Cet article est différent de celui paru dans L'an cichlidé Vol. 9

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Introduction : ![]() Comment nous avons découvert cette espèce, petit historique.
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| Description/dichromisatisme : Cette espèce est en tout point remarquable, cela commence par une nageoire dorsale interminable, dont chaque rayon dur est terminé en pointe acérée, un dos « terre de Sienne » lors des phases d’excitation, des barres obliques d’un bleu nacré tranchant sur se fond sombre, une caudale en forme de palette oblongue, des pelviennes terminées en filaments démesurés, voilà à quoi ressemble cette merveille esthétique. Une bouche immense comme un godet d’excavatrice, permettant de pelleter le substrat et de garder de bonnes flopées de larves… Nous avons affaire à un incubateur buccal bi-parental. Comme il faut des exceptions… une marque distinctive nous permet de différencier les deux sexes, en effet la femelle a le premier rayon dur de sa nageoire dorsale pigmenté de noir, les deux suivants le sont aussi plus ou moins.
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| La maintenance : Ce cichlidé n’est pas des plus calme, et il faut noter son agressivité, aussi bien intra-spécifique, que inter-spécifique. Peu de poissons sont aptes à résister à la charge coordonnée d’un couple sur son territoire, il faut donc bien penser la cohabitation. Mais avant tout, c’est l’aménagement de l’aquarium qui devra avoir la priorité.
![]() Triglachromis otostigma, dans le milieu naturel creuse des galeries dans les sédiments compactés et le fond devient « une garenne » avec ses « terriers »… Comment savoir la densité de ces « terriers », un couple occupe quel espace par rapport à son voisin etc. Que d’interrogations qui doivent naturellement trouver réponse en les observant dans le lac.
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| La reproduction de Triglachromis otostigma : Une espèce mythique, voilà un terme approprié pour ce cichlidé, en effet durant plusieurs années nous avons pu être les spectateurs des déboires de certains avec cette espèce. Quand je dis mythique, je pense à notre passion, un de ses buts est aussi de pérenniser une souche, donc d’avoir des reproductions que nous pourrons diffuser lors des réunions et bourses, de l’AFC bien sûr. Il existe donc quelques espèces dont la reproduction s’est avérée hypothétique j’en veux pour preuve Neolamprologus sexfasciatus, le bleu de Zambie dont une part de la biologie nous échappe tellement que personne n’a encore trouver le(s) paramètre(s) manquant(s) pour obtenir ne serait-ce qu’une ponte (aux dernières nouvelles…). Citons aussi Benthochromis tricoti qui n’est pas des plus simple. Apparemment Haplotaxodon spp. est dans le même cas, et obtenir des reproductions de ces espèces est devenu, au fil du temps, un mythe. Sans trop savoir où aller, nous les avons donc installés comme expliqué plus haut, et l’attente commença… Chaque jour amenant un peu plus de suspicion, la confiance d’étiolant petit à petit, regarder ce bac "stérile" devenant, au fur et à mesure, une torture quotidienne, une flagellation morbide, un sacrifice offert au panthéon de la cichlidophilie… Houlà nous nous égarons ! Bref, mis à part quelques parades, quelques courses poursuite après le mâle célibataire, rien de bien d’intéressant ne se passait dans ces 1.50 cm de façade. Mais un jour…...Après une absence de trois jours, j’entrais dans le locarium, pour faire une petite tournée de nourriture, après ces trois jours de jeun forcé. Passant d’un bac à l’autre je regardais, plus ou moins machinalement, si tous se portaient bien… Je distribuais aussi aux Triglachromis, et là au moment où mes yeux allaient quitter la vitre, mon œil fut irrésistiblement attiré par une "erreur", en une fraction de seconde ma tête retourna vers le poisson qui trônait en plein centre du bac ! Et là ! Que vis-je ! La gorge gonflée du mâle en incubation ! Je poussais un cri (iiiiiiiiiii !!!!!!!!!), eu une extrasystole ! Frôlais la tachycardie ! Pour finir par exulter de bonheur !
Je courrais jusqu’à l’appareil photo et fit une série de clichés dont voici le premier ! ![]() Un vrai bonheur, et comme le bonheur ne vaut vraiment que s’il est partagé, je postais immédiatement, voir "Triglachromis sur Cichlidsforum" une série de photos. La seule chose que je connaissais sur leur reproduction, c’était qu’ils étaient incubateurs buccaux bi-parentaux, ovophiles cela vas de soi. Il fallu donc commencer à observer, comment se passait cette période de leur vie, nous allons de ce pas, vous conter la partie la plus intime de la vie de Triglachromis otostigma.
![]() Cette position parait logique afin de faire affluer les petit œufs, dont la taille est d’environ 2.5 mm de long, vers l’ouverture de la bouche et pour faciliter le transfert de l’un à l’autre. De manière plus ou moins harmonieuse, ils se repassent ainsi leur progéniture, parfois toutes les 5 minutes, parfois après plusieurs heures, cela a été jusqu’à trois jours maximum. ![]() Le développement des oeufs est assez rapide, et les larves sont observables dès trois jours après la ponte. ![]()
Le lendemain les yeux sont déjà très visibles, la croissance est donc assez rapide.
Après 8 jours ils sont déjà bien formés et les parents continuent la garde rapprochée, et se les partagent pour la nuit, conservant chacun une part plus ou moins égale dans leur cavité buccale.
Par contre à l’âge de huit mois, il est clair que les femelles arborent déjà leurs rayons noirs dans la dorsale.
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Cliché réalisé dans le milieu
naturel par Evert van Ammelrooy
Conclusion :Triglachromis avec sa tête de "boxeur" est donc un sacré caractère, relativement peu sociable dès qu’une ponte est en vue, mais pouvant ne pas tenter de pérenniser si il n’est pas au calme. Il semble improbable qu’il mène à bien une incubation si il est maintenu avec d’autres espèces, ou d’autre congénères. Voir si deux couples peuvent cohabiter dans un volume plus conséquent que 450 l.
![]() La singularité de cette espèce en fait un hôte de choix pour un passionné des cichlidés du Tanganyika, si vous avez un bac de libre je vous le conseille. |
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Destination Tanganyika../Benoît Jonas/2001-2010.