Auteur: Estelle
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Lorsque l'on monte un nouveau bac et surtout lorsque l'on débute, il n'est pas toujours évident de s'y retrouver parmi toutes les informations parfois contradictoires dispensées dans les livres ou sur le net... Le but de cet article est donc de vous aider dans votre choix de cichlidés du lac Tanganyika. J'ai tenté d'apporter des conseils et des exemples clairs et simples. Ils n'ont rien d'exhaustif mais sont une synthèse de mon expérience personnelle et des renseignements que j'ai pu glaner au cours de mes lectures ou participations à des forums. J'ai aussi voulu répondre aux questions les plus fréquemment posées par les
débutants.
Le bac. La première interrogation, logiquement, concerne le futur bac. Deux cheminements possibles: - soit vous avez déjà un aquarium, et il va vous falloir choisir une population en fonction de sa taille et de son volume. - soit vous ne possédez pas
encore de bac, mais rêvez de maintenir une ou plusieurs espèces du lac
Tanganyika. Cette configuration est la plus facile, car en vous
renseignant sur ces espèces vous trouverez facilement le volume adéquat.
Encore faut-il s'interroger ensuite sur la compatibilité des poissons
choisis... N'oubliez pas non plus que, plus que le volume, ce sont les
dimensions qui comptent. Pour la plupart des cichlidés, la surface au
sol ( longueur x largeur ) est à privilégier car ils sont territoriaux
et inféodés à un substrat. ( excepté pour les espèces de pleine eau
comme les Cyprichromis pour lesquelles la hauteur d'eau est tout
aussi importante ) Revenons pour le moment à la première option qui est la plus courante. On doit souvent respecter des contraintes de place, et la plupart des cichlidophiles débutent avec de petits volumes. Certains cichlidés comme les conchylicoles sont de petite taille et sont parfois conseillés pour de très petits aquariums. Pour ma part, je considère qu'on ne devrait pas maintenir de cichlidés dans moins de 60 litres, et même dans l'idéal 100 litres ( ou alors des alevins ) En effet, les cichlidés, même de
taille réduite, sont bien souvent des poissons territoriaux. Les espèces
conchylicoles en particulier défendent un périmètre autour de leur(s)
coquille(s) qui est leur territoire. Il est donc illusoire d'essayer de
leur offrir de bonnes conditions de vie dans de mini-bacs comme on en
voit souvent dans le commerce. De même, on lit souvent que les
conchylicoles vivent dans des coquilles. Ils y nichent et y dorment
parfois, mais c'est dans l'aquarium qu'ils vivent! Vivez-vous dans votre
lit? Dernier argument s'il en faut un : plus petit est le bac, plus difficile sera l'équilibre à s'installer et à se maintenir. Paradoxalement, plus le bac est grand et moins il nécessite d'entretien. L'agencement du bac
dépendra bien sûr de la population choisie. Pour
des pétricoles, le bac sera bien empierré, offrant grottes, failles et
cachettes de la taille des poissons. Il n'est pas inutile pour certaines
espèces d'offrir à la femelle une cavité à sa taille où le mâle, en
général plus grand, ne peut pas rentrer. Elle pourra ainsi se soustraire
à ses ardeurs ou à ses velléités territoriales. Il est possible
d'utiliser des pierres calcaires, des galets, de la meulière, et on peut
dissimuler sous ces éboulis des briques creuses ou des pots de fleurs
qui fournissent de bonnes cachettes et parfois des substrats de ponte.
Si vous voulez maintenir des espèces conchylicoles ( qui nichent dans des coquilles ) ou sabulicoles ( qui filtrent le substrat sableux ), vous opterez pour un sable fin que les premiers pourront creuser pour enterrer leur coquille, et que les seconds pourront filtrer pour trouver leur nourriture. Certains conchylicoles ( N.
multifasciatus, N, similis ) vivent dans des lits de coquille de
plusieurs centimètres voire mètres d'épaisseur. Vous ne lésinerez donc
pas sur la quantité de coquilles ( Neothauma tanganicense ou,
beaucoup moins chères, escargots de bourgogne ) D'autres ont un biotope
totalement différent, comprenant quelques coquilles vides isolées
éparpillées sur le fond sableux. En général, une coquille par individu
suffira donc, voire même pour N. brevis une seule coquille pour
le couple!
La population. Dans des
bacs de 60 à 100 litres ( mais 100 est nettement préférable! ), il
est possible de maintenir une espèce conchylicole parmi les plus
petites:
Le bac qui l'accueillera sera décoré simplement: du sable, éventuellement quelques plantes ( toujours utiles à l'équilibre du bac ), une seule coquille que le couple partagera, et il n'est pas inutile de prévoir quelques petits tas de galets où pourront se réfugier les futurs alevins si vous désirez en garder. Le sable doit être relativement fin et meuble, car Neolamprologus brevis aime en général creuser autour de sa coquille pour l'enterrer et la disposer à sa convenance... Voir l'article sur Neolamprologus brevis pour de plus amples informations.
Pour les petits volumes, il vaut mieux débuter avec un couple ou un trio, alors que dans les bacs plus conséquents il est préférable d'acquérir un groupe ( si possible d'origines différentes pour limiter la consanguinité ) Le bac sera garni de sable et d'un lit de coquilles ( ~ une par litre d'eau pour donner un ordre d'idée ). Dans la nature, ce sont des coquilles de Neothauma entassées sur plusieurs couches et figées par des concrétions calcaires qui leur offrent de multiples dédales à leur taille. On les remplace souvent en aquarium par des coquilles de bourgogne bien moins chères et tout aussi efficaces, et les N. multifasciatus tenteront de recréer leurs petits passages en creusant abondamment le sol. Cichlidés très prolifiques: la progéniture aura tôt fait de rejoindre le couple initial et d'agrandir la petite colonie. Il ne faut pas se laisser envahir, et retirer régulièrement le surplus de jeunes, d'autant plus fréquemment que le volume du bac sera petit. C'est le moment d'initier vos amis aux cichlidés, ou de découvrir les bourses aux poissons! Voir l'article sur Neolamprologus multifasciatus pour de plus amples informations.
Il vit en petites colonies ( qui ne sont pas de l'ampleur de celles des N. multifasciatus ) dans des lits de coquille, mais à l'intérieur de cette colonie il vit en couple. On débutera donc avec un ou deux couples ou quelques juvéniles, et le bac sera aménagé comme pour N. multifasciatus. Voir l'article sur Neolamprologus similis pour de plus amples informations.
Ces deux espèces vivent sur le fond vaseux du lac, et y creusent des galeries pour se dissimuler et nicher. Elles ne sont qu'occasionnellement conchylicoles. Cependant, il est difficile voire impossible de leur permettre ce comportement en aquarium, c'est pourquoi on peut placer de petits tuyaux en plastique enfoncés en biais dans le sable pour recréer leurs galeries. Sinon, elles se contenteront de coquilles. A maintenir en couple, car les mâles se supportent difficilement. Vous pouvez acquérir quelques jeunes et laisser le couple se former, puis retirer les excédentaires, mais aussi ne prendre qu'un mâle et une femelle puisqu'ils sont aisément identifiables. ______________________________
Le bac qui les accueillera comportera donc un éboulis de pierres, et une plage de sable à l'avant avec quelques coquilles éparpillées. Eviter de leur adjoindre des pétricoles avec qui le mâle peut rentrer en concurrence, ou alors un couple formé qui peut avoir un territoire dans le coin opposé du bac. La cohabitation avec une espèce conchylicole est possible, mais il faut savoir que le mâle Altolamprologus exercera une prédation sur les alevins, et que la femelle sera peut-être trop dérangée pour pouvoir mener les pontes à bien.
Voir
l'article sur Altolamprologus sp. compressiceps "shell" pour de
plus amples informations.
Les femelles sont plus agressives que les mâles et défendent un territoire assez conséquent. Leurs coquilles doivent donc être séparées d'au moins 80 cm pour espérer les voir évoluer sans trop de conflits. On peut commencer avec un couple ou un trio pour les bacs les plus petits, ou un groupe de juvéniles pour les bacs de plus de 200 litres. Attention, je dis bien juvéniles, car dès qu'ils atteignent la maturité sexuelle, ils sont assez intolérants vis-à-vis de leurs congénères et peuvent harceler les dominés jusqu'à la mort.
Des articles détaillés sur
Neolamprologus stappersi et
Neolamprologus speciosus (?)
Ces trois espèces conviennent pour des volumes inférieurs à 200 litres. Ce sont des cichlidés joliment colorés qui vivent en couple. Le dimorphisme sexuel est très peu marqué, et ils sont assez agressifs intra spécifiquement. C'est pourquoi on préconise d'acquérir un groupe de cinq ou six individus juvéniles, et de laisser un couple se former. Lorsque le couple dominant commence à s'isoler, il devient de plus en plus agressif avec les excédentaires et il faut les retirer du bac rapidement. Deux couples peuvent cohabiter dans des bacs de plus d'1.50 m de façade. Il leur faut un enrochement qui
comportera le plus de cachettes, failles et anfractuosités possibles.
Ils aiment s'y dissimuler, circuler dans les galeries rocheuses, et bien
sûr y frayer. Attention, c'est un genre prolifique qui protège très bien
sa progéniture, le bac sera donc rapidement envahi d'alevins de toutes
les tailles...
Voir l'article détaillé sur
Julidochromis dickfeldi
pour de plus amples informations.
Une espèce relativement peu maintenue et pourtant bien sympathique. Attention aux colocataires! Une espèce pétricole peut convenir, mais dans de trop petits bacs une autre espèce conchylicole serait trop dominée. Telmatochromis sp. temporalis "shell" a son petit caractère et sait faire respecter son espace vital...
Un article détaillé sur Telmatochromis sp. temporalis "shell"
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Voir l'article sur Chalinochromis brichardi pour de plus amples informations.
Même entre les membres du couple, les relations ne sont pas tendres! Le mâle mesure 6 ou 7 centimètres, la femelle est en général plus fine et un peu plus petite. On pourra commencer avec deux ou trois couples, ou un groupe de juvéniles. Un article détaillé sur Neolamprologus caudopunctatus
Ce sont de bons colocataires pour une espèce conchylicole, ce qui leur laissera le territoire rocheux. Ces espèces sont intéressantes à observer car elles vivent en communauté avec une hiérarchie bien établie. Un article détaille sur Telmatochromis sp. "Congo"
D'une dizaine de centimètres, ces espèces sont reconnaissables à leur
nageoire caudale en forme de lyre et à leur silhouette caractéristique. La plus connue
est sans conteste N. brichardi , la célèbre "Princesse du
Burundi" à l'allure gracieuse. Elle est aussi la plus prolifique de
toutes. Ces espèces sont pétricoles et très territoriales. D'autres espèces de ce complexe ne vivent pas en colonie mais en couple, à l'exemple de N. savoryi. Des articles détaillés sur N. brichardi , N. helianthus , N. marunguensis et N. savoryi
Les mâles sont assez agressifs entre eux, c'est pourquoi il est plus facile de maintenir cette espèce en couple. Dans ce cas, le volume indiqué convient. Le hic, c'est que le dimorphisme sexuel est très peu marqué et il est quasi impossible de distinguer les mâles des femelles. A moins de vous procurer un couple formé, vous devrez donc acquérir quelques jeunes... Ce cichlidé d'une petite dizaine de centimètres est d'autant plus intéressant qu'il pratique l'incubation biparentale. En termes clairs, les oeufs puis les larves sont pris en bouche par les deux parents alternativement pendant les premières semaines afin de les protéger des prédateurs. Cette forme de protection parentale est considérée comme la plus évoluée parmi les cichlidés, et elle est passionnante à observer pour l'aquariophile... En contrepartie, on sera rigoureux sur la qualité de l'eau et l'entretien, car moins que les autres espèces déjà citées, il laissera passer les erreurs du débutant. Attention aussi au stress qui peut lui être fatal ( couvrez bien le bac notamment car c'est un excellent sauteur, et évitez les mouvements brusques qui le rendent "hystérique". ) Voir l'article sur Xenotilapia flavipinnis pour de plus amples informations.
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Si vous vous posez des questions particulières sur ces poissons, n'hésitez pas à venir nous en toucher quelques mots sur le FORUM.
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