
Petrochromis fasciolatus.
(Photo de Tim Nurse).
Expérience aquariophile
Auteur: Jérôme Thierry (AFC 1994/80).
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Introduction: Les poissons du genre Petrochromis se rencontrent sur toutes les rives du lac Tanganyika, où ils se nourrissent en raclant la couverture végétale composée d'algues appelées "Aufwuchs". Il en existe de nombreuses espèces, la plupart non décrites scientifiquement et qui sont en général mal connues en aquarium, les seules mentions s'y rapportant étant en général: "n'essayez jamais de maintenir ces poissons car c'est impossible". À l'heure actuelle, 6 espèces sont décrites: Petrochromis famula, Petrochromis fasciolatus, Petrochromis macrognathus, Petrochromis polyodon, Petrochromis orthognathus, Petrochromis trewavasae trewavasae, Petrochromis trewavasae ephiphium. |

Petrochromis macrognathus (Chipwa).
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La plupart des témoignages concernant les poissons de ce genre
comportent essentiellement des scènes dignes de films d’horreur, avec
immanquablement massacre de la quasi-totalité des poissons conspécifiques à la fin, et parfois même massacre des autres poissons
maintenus avec eux, surtout s’il s’agit de Tropheus. |

Banc de Petrochromis fasciolatus (Isanga).
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Ma
première rencontre avec des Petrochromis se déroula chez un
commerçant de la région d’Anvers, qui maintenait dans un aquarium de
deux mille litres deux couples de Petrochromis sp. « Kaiser ».
Tout se déroulait plutôt bien, en ce sens que les poissons ne
présentaient pas de trace de coup malgré de nombreuses parades
d’intimidation ; chaque mâle s'était approprié la moitié de
l’aquarium, et empêchait les deux femelles et l’autre mâle de circuler
dans son territoire, ce qui laissait aux femelles, comme espace vital,
le plan séparant le territoire des deux mâles... Pas très esthétique,
et peu de chances d’aboutir à une reproduction dans ces conditions. Le
commerçant en question décida donc de déménager les poissons dans un
autre aquarium, et immédiatement l’un des mâles massacra les trois
autres spécimens. Fin de l’expérience...
Ce bac,
fortement éclairé, était de plus chargé d'un décor rocheux plus que
conséquent (400 kg de pierres meulières criblées de trous de toute
taille, formant plusieurs éboulis distincts). La filtration était
importante, avec une filtration principale sur filtre sec-humide
annexe équipé d'une pompe à bassin de 7000 litres/heure, deux turbines
à vagues Tunze de 4000 litres/ heure tournant en alternance et créant
de forts courants dans certaines zones du bac, et deux pompes de
brassage supplémentaires de 3000 litres/heure, l'une vers la surface
et l'autre vers le fond. La température de l'eau était fixée à 25 °C,
des « sels Tanganyika » rajoutés maintenaient le pH à 8,1-8,3.
Plusieurs tuyaux de PVC de diamètres différents étaient placés près de
la surface dans les coins de l'aquarium, pour servir d'abri à
d'éventuels poissons dominés.
La situation était un peu plus
critique pour les Petrochromis sp. « Moshi
yellow ».La
femelle semblait décidée à massacrer le jeune mâle, qui dut se résoudre
à se réfugier dans un tuyau de PVC (juste à sa taille) situé dans un
coin supérieur de l'aquarium, et que la femelle surveillait
étroitement, ce qui se traduisait par une reconduite rapide dans le
tuyau même lors des périodes de nourrissage. La femelle « Moshi yellow
» s'amusait de même de temps à autre à poursuivre les autres
Petrochromis, et même parfois les Tropheus, sur toute la
surface de l'aquarium, mais sans causer de dégâts.
Petrochromis famula (Tembwe).
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Petrochromis macrognathus.
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Et les « Moshi yellow » me direz-vous ? Et bien ! Le petit mâle ne grossissait pas, terrorisé qu'il était par la femelle qui, elle, poussait de plus en plus, et embêtait aussi de plus en plus les autres poissons du bac… Il fallut donc isoler la femelle pour permettre au mâle de se retaper, ce qui fut fait en la capturant pendant son sommeil. Elle alla rejoindre une cuve de M'bunas, qu'elle terrorisa aussi, mais sans entraîner de conséquences fâcheuses sur leur santé. Le mâle, tout content de cette amélioration de son sort, se mit à sortir un peu plus (assez souvent poursuivi par les « Ikola », qui avaient bien constaté qu'il était hiérarchiquement le dernier du bac), et il se mit à son tour à grossir.
Petrochromis famula.
Quelques mois plus tard, alors qu'il était presque arrivé à la taille
de la femelle, je décidai de les remettre face à face, en espérant que
les choses se passent mieux. Et bien non : aussitôt les deux poissons
en présence, ils se sont mis à se battre de façon très agressive, avec
très vite prises de bouche sanguinolentes et arrachement de larges
plaques de téguments, qui devaient me contraindre à les séparer
quelques instants plus tard. Il ne fut d'ailleurs pas très difficile
de les capturer : ils étaient tellement occupés à s'entretuer qu'ils
ne firent pas du tout attention à l'épuisette. Je les mis à cicatriser
dans deux bacs différents et, une fois guéris, les rapportai au
commerçant en lui conseillant de ne les vendre qu'individuellement ou
alors en groupe nombreux. Fin de l'expérience « Moshi yellow ». |

Petrochromis sp. "red".
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Conclusion: Si les conditions de maintenance, et en particulier les décors, sont bien pensés, je suis persuadé que ces animaux ne sont pas plus difficiles à maintenir que des Tropheus, des Limnotilapia ou des Simochromis (qui sont aussi des poissons agressifs et intéressants, mais ceci est une autre histoire…).
Petrochromis orthognathus. |
Documents: Robert Allgayer - Jérôme Thierry - Eric Genevelle - Julien Ruiz (saulosi84) - African diving - Joffrey Daon
"DESTINATION TANGANYIKA !"/Jérôme THIERRY - Estelle & Benoît/septembre 2001-2004.