Neolamprologus leleupi (Poll, 1956).

 

Description: (D'après l'original)

   (ex. récoltés de 62 mm - 91 mm) — Hauteur du corps comprise 3.3 à 3.6 fois dans la longueur de la tête 2,75 à 2,85 fois dans la longueur standard. Tête 2,1 à 2,5 fois aussi longue que large. Museau conique, sa longueur comprise 2,75 à 3,1 fois dans celle de la tête, sa largeur comprise 1,1 à 1,2 fois dans la longueur, 1,2 à 1,65 fois aussi long que l'oeil, à profil supérieur droit, le pédicelle maxillaire atteignant le niveau de la région interorbitaire.

   Oeil petit de forme arrondie, compris 3,75 à 4,60 fois dans la longueur de la tête, 0,85 à 1,15 fois dans la largeur de l'espace interorbiataire. Hauteur préorbiataire comprise 1,6 à 2,2 fois dans le diamètre de l'oeil. Espace interorbitaire compris 4 à 4,7 fois et hauteur préorbitaire 7,4 à 8,8 fois dans la longueur de la tête.

   Maxillaire un peu visible à l'extrémité, s'étendant jusqu'au niveau du bord antérieur de l'oeil. Mâchoire inférieur comprise 2,3 à 2,5 fois dans la longueur de la tête, à menton non proéminent. Joue nue, sans écaille.

   Dents toutes coniques, en bandes, les internes villiformes comprenant 6/4 canines en avant, au nombre de 48-60 dans la rangée externe supérieur.

   Os pharyngien inférieur en forme de triangle, prolongé par une lame modérée de la moitié de la longueur de l'aire dentaire, garni de dents fines et coniques, sauf au centre et en arrière où elles sont modérément mais nettement élargies principalement deux dents médianes postérieures.

   Branchiospines au nombre de 8-10 ... sur la partie inférieure du premier arc branchial.

   Dorsale XIX,7 - XIX, 8 - XX, 7, au total 26 - 27 ; rayons mous plus longs que les rayons épineux, plus longue épine et plus long rayon mou compris respectivement 2,25 à 2,7 fois et 1,65 à 1,95 fois dans la longueur de la tête.

   Anale VI, 5 - VI, 6 au total 11 - 12 ; plus longue épine et plus long rayon mou compris respectivement 2,25 à 2,85 fois dans la longueur de la tête.

   Pectorale comprise 1,3 à 1,45 fois dans la tête et 3,8 à 4,1 fois dans la longueur standard. Ventrale dépassant le niveau de l'anus, à rayons externes plus longs que les rayons internes et plus ou moins filamenteux. Caudale arrondie. Pédoncule caudal 1,1 à 1,2 aussi haut que long.

   Coloration. — Dans l'alcool, jaunâtre à brunâtre, toujours claire et uniforme, à peine plus foncé dorsalement. Une petite tache très indistincte à l'origine de la caudale. Bord externe de la pectorale noirâtre. Opercule et membrane operculaire parfois un peu plus foncés. Les autres nageoires incolores, encore plus claires que le corps, sauf les bases écailleuse des nageoires verticales.

   Coloration sur le vivant : (d'après N. Leleup) entièrement jaune bistre ou jaune orange, iris bleu dans sa partie supérieure.

   Cette espèce est dédiée à son récolteur M.N. Leleup, biologiste de l'I.R.S.A.C. à Uvira, en témoignage d'estime et de reconnaissance pour sa précieuse contribution à l'étude de la faune ichthyologique du lac, sous la forme de nombreuses récoltes d'espèces rares et intéressantes mentionnées par ailleurs dans les listes du présent travail.

  Affinités. — Cette jolie espèce, si brillamment colorée et dont la livrée ne ressemble à celle d'aucune autre espèce, se caractérise par ailleurs par l'ensemble des ses caractères numériques. Parmi ceux-ci il faut noter spécialement une formule de la dorsale XIX - XX, 7 - 8, peu habituelle  et qui dans tous les cas n'est pas alliée, chez les espèces qui la présente, à la présence de dents pharyngiennes épaissies au centre et à celle de 8 - 10 branchiospines sur la partie inférieure du premier arc branchial. L'aspect général du Poisson frappe également par la forme du museau qui est très pointu et dont la longueur du processus prémaxillaire dénote une protractilité remarquable.

   Dimension. — Maximum observé : 91 mm.

   Abondance. — Espèce rare.

   Habitat. — Fonds rocheux de profondeur faible, d'après les rares stations connues.

   Régime. — Le tube digestif d'un exemplaire de 90 mm mesure 62 mm. L'estomac contenait de petites crevettes.

   Méthodes de capture. — Pêche à la ligne ou dynamite.

   Valeur alimentaire. — Négligeable.

   Distribution géographique. — Espèce lacustre endémique du Tanganika, connue seulement de la partie Nord.

Liste des exemplaires récoltés :

- Collection N. leleup (I.R.S.A.C).

Luhanga, V.1954 : 1 ex. type, long. tot. 91 mm.

Luhanga, 26.III.1954 : 1 ex. paratype, long. tot. 63 mm ; 29.IV.1954 : 4 ex. paratypes, long. tot. 67, 77, 79, 91 mm ; V.1954 : 2 ex. paratypes, long. tot. 70, 75, mm.

- Collection G. Marlier (I.R.S.A.C).

Uvira, lac Tanganika, IV.1954 : 1 ex. paratype long. tot. 58 mm.

- Collection Mission des lacs (K.E.A.).

1 ex. paratype, long. tot. 64 mm, 15 km au large d'uvira, 19.II.1953, dynamite, profondeur : 5 m.

 

Expérience aquariophile

Auteur: Jeff Dubosc AFC 1407/06.

Article paru dans la RFC n°211 (septembre 2001).

Neolamprologus leleupi (gorge noire).Introduction:

   Synonymes et appellations commerciales : Lamprologus leleupi ; ou plus simplement ‘leleupi’. Parfois vendu sous N. longior, mais selon les auteurs, ce dernier constituerait soit une espèce à part entière (et donc différenciée et impossible à considérer comme synonyme, Poll, 1986), soit une simple population de l'espèce N. leleupi (Konings, 1998).

   Origine : Lac Tanganyika où la répartition est discontinue : population isolée au Nord-Ouest dans la région d'Uvira, et différentes   populations réparties sur la côte Ouest de Milima à M'toto et sur la côte Est de Maswa à Kekese.

 

 

Description:

   Ce qui en fait une des stars incontestables du Tanganyika, c'est sans conteste sa coloration jaune uniforme et soutenue. Même les nageoires présentent cette magnifique couleur...

Neolamprologus leleupi.   Une vermiculure bleu-métallique à or (suivant l'orientation) orne le dessous de l'œil.

   Certaines autres populations présentent un polychromatisme* qui s'exprime par l'existence d'animaux soit de couleur jaune, soit chocolat (voire même franchement foncée…). Par endroit, ces différentes souches vivent même en sympatrie*.

   Les souches classiquement maintenues en France sont vraisemblablement originaires de Karilani* : corps fusiforme, tête relativement pointue, coloration jaune vif.

   D'un point de vue dimorphisme sexuel, la taille adulte est un bon indicateur ; plus jeune, il faudra se risquer à une identification en fonction de la forme de la papille génitale.

   Taille : 11-12 cm pour les males adultes, généralement un petit peu moins pour les femelles (7-8 cm).

 

Habitat:

 

   Habitat intermédiaire et biotope rocheux, à une profondeur de 15 à 25 mètres. Les lieux de nidification et d'alimentation favoris sont constitués par les renfoncements et les anfractuosités des rochers. Ces poissons ont des territoires relativement vastes où ils errent à la recherche de particules alimentaires, les animaux rencontrés sont donc souvent des solitaires endurcis.

 

Maintenance:

   Comme pour toutes les espèces du Tanganyika, l'eau se doit d'être dure et alcaline : pH ~ 8/9, conductivité ~ 600 µS. Les sels Tanganyika apportent un plus indéniable.

Neolamprologus leleupi.   Eu égard à l'agressivité intra-spécifique* de l'espèce, 120 litres constituent le minimum pour un couple. Quelques succès sont notés dans des bacs plus petits, mais dans ce cas, il s'agit toujours de bacs spécifiques avec un couple harmonieux qui s'est choisi lui-même. Le décor sera évidemment rocheux, offrant des caches   aux deux partenaires qui y constitueront leurs territoires et y trouveront de  quoi déposer leurs futures pontes… Ces poissons ne sont pas des terrassiers et respectent le décor, hormis lors de la ponte où ils creusent une petite excavation. Chez moi, ils n'ont jamais touché aux plantes. Maintenir des leleupi avec d'autres cichlidés du Tanganyika est bien sûr possible et même particulièrement esthétique, sa robe contrastant avec les autres espèces…

   Plus le bac sera grand, plus les associations pourront être tentées. Les compagnons favoris seront à choisir dans les innombrables lamprologues, Julidochromis, Cyprichromis… Toutefois, pour éviter combats et risques d'hybridation, la maintenance avec des espèces à morphologie proche est à proscrire (N. cylindricus, N. mustax, N. nigriventris, N. pectoralis et N. schreyeni).

Particularités :

   La répartition de ce poisson étant assez discontinue, il faut constater qu'à la plupart des lieux de pêche correspond une population bien définie. A titre d'exemple, d'un point de vue phénotypique, la population de M'toto est très proche de N. mustax : corps élevé, 'menton' blanc… A l'instar des Cyprichromis, il serait donc judicieux d'identifier les souches que nous maintenons pour arrêter de les croiser entre elles en achetant du "leleupi" sans plus de précisions…

Alimentation:

   Dans la nature, elle est constituée par des invertébrés (généralement des crustacés) trouvés dans les anfractuosités et la couverture biologique des rochers.

   En aquarium, une mixture classique riche en carotène (mais pas trop pour ne pas avoir de leleupi rouges !) peut constituer une bonne base. Divers crustacés comme les artémias, le krill, les mysis seront distribués en complément.

 

Reproduction:

   Reproduction : facile… à condition d'avoir un couple qui s'entend, ce qui semble être en fait la principale difficulté avec cette espèce. Généralement querelleur (d'où l'obligation d'un décor bien agencé), le couple est soudé pendant la ponte.Neolamprologus leleupi. Celle ci se déroule sur substrat caché. Elle est repérée par l'entente inhabituelle du couple, par des spasmes secouant tout le corps du poisson, et par le fait que les lèvres des poissons noircissent à ce moment. Les soins parentaux sont assurés par le couple, la femelle s'occupant principalement de la garde rapprochée et le male de la défense du territoire.

 

   Dans le cas de couples où l'équilibre est instable, on conseille parfois de retirer le mâle après la ponte.

   En bac d'ensemble, il est rare de voir des alevins grandir. On peut alors siphonner une partie de la ponte pour l'élever à part, mais avec le risque de casser l'harmonie du couple…

   Les alevins sont très petits mais acceptent rapidement une nourriture vivante adaptée à leur taille (anguillules, microvers, nauplies d'artémia). Ils se colorent très vite d'un beau jaune, et sont aptes à se reproduire vers 5-6 cm. Pour être complet, il faut encore noter qu'en aquarium quelques constats de polygamie ont été signalés…

 

Bibliographie :

-Aqualex catalog : cichlidés du lac Tanganyika, H-J Herrmann, Dähne Verlag

-Atlas du Tanganyika, Pierre Brichard

-Cichlids du Lac Tanganyika, le guide Back to Nature, Ad Konings, Cichlid press

-Classification des Cichlidae du lac Tanganika, Tribus genres et espèces, Max Poll, Classe des Sciences, Académie Royale de Belgique

-Le grand livre des cichlidés, Ad Konings, Cichlid press

-Les cichlidés du Tanganyika dans leur milieu naturel, Ad Konings, Cichlid press

-Les secrets du Tanganyika, Ad Konings, Cichlid press

-Revue Française des Cichlidophiles, numéros 76, 80, 128

-Aquarium magazine, numéros 33 et 162

-Aquarama, numéro 56

 

Documents:

Abysse. Jeff Dubosc


Remerciements
: Philippe pour ses remarques, notamment concernant l'identification et les précisions sur les différentes souches maintenues et importées... Merci (donc!).


"DESTINATION TANGANYIKA !"/Jeff DUBOSC - Estelle et Benoît //2001-2008.