Neolamprologus caudopunctatus Poll, 1978

(Pisces, cichlidae, lamprologini)

 

Description(d'après l'original de Max Poll):

(13 exemplaires. Holotype: longueur standard 48 mm et longueur totale 56.9 mm, origine sud du lac Tanganyika, cap Kabeyeye, à l'est de Kasaba, 17.1.1976 (Zambie), réc. P. Brichard, (...)― Allotype:  Longueur standard 42.5 mm et longueur totale 51.5 mm, origine idem  (...)― Paratypes: 6 exemplaires longueurs standards 53.4, 50.2, 48.8, 48.6, 47.5, 46.5 mm et longueurs totales 63.4, 58.7, 57.5, 55.3, 47.5, 46.5 mm, origine sud du lac Tanganika, cap Chaitika, 1977 (Zambia), (...) , cap Nundo 6.1.1976 (Zambia), (...) , cap Chaitika, à l'est de la rivière Lufubu 15.1.76 (Zambia), (...) , Kamba bay, 6.1.1976 (Zambia) (...) .

En outre un exemplaire, longueur standard 34.2 mm et longueur totale, origine sud du lac Tanganika, Kamba bay, 11.05.1976 (Zambia), (...) , Tous les exemplaires récoltés par Pierre Brichard.

Après l'achèvement de la description 4 spécimens supplémentaires ont été reçu de P. Brichard: 1 ex. de Chipimbi(...), 2 ex. ♂♂ mesurant respectivement 46 et 46.5 mm de longueur standard, 55 et 55.5 mm de l. totale et un ex. mesurant 48.5 mm de longueur standard et 58.5 mm de longueur totale. nous avons constaté que et ont la même livrée (ndlr: ?).

Corps modérément élevé, et comprimé, environ 2 fois aussi haut que large , la tête aussi longue que la hauteur du corps, le pédoncule caudale sensiblement plus haut que long.

(... ...)

Pectorale courte n'atteignant pas l'anale, pelvienne à rayon mou externe le plus long, sans prolongement filamenteux.

Caudale à bord extérieur externe concave.

Écailles en ligne longitudinale (comptées en zigzag) au nombre de 34 à 35 (1 ex.), au nombre de 20 à 26 dans la ligne latérale supérieure, parfois interrompue par endroits, 7 à 9 dans la ligne latérale inférieure, 2 entre la ligne latérale supérieure et l'inférieure, 32 le long du milieu des flancs, 14 à 16 autour du pédoncule caudale, très petites en avant des nageoires pelviennes, moins petites et toujours présentes sur la nuque en avant de la nageoire dorsale, s'étendant sur l'occiput jusqu'au niveau du bord antérieur de l'oeil, présente sous l'oeil sur la joue, surtout en arrière. Tête plus longue que haute, à bouche petite, la mâchoire inférieure non ou très peu proéminente. Dentition entièrement conique formant une bande marginale, les rangées externes pourvues de 6/4 canines antérieures.

Os pharyngien inférieur petit, fragile, en triangle un peu plus long que large, à bord supérieur encoché, à dents toutes petites et coniques.

(... ...)

Livrée. Jaunâtre, plus claire ventralement. Dessus de la tête grisâtre, les écailles des flancs bordées de noirâtre et plus foncées par endroits, en délimitant de grandes tâches ou marbrures plus ou moins en quinconce. Les nageoires grisâtres, les parties molles des nageoires dorsale et anale, portant des séries de petites ocelles clairs arrondis, la nageoire caudale nettement ponctuée de petits points noirs très contrastés couvrant sa moitié postérieure, les points noirs les plus marginaux formant 2 ou 3 lignes parallèles équidistantes.

Une diapositive en couleur de P. Brichard (...) , montre ces mêmes marques mélaniques et une belle bordure jaune tout le long de la partie épineuse  de la dorsale. En outre l'iris est bleu irisé.

Affinités. L. caudopunctatus est une espèce apparentée à L. leloupi Poll 1948, connue uniquement par le type provenant de M'toto, lac Tang. près de Moba, dans les rochers sud de la baie, (...).

Ce sont des espèces géminées*, toutes deux petites (env. 60 mm) à dents pharyngiennes coniques non molariformes mais un peu plus épaisses au centre et en arrière, environ du même calibre chez l'une comme chez l'autre. Nageoire caudale nettement échancrée mais sans lobes filamenteux. Une particularité importante partagée par les deux espèces est la présence d'écailles sur la partie postérieure de la joue, ± visibles, quoique assez grandes au nombre de trois à 5 rangées, comparables aux écailles de la nuque qui s'avance jusqu'au niveau du bord postérieur de l'oeil. (...). La nageoire caudale est marquée de bandes noires transversales ou d'un pointillé noir marginé suivant l'espèce.

Les deux espèces me paraissent néanmoins assez facile à séparer par la livrée. Celle de la caudale de L. caudopunctatus, si distinctement pointillé dans toute sa moitié postérieure, les points les plus externes formant 2-3 rangées équidistante marginales, est bien différente chez L. leloupi où la nageoire est typiquement et largement bordée de clair, cette bordure limitée d'une double ligne noire à l'intérieur et d'une large bande noire à l'extérieur. Mais indépendamment de la livrée, les 2 espèces se séparent par certaines proportions: Le museau et l'oeil par rapport à la tête, plus long chez leloupi. Nous notons aussi que l'unique exemplaire connu de L. leloupi ne possède que 7 rayons mous anaux alors que 5-6 se rencontrent chez caudopunctatus. Il n'y a que 33 écailles (nombre rectifié de la description originale) et 16 écailles circumpédonculaires  chez leloupi. (...).

 

 

Notes sur la description de N. caudopunctatus:

   Dans cette description plusieurs caractéristiques apparaissent comme différentes d'avec les spécimens maintenus généralement en aquarium, (mais toutes les formes géographiques ne sont pas représentées chez nos fournisseurs), ou évidemment faites sur des spécimens morts.

Ces points notés sont:
- l'échancrure de la queue, qui serait plutôt à tendance droite à arrondie.
 - des ponctuations noire sur la queue, elles apparaissent plutôt orangées.
- des marbrures dans la livrée, il s'agit plutôt de barres.

 

répartition de N. caudopunctatus

 

 

 

Aire de répartition de Neolamprologus caudopunctatus.

 

 

Expérience aquariophile

Auteur: Benoît

   Le "cousin" de Neolamprologus leloupi, moins haut de corps, moins "trapu", des couples qui tiennent grâce à leurs "scènes de ménage", en parades toutes nageoires déployées...!


Description:

   La forme générale du corps peut "rappeler" celle de Neolamprologus leloupi (en moins haut, le N. leloupi possédant un liseré noir sur l'extrémité de la nageoire caudale).

    La femelle est plus frêle, le mâle possède un liseré, de même ton que sa dorsale flavescente* sur les deux tiers supérieurs de la nageoire caudale –et uniquement chez cette variété. Taille légèrement supérieure pour les mâles (»1/5 de plus). Les nageoires ventrales sont d'un blanc-bleuté qui enrichit la totalité de la robe qui est de couleur crème-rosé, créant un relief délicat. Enfin de tout petits points jaune-orangé ponctuent la nageoire caudale, et un trait caractéristique des lamprologines, bleu, souligne un oeil bleu "aigue-marine".

 

Maintenance:

   Ce joli petit cichlidé, aime être en "colonie", mais est, paradoxalement, intolérant en intraspécifique. Chacun des couples ayant un périmètre territorial très marqué, aucun autre ne peut y pénétrer sous peine de prise... de bouche. Commençant par un magnifique déploiement des nageoires, l'intimidation peut durer quelque temps, et les protagonistes se séparent généralement tranquillement. La "colonie" établie, la définition des périmètres n'est pas remise en cause, les "propriétaires" se rencontrent aux seuils des secteurs et vous pourrez ainsi observer de nombreuses parades de reconnaissance.

   Pour la conquête d'une coquille, le comportement agonistique* des femelles est excessivement violent, et la propriétaire doit défendre âprement son substrat de ponte favori ; cela a déjà duré un après-midi entier, une femelle a du faire face aux autres (célibataires), qui vinrent, l'une après l'autre remettre en cause son accessit sur cette coquille. Le mâle (qui était, à l'époque, le seul pour trois femelles!), ne s'occupait pas des conflits, et vadrouillait tranquillement aux alentours. Pour cause de présence de trois Aethiomastacembelus ellipsifer, dévorant toutes les pontes faites dans le bac, le seul lieu tranquille était donc l'entrée de la décantation (!). A la fin de cet après-midi mémorable, elles avaient toutes les nageoires plus ou moins déchirées, et le museau bien abîmé. Par la suite, ce manège se répéta, mais sans atteindre le niveau d'atteintes physiques de la première fois, et par une seule des deux autres . Sinon, le couple parade très régulièrement, et les petites ponctuations opalines du corps ressortent sur le fond crème du corps.

 

Neolamprologus caudopunctatus attrapant un micro-vers.

Nourrissage:

   Tout est bon pour le N. caudopunctatus, les classiques paillettes, les micro-vers (comme sur les clichés ci-dessus et ci-dessous), les cyclops, daphnies, et autres planctons vivants ou congelés..., les krills et mysis étant généralement trop volumineux.
Neolamprologus caudopunctatus (alevin en aquarium).

 

Reproduction:

Neolamprologus caudopunctatus, couple sur la coquille servant de site de ponte.   Dans un pot de fleur ou une coquille, sous une pierre ou dans une cavité (jamais observé par le rédacteur), le substrat caché est leur moyen de protéger leur frai. Les oeufs blanc-laiteux adhésifs sont au nombre de 10 à 40 (±); les alevins éclosent au bout de 4/5 jours. La nage libre est atteinte en 8/10 jours, et un "nuage" de petits "têtards" blanc virevolte au dessus du "nid".

   Des micro-vers, des nauplies d'Artémia, des poudres pour alevins du commerce les nourrissent bien, et leur croissance est relativement rapide (1 cm  à deux mois)

   Il est également dit que le couple est uni et fidèle, mais dans le cas présent, le mâle couvre au moins deux des trois femelles (!?).

   La fragilité des alevins (au moins jusqu'à 1 cm.) fait qu'il vaut mieux ne pas les déplacer durant une période assez longue, le risque étant de les voir mourir prématurément !

   Notes sur une ponte de N. caudopunctatus: ponte le Dimanche 06/08/00 entre 13 et 15 heures. Compté 36  oeufs d'un blanc laiteux collés individuellement ou en petits chapelets (visibles par transparence), dans une coquille de "bourgogne". Le 11/08/00 les oeufs ne sont plus visibles, et sortie de la coquille le 14/08/00... Je ne dirai pas leur provenance, car le magasin qui vend des poissons hyper "consanguins", procréant des alevins non viables, de souche tchécoslovaque (F 10 000!?) est encore ouvert dans le nord-ouest de la banlieue parisienne (Nageoires carrées, atrophiées, museau plat... etc. !!)(aux dernières nouvelles, ce magasin aurait changé de propriétaire... à suivre).

Neolamprologus caudopunctatus, femelle gardant ses oeufs.
Femelle gardant ses oeufs.

 

Conclusion:

   Ce petit batailleur élégant, donne une touche délicate, dans un aquarium peuplé de lamprologiens. Ayant besoin de la colonie, son comportement sera plus "véritable", si un minimum de deux ou trois couples sont en présence.

>Plus de photos de Neolamprologus caudopunctatus.<

Remerciements :A Robert Allgayer qui a transmis la description de N. caudopunctatus  du Dr. M. Poll.

Références, bibliographie: -A. Konings/les cichlidés du lac Tanganyika dans leur milieu naturel/CICHLIDPRESS.


"DESTINATION TANGANYIKA !"/Estelle et Benoît //2001-2008.