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Description: (D'après l'original) Traduction de l'Allemand par -Xavier Longy (AFC 1887/23)- BÜSCHER, H. H.1989 Ein neuer Tanganjika - Cichlide aus Zaire Neolamprologus marunguensis n. sp ; (Cichlidae, Lamprologini) DATZ (12/89) : 739-743 Introduction. Le genre endémique du lac Tanganyika, Neolamprologus, est composé de 32 espèces depuis la révision de Poll en 1986. N. cylindricus est pour l'instant la seule espèce décrite (Staeck & Seegers, 1986) (ndr : en replaçant ce texte dans le contexte de l'époque.). Ce grand nombre d'espèces reflète une diversité importante. On peut y différencier des groupes, dont les espèces partagent des points communs morphologiques. Par exemple : N. savoryi, N. pulcher, N. brichardi. Au cours de plongées le long de la côte Zaïroise (Congolaise) du lac Tanganyika, j'ai pu observer des poissons qui de par leur forme (appartiennent sans aucun doute à), présentent de grandes similitudes avec les trois espèces précédemment citées. Ils s'en distinguent par des différences marquantes de quelques proportions du corps, leur livrée, et la structure de leur biotope de prédilection. Ces poissons appartiennent sans aucun doute à une nouvelle espèce, décrite ci-dessous. Étymologie. Le nom se rapporte aux monts Marungu qui s'étendent vers le sud depuis Moba et qui constituent le paysage marquant du lieu de collecte de cette nouvelle espèce. Matériel et méthode. Les caractéristiques taxonomiques ont été recueillis selon la techniques détaillées ; Barel et al. (1977). Pour pouvoir les comparer avec ceux de Trewavas et Poll (1952), les mesures de la hauteur de la tête et de la longueur du pédoncule caudale ont été prises technique de Thys van den Audenaerde. En raison de la difficulté de pêche de ces poissons, vivants à grande profondeur, seul un petit nombre de spécimens était disponibles, et la description a été faite à partir de 2 exemplaires. Pour les mêmes raisons, nous avons renoncé à effectuer les mesures qui nécessitent la dissection des poissons. Le matériel type se trouve au Musée zoologique d'état de Munich (ZSM) – Holotype : ZSM 27 329 Longueur standard (LS) 59 mm Longueur total (LT) 67 mm Zaïre (Congo), lac Tanganyika, près de Kapampa, à 80 km au Sud de Moba (7°39 ; 30°10'0) H. Büscher et U. Brunner, 3 et 4 octobre 1988, conservé après vie aquarium le 13/12/1988. – Paratype : ZSM 27 330 55 mm LS 65 mm LT mêmes données que Holotype. Diagnose. Neolamprologus marunguensis n. sp. est un petit cichlidé élancé à la tête pointue, avec une bouche moyennement échancrée et une caudale fourchue. La couleur beige ou beige-rosé du corps et les iris bicolores (turquoise/jaune-orangé) sont particulièrement remarquables. Les prolongements des nageoires impaires, d'un blanc-bleuté brillant différencient cette espèce de touts les autres Neolamprologus décrites. la longueur totale maximale semble être de 8 centimètres. Description. Le corps de N. marunguensis n. sp. est assez comprimé latéralement. Le profil céphalique dorsal est légèrement incurvé, le pédoncule prémaxillaire n'est pratiquement pas visible. Le museau est arrondie, la bouche est terminale et moyennement échancrée. Holotype - Paratype
Les dents sont petites, coniques et ordonnées en de nombreuses rangées. rangées externes avec 8 (8, dont une en régénération) canines (?) en haut, et 6 (6) en bas ; les dents distales sont clairement plus grandes 9 (9) =, de fines branchiospines non ramifiées sur le bas du premier arc branchial. Nageoire dorsale : XIX/10 XIX/9 rayons mous plus longs et effilés que les épines. nageoire caudale en forme de fourche (homocerque), avec prolongement des bords des nageoires impaires en filaments. Les nageoires pelviennes n'atteignent pas l'anus. La base des rayons mous et une partie des épines à écaillure fine. Pré-operculaire nu. Écailles cténoïdes, ligne latérale à 33 écailles : formules 27/6, 26/7 – 26/7 26/7. La ligne latérale supérieure est continue. Holotype avec 15 vertèbres abdominales et 16 vertèbres caudales (à partir de radiographies). L'holotype et le paratype sont deux femelles (forme de la papille génitale).
Coloration. La tête et le corps des poissons vivants sont beiges bruns, sous certaines conditions d'éclairage beiges rosés. Suivant l'humeur des poissons, peuvent apparaître sur les flancs 2 ou 3 taches ou barres bruns clairs. La bordure externe des écailles et plus foncé, ce qui donne cette impression de filet régulier. Opercules légèrement plus foncées. Opercules et préopercules délimités par un fin liseré foncé. Iris bleu lumineux. Bords inférieur et supérieur de l'oeil jaunes-orangés. Pectorales incolores. Les nageoires impaires ont la même coloration générale que le reste du corps. partie terminale des nageoires verticales ponctuées de bleu. Prolongement des nageoires verticales en filaments. Ces prolongements sont blanc-bleu brillant. Tout comme la partie antérieure des nageoires ventrales, la nageoire dorsale est marginée de orange de la 1ere épine au début de la zone des rayons mous. Les spécimens fixés dans le formol et conservés dans l'alcool à 70% ont une coloration jaune claire et l'impression de filet persiste. Le bord orange de la nageoire dorsale est délavé et les prolongements des nageoires impaires sont blancs. Répartition et biotope. N. marunguensis n'est connu que de sa localité type. Le milieu de vie de N. marunguensis, sur le littoral du lac, est caractérisé par de grosses pierres ou groupes de pierres posées sur du sable fin. La répartition verticale de cette espèce se situe entre 25 et 35 mètres, ce qui n'est pas classique. ce milieu de vie est séparé de la zone d'éboulis entre 0 et 12 mètres par une zone sableuse. Au-delà de 35 mètres, une nouvelle zone sableuse d'une déclivité de 30° prolonge la côte. La suite de cette déclivité n'a pas été visitée pour des raisons de sécurité. Les poissons maintiennent un contact étroit avec le substrat. Dérangés par des plongeurs, ils regagnent leur cachettes. La distance de fuite est faible. Malgré le grand nombre de failles et de lieux de pontes disponibles, des excavations récentes sont observables. Dans des conditions d'éclairement naturel, les prolongements des nageoires apparaissent blancs laqués. Cette particularité participe certainement à la communication inter et intraspécifique. En effet N. marunguensis est sympatrique d'une espèce qui de par sa forme, présente de grandes similitudes avec N. brichardi. Les observations en milieu naturel montrent que ce poisson, abstraction faite de sa coloration, vit en couple ou seul, (contrairement à N. brichardi qui présente un comportement social bien typique). Les photos sub-aquatiques donnent une impression de la couleur et de la formes de ces poissons. Malheureusement aucun des exemplaires conservé de cette espèce n'est disponible, si bien qu'une explication des liens de parenté exacte de cette nouvelle espèce ne peut être fournie et suppose d'autres recherches. Il est remarquable d'observer que N. brichardi est fréquent dans la même zone d'éboulis, à plus faible profondeur, et qu'il constitue des colonies classiques, faites d'adultes et de jeunes de différents âges. La présence de N. brichardi sur ce site est connue, par 4 paratypes pêchées en 1946/47, lors de l'expédition de Max Poll, par 2 à 4 mètres de profondeur.
Comportement en aquarium. En aquarium, N. marunguensis formes des couples relativement stables. La tendance à former des harems semble peu répandue. 1 mâle et 3 femelles matures ont été maintenus ensemble dans un aquarium de 200 litres et le mâle préférait franchement une seule des femelles. Une des deux autres était chassée + ou - violemment du territoire, alors que la troisième, qui montrait un comportement de soumission était tolérée. N. marunguensis est un pondeur sur substrat caché typique. les deux sexes essayent d'élargir des failles ou des crevasses en creusant. Un intensif travail de terrassement a lieu, même si suffisamment de zones de pontes sont disponibles alentours. Les environs du site de ponte sont donc dégagés. Les pontes composées de 30 à 60 oeufs sont relativement réduites. les oeufs sont déposés dans un ordre irrégulier, sur les parois ou le plafond du site. Ils sont de couleur gris-blanc à rosé, en fonction de l'alimentation des parents (comme chez certains autres lamprologini). Les oeufs éclosent après 48 heures à 28°. La nage libre à lieu environ 7 jours après la ponte, les petits mangent alors des nauplies d'artémias. Sur un territoire de ponte qui est bien structuré et délimité par des pierres, les petits vivent cachés. Rarement, un individu seul quitte l'espace étroit de la caverne pour attraper une particule alimentaire en pleine eau. La forte inféodation au substrat qui donne l'impression d'un mode de vie caché, peu répandue 1 mâle et trois femelle matures ont été maintenus ensemble dans un aquarium de 200 litres et le mâle préférait franchement une des femelles. Une des deux autres était chassée + ou - violemment du territoire, alors que la troisième, qui montrait un comportement de soumission, était tolérée. N. marunguensis est un pondeur sur substrat caché typique. Les deux sexes travail ensemble à l'élargissement des cavités ou des crevasses en creusant. Un intensif travail sape a lieu, même si suffisamment de zones de ponte sont disponibles. Les environs du site sont ainsi dégagés. Les pontes, avec 30 à 60 oeufs, sont relativement petites. Les oeufs sont déposés dans un ordre irrégulier sur les parois et/ou le plafond de la cavité. Ils sont gris-blanc à rosâtre, en fonction de l'alimentation des parents (comme chez certains autres Lamprologini). Les oeufs éclosent après environ 48 heures à 28°C. La nage libre est atteinte environ 7 jours après la ponte, les petits mangent alors des nauplius d'artémias. Sur un territoire qui est bien structuré et délimité par des pierres, les petits vivent cachés. Rarement , un individu seul, quitte l'espace étroit de l'anfractuosité qui l'a vue naître, pour attraper une particule alimentaire en pleine eau. La relation intense avec le substrat qui donne l'impression d'un mode de vie caché, peut durer plusieurs semaines après la nage libre. Elle est indépendante du type d'alimentation ou de la présence d'autres espèces de poissons. Ce comportement des jeunes en aquarium est semblable à celui des Neolamprologus savoryi. Cela a été confirmé chez les deux espèces par des observations in situ et discuté par rapport aux habitudes alimentaires (Kondo, 1986). Par son mode de vie très lié au substrat chez les jeunes , Neolamprologus marunguensis se distingue sans aucun doute de Neolamprologus brichardi. Par ailleurs les jeunes sont encore sur le territoire d'un couple quand celui-ci pond à nouveau. Le fait que les alevins frères et soeurs (ou très proches parents) d'âges différents grandissent ensemble au-delà d'une certaine taille confirme le lien de parenté étroit avec Neolamprologus brichardi et Neolamprologus pulcher. Le corps des jeunes poissons à une taille de 2,5 cm est beige uniforme. Dans la région de la tête jusqu'à la base de la région de la tête jusqu'à la base dorsale et parallèlement à la colonne vertébrale dans la zone de la vessie natatoire peuvent apparaître, suivant l'humeur , des bandes brun-clair. la partie postérieure de la dorsale et de l'anale sont d'un blanc-bleuté brillant, ainsi que le bord distal des nageoires dorsale et anale, et le premier rayon des pelviennes. Les parties attenantes au corps des nageoires dorsale et anale sont jaune pâle. Discussion. N. marunguensis de par sa morphologie, est une espèce proche de Neolamprologus savoryi, Neolamprologus brichardi et Neolamprologus pulcher. Les trois espèces ne sont pas significativement différentes en ce qui concerne la taille maximale, le nombre de rayons dans les nageoires dorsale et anale, ainsi que le nombre d'écailles dans la ligne latérale. Les mesures correspondantes de N. marunguensis se situent dans les même intervalles. Si on considère les formules des nageoires (proportion et fréquence des rayons mous/épines) des différences significatives apparaissent. N. marunguensis, avec 28 à 29 rayons dans la dorsale ; répartis ainsi XIX/9 et XIX/10 semble plus proche de N. savoryi et N. brichardi que de N. pulcher. Le petit nombre de rayons dans l'anale (5) est un fait rare, qui n'avait été signalé que chez N. brichardi et N. pulcher (chez un exemplaire sur 13 ; et 1/7). Cette caractéristique est un premier argument pour dire que N. marunguensis n'est identique à aucune des 3 espèces citées ci-dessus. Dans le tableau 2 sont rassemblées les données sur le proportions du corps et mesures méristiques telles qu'elles ont été publiées par Trewavas & Poll (1952) pour N. savoryi, N. brichardi et N. pulcher. Les données concernant N. marunguensis sont présentées de manière identique. La comparaison de ces données avec celle des holotypes et paratypes de taille comparable montre que N. marunguensis se différencie de manière significative.
N. marunguensis se différencie par : - Longueur de la tête plus courte par rapport à la LS - Longueur du museau plus courte / diamètre de l'oeil - Hauteur préorbitaire / longueur de la tête ; plus grande - Distance interoculaire / longueur de la tête plus grande - longueur des pelviennes / LS ; plus courte Les valeurs : - hauteur de tête / longueur tête - hauteur pédoncule caudal / LT Chez les trois espèces de référence ne sont pas interprétables et ne sont exploitées ici. Autres différences par rapport à N. savoryi N. brichardi et N. pulcher sont : - 8 "canines" (littéralement "dents de chien") dans le maxillaire supérieur. - les pectorales s'arrêtent avant la hauteur de l'anus. La séparation entre N. marunguensis et N. savoryi, N. brichardi se fait par des critères anatomiques, mais aussi éthologique et écologiques. La tendance observée en aquarium à constituer des couples stables, et la manière de vivre très liée au substrat des jeunes en aquarium et dans la nature, différencie N. marunguensis et N. brichardi. Le fait que N. marunguensis vive en sympatrie avec une espèce qui ressemble beaucoup à N. brichardi confirme le fait qu'il s'agit bien de deux espèces distinctes. Le matériel type de N. brichardi à été pêché à l'époque à une profondeur allant jusqu'à 20 mètres, les spécimens type de N. savoryi à une profondeur de 2 à 4 mètres. Le fait que N. savoryi est été pêché plus au nord (Kigoma) mais aussi plus au sud (Mpulungu), montre bien que si cette espèce vie à faible profondeur ce n'est pas dû à des particularités liées au site de Marungu, mais est général chez cette espèce. La séparation verticale et l'occupation des niches écologiques différentes par N. savoryi et N. marunguensis donne aussi un argument du point de vue écologique, pour dire qu'il s'agit bien de deux espèces distinctes. Comme la localité type de N. pulcher n'est pas connue et qu'aucune observation en milieu naturel de cette espèce n'a été décrite, on ne peut pas comparer N. pulcher et N. marunguensis sur ce plan. N. marunguensis est dans le genre Neolamprologus un membre du petit groupe d'espèces à queue en lyre. À ce groupe appartiennent aussi : N. furcifer, (Boulenger 1898) / N. christyi Trewavas & Poll 1958 / et N. buescheri Staeck 1983. N. marunguensis se différencie de ces trois espèces par sa couleur et aussi par ses mesures. → Hauteur du corps dans LS : furcifer 3,6 - 4,4 fois ; christyi 3,2 - 3,8 fois ; buescheri 4,4 fois ; marunguensis 2,8 - 3,2 fois. → nombre d'écailles dans la ligne latérale : furcifer 46 - 54 ; christyi 50 - 60 ; buescheri 35. Les espèces qui ont un nombre d'écailles et des formules de nageoires comparables à ceux de N. marunguensis, et de taille comparable sont N. petricola (Poll, 1949) et N. mustax (Poll, 1978). Ces deux espèces, bien que présentant certaines mesures proches de N. marunguensis, s'en différencies facilement par : – couleur différente – caudale arrondie – peu de canines sur la mâchoire supérieure (6 au lieu de 8) – peu de branchiospines sur la partie inférieure du premier arc branchial (5 - 7 au lieu de 9). Bibliographie : Barel C. D. N., M. J. P. van Oijen F. witte & E. L. M.Witte-Maas (1977): An introduction to the taxonomy and morphology of haplochromine Cichlidae from Lake Victoria. Neth. J. Zool., 27: 333-389. Kondo, T. (1986): feeding habits of Lamprologus savoryi with reference to its social behavior. Physiol. Ecol. Japan., 23: 1-15. Poll, M. (1956): Poissons Cichlidae. in: Exploration Hydrobiologique du lac Tanganika (1946/47), résultats scientifiques. 3 (5B): 1-619. Institut Royal des Sciences Naturelles, Bruxelles. - (1978): Contribution à la connaissance du genre Lamprologus. Bull. Cl. Sciences, Acad. Roy. Belg., (5) 64: 725-728. - (1986): Classification des Cichlidae du lac Tanganika, tribus, genres et espèces. Acad. Roy. Belg., mem. Cl. Sci., coll. in-8°, (2) 45 (2): 1-163. Staeck, W. (1983): Lamprologus buescheri n. sp. from the zambian part of lake Tanganyika (pisces, Cichlidae). Senckenbergiana biol., 63 (5/6): 325-328. Thys van den Audenaerde, D. F. E. (1964): Révision systématique des espèces congolaise du genre Tilapia. Annls. Mus. Roy. Afr. Centr., Sér. in-8°, Sci. Zool., 124: 1-155. Trewavas, E & M. Poll (1952): Three new species and two new subspecies of genus Lamprologus, Cichlid Fishes of Lake Tanganyika. Bull. inst. Roy. Sc.Natur. Belg., 28 (50): 1-16. |
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Expérience aquariophile Auteur: Jeff Dubosc AFC 1407/06. Article paru dans la RFC. |
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Introduction: En mai 1999, je découvre sur un listing Neolamprologus "crassus blue fin". Le poisson est encore rare : les quelques photos publiées sont prometteuses...
Après une petite recherche bibliographique, il s'avère qu'il s'agit d'une appellation commerciale de Neolamprologus marunguensis. ◄Les vrais Neolamprologus crassus sont quant à eux parfois surnommés "black brichardi". En effet, d'après les photos publiées par Ad Konings, les poissons en ma possession sont en tout point semblables aux N. marunguensis originaires de Kapampa (côte congolaise du Lac Tanganyika). Dans le vaste "complexe brichardi", N. marunguensis appartient au groupe des poissons décrits "sans marque sur les opercules". De fait, ses plus proches "cousins" sont N. crassus (avec lequel il a été en synonymie un certain temps) et N. gracilis. Pour plus d'informations concernant le "complexe brichardi", sachez que Ad Konings fait le point dans "Les Cichlidés du Tanganyika dans leur milieu naturel" ; pour une vue complète, vous pouvez vous reporter à cet ouvrage indispensable à la bibliothèque de tout bon "tanganyikaphile". Büscher mentionne par ailleurs qu'au sein de ce complexe, il est possible de trouver jusqu'à cinq espèces vivant en sympatrie* à Kiku (Congo) : N. brichardi, N. gracilis, N. marunguensis, N. savoryi et N. splendens. Toutefois, "un bac n'est pas le lac", et on évitera donc de tenter le diable en maintenant d'une part différentes espèces du complexe ensemble, et d'autre part les différentes variétés de Kapampa, Kekese ou Moliro. |
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Description: N. marunguensis est un poisson qui mesure, adulte, environ sept centimètres (LS*). La forme générale est plus trapue que celles des autres membres du groupe. Le corps est rosé et toutes les écailles sont bordées de brun clair, l'iris de l'œil est bleu turquoise, souligné de jaune. Comme la majorité des Neolamprologus, il possède également des vermiculures turquoise sur les joues. L'attrait esthétique de ce poisson réside en ses nageoires : caudale et anale qui sont bordées de bleu turquoise et les filaments qui les prolongent sont de la même couleur ; les rayons durs de la dorsale sont bordés de jaune, et les pectorales sont transparentes. |
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Maintenance: Dès leur mise en quarantaine, les deux plus gros poissons restèrent ensemble repoussant gentiment le dernier. Ce que je supposais (et espérais !) alors être un couple fut placé seul dans un bac de 120 litres, le troisième larron allant rejoindre une cuve d'ensemble de 600 litres… Si dans la cuve de 120 litres, le "couple" semble bien s'entendre , il n'y a pour autant pas de signe de ponte… Dans le même temps, le poisson isolé dans le 600 litres a bien poussé… Il atteint facilement huit centimètres (LT*). Mais ses colocataires le surnomment "Terminator" : les deux tiers du bac n'appartiennent qu'à lui ! Et dans le tiers restant, doivent cohabiter Tropheus, Ophtalmotilapia, Paracyprichromis, Neolamprologus leleupi…
Seule la plage de sable est méprisée. Après quelques semaines, la situation devient intenable ! Les Ophtalmotilapia ont pris une merveilleuse teinte gris sardine qui me vaut les meilleures blagues de la part de mes amis, les Tropheus sont archi stressés, et ne parlons pas des Paracyprichromis ! "Terminator" va donc rejoindre ses deux compagnons… Comme il est le "big boss" du bac, la technique de pêche est très simple (et elle peut être appliquée avec succès à bon nombre de poissons) : un hameçon n°18 sans ardillon, que l'on garnit d'un krill , et le tour est joué en deux secondes. Les autres habitants n'ont pas eu le temps de bouger ; mais maintenant, ils vont pouvoir se rattraper ! Dans la cuve de 120 litres, les poissons se reconnaissent immédiatement ! Les deux jeunes Altolamprologus calvus qui sont venus les rejoindre sont oubliés… Il faut dire que les retrouvailles sont chaleureuses. En une heure de fiesta, mes superbes marunguensis sont devenues trois créatures insignifiantes, sans nageoires, voire sans écailles… Mon solitaire s'est imposé. Il fait la loi, et a même volé le plus petit des deux à l'autre. La semaine suivante est consacrée à établir une hiérarchie indiscutable dans le bac. Enfin, les nageoires repoussent… Et puis, (mais je n'ai rien vu venir…), voici mon solitaire gardant des alevins avec sa femelle…. Une bonne vingtaine, sous l'œil envieux des calvus qui n'osent pas approcher. Une semaine plus tard, ce que je pensais être le mâle dominé garde à son tour des alevins. Est-il allé voler quelques jeunes ou est-ce une femelle ? Il est presque aussi grand que le mâle dominant. Plus tard, j'aurai la conviction que c'est une deuxième femelle… Je pouvais toujours attendre une ponte en les isolant ensemble !
Je n'ai jamais vu de jeunes survivre dans la cuve du trio. J'ignore donc si ces poissons forment des colonies comme les brichardi. A ce propos, il faut préciser qu'il n'y a pas réellement de colonie, mais plutôt une multitude de couples avec de très petits territoires très rapprochés les un des autres. Au vu de ce qui se passe chez moi (d'une part, dans le bac de 600 litres, un territoire défendu d'environ un mètre cinquante de long, et d'autre part dans le bac de 120 litres, les deux femelles vivant chacune à une extrémité, soit un mètre entre elles deux), je doute fort que N. marunguensis forme une vraie colonie. Son agressivité intraspécifique* est très marquée, et son comportement interspécifique* ne vaut guère mieux ! Mes poissons ne semblent pas être un cas isolé. Le comportement lacustre observé confirme : on lit « individus aperçus seuls ou en couple ». Je pensais au début que les calvus pouvaient être tenus comme seuls responsables des disparitions d'alevins ; mais depuis six mois, ils ont rejoint un autre bac, et je n'ai pas constaté d'amélioration ! Les observations citant des colonies de marunguensis sont donc à mon avis à prendre avec précautions... |
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Reproduction: Les pontes ont lieu sur substrat caché (à une exception près chez moi où une femelle a pondu quelques œufs sur une vitre).La récupération des jeunes par siphonage donne des résultats très moyens. J'ai donc utilisé la technique "du Murex". Ces grosses coquilles sont très appréciées des femelles Neolamprologus qui y déposent leurs œufs : il est alors très facile de récupérer les larves. Par exemple, c'est quasiment l'unique alternative à proposer aux Altolamprologus qui y trouvent une faille adaptée. Ce n'est pas très naturel, mais sur une ou deux pontes, cela permet de sauver quelques alevins...
Chez
moi, la femelle continue à pondre dans le décor mais utilise ensuite
le Murex pour cacher et regrouper sa
Les œufs sont gris vert et éclosent en trois jours. Nourris de nauplii, les alevins grandissent comme des Neolamprologus…pas très vite ! A une taille de cinq à six millimètres, ils présentent déjà de belles nageoires bleues. Des nageoires qui ne vont cesser de s'embellir et qui vont s'allonger de filaments turquoise pouvant atteindre parfois un centimètre ! |
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Conclusion: Il s'agit d'un poisson attrayant et original. Toutefois, son agressivité et sa territorialité doivent imposer de l'héberger en de gros volumes et de lui choisir des colocataires ayant " du répondant ". Cette virulence peut être une entrave à sa diffusion ; mais comme il est facile de le faire se reproduire, appliquons-nous à ce que son prix n'en soit pas une autre... *sympatrique : se dit des espèces qui ne s'hybrident pas alors qu'elles partagent un biotope commun. |
Documents : Pascale Hootele. Henrik Malchau. Abysse. BÜSCHER, H. H.1989 Ein neuer Tanganjika - Cichlide aus Zaire Neolamprologus marunguensis n. sp ; (Cichlidae, Lamprologini) DATZ (12/89) : 739-743
"DESTINATION TANGANYIKA !"/Jeff DUBOSC - Estelle et Benoît //2001-2008.