchial antérieur.
Comme à ce moment il n’y avait qu’un unique spécimen préservé de cette espèce, il n’a pas été jugé bon d’examiner ses caractéristiques internes.
Coloration : Couleur du corps blanchâtre, traversé de deux bandes horizontales noires de chaque côté du corps, la première dorsale le long de la nageoire dorsale, la seconde médiolatérale, du bout du museau à la base de la caudale. La bande dorsale présente une série de trois ou quatre taches blanches juste sous la base de la nageoire dorsale. Les moitiés supérieures et inférieures de l’iris sont toutes deux cerclées de jaune. Pectorales transparentes. Les autres nageoires grises. Dorsale avec une large bande noire submarginale très visible. Bandes similaires dans l’anale et la caudale, moins visibles sur les marges de la caudale. Pelviennes, dorsale, anale et caudale ornées d’un fin liséré bleu métallique. ... Aucun dimorphisme sexuel ou dichromatisme apparent ...
La couleur des spécimens préservés dans l'alcool tend à devenir brunâtre, mais la marge noire demeure distincte.
Distribution : Endémique au lac Tanganyika où on ne le trouve que dans la localité type, Cape Kachese en Zambie.
Habitat : Des observations sur le terrain (Büscher 1983) ont prouvé que L. buescheri n. sp. ne se trouve que parmi des rochers et pierres dans la région littorale du lac. ... Le poisson ne s’éloigne que rarement à plus de quelques centimètres du substrat et demeure toujours en contact étroit avec les rochers et se retire immédiatement dans une crevasse lorsqu'il est dérangé. Il fut trouvé seulement à des profondeurs entre 16 - 18 mètres. Dans son habitat buescheri cohabite avec Lamprologus pulcher Trewavas & Poll 1952, L. savoryi Poll 1949, Julidochromis regani Poll 1942 et Telmatochromis vittatus Boulenger 1898. L. buescheri est une espèce strictement territoriale, qui se retrouve distribuée dans son habitat en individus solitaires.
Comportement reproducteur: L. buescheri est un pondeur sur substrat caché typique, avec un fort lien entre les partenaires. La reproduction fut observée dans un aquarium où la femelle pondit autour de 20 oeufs, qui furent déposés au plafond d’une noix de coco retournée. Les deux partenaires prennent part à la défense du territoire, mais seule la femelle protège les oeufs et les alevins dans la caverne. À une température de 27°C les oeufs éclosent après 48 heures. Environ 8 jours sont nécessaires pour que les alevins résorbent complètement le sac vitellin et passent en nage libre.
Affinités : L’apparence générale de Lamprologus buescheri est similaire à celle de L. fasciatus Boulenger 1898, mais sa taille modérée, sa caudale en lyre et sa coloration le distinguent clairement de cette espèce. De plus, il diffère de fasciatus par son nombre moins élevé de rayons dans la nageoire (buescheri VI/7 vs. fasciatus X/7) et par ses branchiospines moins nombreux sur la partie inférieure de l’arc antérieur. (9 vs. 11-12).
L. buescheri est une petite espèce au corps allongé, semblable par ses caractéristiques à L. leleupi Poll 1956, L.l. melas Matthes 1959 et L.l. longior Steack 1979. L. leleupi et L.l. longior diffèrent de buescheri par la coloration jaune ou orange brillante de leur corps. L.l. melas diffère de par sa coloration noirâtre. De plus, leleupi et ses sous-espèces diffèrent de buescheri par leur épines dorsales (leleupi XX-XXI vs. buescheri XVIII) et le nombre moins élevé d’écailles dans les séries latérales (33-34 vs. 35-36). Finalement leur nageoire caudale est ronde et non pas en lyre comme chez buescheri.
Dans la clé de Poll (1978: 748f), L. buescheri émerge près de L. brichardi Poll 1974 et L. pulcher Trewavas & Poll 1952, qui sont semblables à cette nouvelle espèce de par leur taille modérée, leur caudale en lyre, le nombre à peu près semblable d’écailles latérales et de branchiospines sur la partie inférieure de l’arc branchial antérieur. L. buescheri par contre a un corps plus allongé (buescheri: hauteur du corps 4·36 vs. pulcher et brichardi 2·9-3·7) et une coloration complètement différente.
En se basant sur sa caudale fourchue il paraît naturel de comparer L. buescheri avec L. furcifer Boulenger 1898 et L. christyi Trewavas & Poll 1952. L. furcifer a 40-54 écailles en série longitudinale, 20 épines dorsales et 11-14 branchiospines sur la partie inférieure de l’arc branchial antérieur. L. christyi atteint une longueur d’environ 137 mm et diffère de buescheri à presque tous les autres aspects.
References.
Büscher, H.H. (1983): Der Spinel-Barsch, eine neue Cichlidenart aus Tanganjikasee.— Das Aquarium, 17 (8): in print ; Minden.
Poll, M.(1956): poissons Cichlidae.— Résultats scientifiques, exploration hydrobiologique du lac Tanganika, 3 (5B): 1-616 ; Bruxelles.
—(1978): Contribution à la connaissance du genre Lamprologus Schth. Description de quatre espèces nouvelles, réhabilitation de Lamprologus mondabu et synopsis remanié des espèces du lac Tanganyika.— Bull. Acad. r. Belgique, Classe Sci., (5)64 (11): 725-758 ; Bruxelles.
 Staeck, W. (1983): Cichliden, 3.—352 pp. ; Wuppertal (Engelberg pfriem).
Author: Dr. Wolfgang Staerck, Beymestr. 8, D-1000 Berlin 41.

Traduction : Audrey Marquis.
 

Expérience aquariophile

Auteur: Jean Luc Ravard (AFC 681/67)

Neolamprologus buesheri "Kamakonde"

Repartition de Neolamprologus buescheri.

 

 

 

 

 

< Répartition des Neolamprologus buescheri.

 

 

 

Neolamprologus buescheri "Chaitika".Observation:

   Sept variétés de Neolamprologus buescheri sont actuellement connues : celles de Gombi, Isanga, cap Kachese, Moliro, Tembwe II, Kamakonde, et Chaitika.

 

 

Description:

   Le corps allongé est de couleur brun orangé ; des taches brunes d'inégale grandeur y apparaissent. La nageoire caudale est en forme de lyre et l'oeil est souligné d'une virgule bleue. Les nageoires pectorales et ventrales sont jaunes citron et ourlées de bleu dans la partie inférieure. Le bord postérieur des nageoires dorsale, anale, et caudale est ourlé d'un fin liseré bleu et orné de petits points bleus clairs très lumineux du plus bel effet visuel.

Neolamprologus buescheri "Kamakonde" (male).

N. buescheri "Kamakonde".

Dénomination:

   Ce poisson fait partie de la grande famille des cichlidés ; il a été découvert par Heintz Büscher puis décrit par Staeck en 1983. Cette espèce a été répertoriée entre Moba en République Démocratique du Congo et Samazi en Tanzanie.

Biotope:

   Il vit dans les pentes abruptes des rives du lac Tanganyika à une profondeur variant entre 15 et 40 mètres ; l'habitat est constitué de tombant rocheux comportant des grottes et failles propices à la nidification.

Taille: Le mâle atteint 10 cm, la femelle 7 cm.

Neolamprologus buescheri "Kamakonde" (femelle).

 

Maintenance:

   Pour former un couple, l'idéal est de posséder un petit groupe de 5 individus minimum et de laisser faire la nature. Le couple formé peut être placé seul dans un petit aquarium d'une centaine de litres, ou maintenu en bac régional d'ensemble avec d'autres cichlidés du même lac. On peut aussi les garder en trio (1 mâle et deux femelles) mais le résultat n'est pas garanti pour autant. L'aquarium est décoré de nombreuses roches à trous empilées en arrière-plan ; on peut également utiliser de l'ardoise ou de la pierre volcanique, cette dernière étant plus légère.

   On peut utiliser des plantes pour la décoration du bac, tel les Anubia qu'ont peut piquer dans les trous de rochers, du Microsorium, et des Cryptocorine.

Neolamprologus buescheri.   On renouvelle un tiers de l'eau toutes les trois semaines en y ajoutant un neutralisateur liquide du Chlore. Le pH doit se situer entre 7.5 et 8.2 avec un optimum de 8. L'aquarium est filtré par décantation ou pompe externe et l'eau est brassée énergiquement.   En cas d'utilisation en bac régional de 400 litres, on peut les maintenir en compagnie d'un groupe de conchylicoles (Neolamprologus speciosus, meleagris, ou ocellatus) qui occupera la plage de sable fin, et de quelques cichlidés gobie (Eretmodus cyanostictus, Tanganicodus irsacae, ou Spathodus sp.) et quelques Cyprichromis leptosoma qui vivent dans la partie médiane de l'aquarium. Il vaut mieux éviter la cohabitation qui risque d'être houleuse avec d'autres espèces pétricoles (Julidochromis, Chalinochromis, Telmatochromis, et Neolamprologus du complexe brichardi).

   La nourriture distribuée journellement se compose d'Artémias, Cyclops, Daphnies, Enchytrées, mélange maison à base de moules cuites, crevettes non décortiquées, calamar, poisson blanc, petits pois, épinards, spiruline, flocons d'avoine, paprika,, le tout finement broyé et déposé dans des petits sacs des congélation passés au rouleau à patisserie. On obtient des plaques de 3 à 4 mm d'épaisseur plus faciles à briser une fois le tout congelé. Il accepte également les poudres du commerce mais avec parcimonie et seulement en nourriture d'appoint.

Neolamprologus buescheri  "Kamakonde"

Reproduction:

   Les N. buesheri  sont des pondeurs sur substrat caché (grottes) ; la femelle dépose ses oeufs (entre 3 et 20) dans une cavité puis ils sont fécondés par le mâle. Dès la nage libre, les alevins restent à proximité du nid et sont nourris de nauplies d'Artemia et de microvers ; ils sont sous la surveillance des parents et également des aînés, nés des pontes précédentes et tolérés sur le territoire du couple.

   Les pontes sont très irrégulières, autant en nombre d'alevins qu'au niveau des fréquences.

   Certains éleveurs ont constatés que la ponte pouvait avoir exceptionnellement lieu dans une coquille d'escargot en l'absence de zones rocheuses adaptées à la nidification, mais il s'agit là d'exceptions qui confirment la règle.

Documents: Abysse, Jean Luc Ravard.

Remerciements: à Audrey pour sa disponibilité et sa rapidité !


"DESTINATION LAC TANGANYIKA !"/Jean Luc RAVARD - Estelle et Benoît /2001-2008.