Expériences Tropheus …

Tropheus sp. Kachese.

Tropheus sp. red de Kachese.

    
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      Genre singulier s’il en est, sa diversité le conjugue au pluriel, Tropheus nous éblouit, Tropheus nous parle, Tropheus est aimé ou haï, Tropheus est gris ou multicolore, sans Tropheus point de Tanganyika diront certains…. D’aucuns vous diront aussi qu’il n’est qu’une grosse vache, d’autres que son comportement de brouteur est une source inépuisable d’émerveillements. La peur aussi (une sale réputation de tueur le précède), ou la fascination :
Observer un groupe hiérarchiquement posé, les interactions, les conflits, les inimitiés, et les alliances… Tout cela est magique!
Le genre Tropheus regroupe actuellement 6 espèces décrites, et compte environ 130 populations connues, marquées et différentes les unes des autres, généralement. Tout ceci peuplant les ~2500 Km de côte de manière plutôt hétérogène et en fonction des zones rocheuses. La sténotopie* des Tropheus étant bien connue, elle limite les « migrations » entre deux bandes rocheuses séparées par une plage de sable ou par l’estuaire d’une rivière. Ils se trouvent donc là où la montée du niveau d’eau du lac les a déposés il y a plusieurs milliers d’années.
Ce genre est ancré depuis longtemps dans l’incubation buccale, et la taille des ovules est un signe tangible de cette évolution. Chez T. brichardi, leur taille atteint les 4,6 mm et sont au nombre de 15/20 maximum, pour comparer, ceux de Gnathochromis permaxillaris font 2 mm et sont au nombre de 150/200… Quelques millénaires d’évolution dans cette direction les séparent.

Ponte de Tropheus sp. ilangi.

Ponte de Tropheus moorii ilangi.

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Voici donc le genre Tropheus, raconté par ceux qui l’aiment et le maintiennent ou qui ont maintenu de ses populations et variétés géographiques.
Avec plus ou moins de déboires, ils vous décriront ce qu’ils ont fait, vu, réussi ou raté avec Tropheus spp.
Si on désire faire et réussir la maintenance en aquarium de ce genre quelques petites choses sont à savoir…
Il faut savoir si on cherche à avoir des spécimens dans un volume d’eau adéquat pour avoir des poissons au comportement « normal », proche du naturel (ou tendant vers) avec quelques pontes et jeunes arrivant à l’âge adulte, dans un bac commun de relativement grand volume.
Une maintenance en couple ou trio étant également possible…
Ou bien maintenir un fort groupe dans un volume d’eau plus restreint, des femelles en incubation cachées dans des tuyaux, pots, briques, que l’on fait cracher au bout de vingt/vingt cinq jours pour faire grandir tous les jeunes jusqu’à la vente.
C’est une question de choix, chaque école ayant ses adeptes.

Je ne peux m’empêcher de vous recommander un livre,
il est édité par AqualOG
Verlag A.C.S, Gmbh,
(reference fish in the world)
Auteur: Peter Schupke
ISBN: 3-936027-38-2
African Cichlids II
Tanganyika I
TROPHEUS
Vers la couverture de l’AQUALOG.
Ce pavé de 190 pages, 311 photographies, 266 dessins, et une grande carte des populations, recense toutes  les espèces et surtout variétés et même les variantes de ces variétés de manière précise. Même s’il est  en anglais (encore), il mérite largement d’être présent dans la bibliothèque du cichlidophile.
Cette publication ayant choisi de considérer chaque variété comme sp.,
il convient donc d’employer ce terme pour chaque « sous-espèce »
(je plaisante… Quoique…).

La revue de l’AFC (Association France Cichlid http://www.francecichlid.com) est un support qui a droit à ses articles et fiches techniques sur ce genre depuis plus de 25 années maintenant.
Ce chapitre en sera, dans sa majeure partie, extrait et permettra donc d’en savoir un peu plus grâce à ses adhérents/acteurs/auteurs qui ont eu la courtoisie de me laisser leur prose pour enrichir « Destination Tanganyika  ! »…
Laurent Bourdelas nous ayant déjà gratifié de sa « Saga Tropheus… », laissons une place aux autres.
S’il s’était agit d’un chapitre consacré aux « brouteurs en général » place aurait été faite aux « cousins » Petrochromis, et autres « gobies », Pseudosimochromis, Simochromis, Interochromis, mais ce n’est pas le cas, laissons les de côté pour le moment…
Bien sûr ce chapitre, comme d’autres sur le site, sera susceptible d’évolution dans le temps en fonction de nouvelles données.

Il apparaît également évident qu’aucun de ces articles ou aucune de ces fiches techniques ne se veulent des règles à suivre, avec les Tropheus, comme toutes autres espèces de cichlidés il n’y a rien « d’écrit » à l’avance.
Il s’agit simplement d’expériences partagées par leurs auteurs,
aux lecteurs d’en extraire la substantifique moelle…

Tropheus polli –  annectens

Tropheus brichardi
Tropheus duboisi

Tropheus moorii

Tropheus sp. « black »

Tropheus sp. « Ikola »
Tropheus sp. « Mpimbwe »
Tropheus sp. « red »
La saga Tropheus !
Page Tropheus

Démystifier les Tropheus

Venez poser vos questions sur ce genre sur le forum.

Moule à gâteaux (Tropheus).

Un grand merci aux auteurs: Patrick Tawil, René Martinez, Jean Pierre Hacard, Alain Gilles…

À Robert Allgayer pour sa documentation inépuisable. À Loïc Kornprobst qui fait de superbes photos !

Cet article a été lu [post_view] fois. Merci !

De l’étymologie des noms des cichlidés (cichlidae) du lac Tanganyika

Ainsi que leurs noms Africains.
-Article de 2002-

 

Karl von Linné | Karolus von Linneaus.Karl von Linné | Karolus von Linneaus.
Les noms des êtres vivants sont, généralement, une description qualitative de l’animal, du végétal décrit. Mis en oeuvre par Karl von Linnaeus (Linné ) — (1707-1778) —

«plus que sa classification des plantes, c’est sa description d’espèces et sa nomenclature dite « binomiale » appliquée aux deux règnes qui lui on valu sa célébrité.», le binôme descriptif est écrit en langue latine, et parfois grecque latinisée (alphabet).

Le chapitre qui s’ouvre permettra à chacun de savoir et comprendre ce que veut dire le nom de son/ses poisson(s) favori(s).

D’après Robert Allgayer (AFC : 0002/67).

Pour commencer :

~Les Cichlidae: de cyclas = sorte de robe traînante et arrondie par le bas.
A. calvus et compressiceps.A. calvus et compressiceps.Altolamprologus : -de altus = haut, élevé et lampas = splendeur, éclat. ―― compressi/ceps: -de comprimo = comprimer, serrer, presser/et caput = tête. ―― calvus: -de calveo = chauve. L’écaillage du calvus ne se prolongeant pas sur le sommet du crâne.

~Asprotilapia leptura :de Aspro (Apron, « Asprotilapia ».Apron, "Asprotilapia".◄Percidae européen) et Tilapia genre actuel de la famille ; g ; fém.

lepturus  = avec une nageoire caudale élancée ; Sub. inv (ce n’est pas un adj.)

Astatoreochromis = de hastatus (épineux) et Oreochromis genre actuel de la famille ; g. mas

straeleni = dédicatoire au Prof. V. Van Straelen, Directeur du Musée royale d’Histoire naturelle (Tervuren, Belgique). …( de 1926 à 1954 ), tout en poursuivant les explorations en Belgique, développe les recherches outre-mer: exploration méthodique de l’Afrique centrale et expéditions océanographiques. Les Parcs nationaux du Congo, véritables laboratoires en plein air….

vanderhorsti = Vanderhorst ecclésiastique (méthodiste) de l’église africaine.

#########

Astatotilapia = de hastatus (épineux) et Tilapia genre actuel de la famille ; g. fém.

#########◄- burtoni = pour la baie de Burton qui elle avait été dédié à Sir R. Burton. inv.

paludinosa = qui vit dans le marais ; adj.  ►#########

stappersi = dédicatoire au Dr. L. Stappers

~Aulonocranus dewindti = de aulon, (roseau, canal) et kranion (tête, casque) ; g ; masc.

dewindti = dédicatoire à M. De Windt, géologue de l’expédition Lemaire ; inv.

~Baileychromis centropomoides =  en l’honneur de M. Bailey, ichtyologue américain et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

centropomoides = similaire (par la forme) à la famille des Centropomidae (Lates, Centropomus) ; adj.

~Bathybates  = de bathys (profond) et en l’honneur du H. W.  Bates ; g. masc.

fasciatus = rayé ; adj.

ferox = sauvage, indomptable ; adj.

graueri = dédicatoire à M. Grauer ; inv.#########
hornii = dédicatoire à M. Horne ; inv.

leo = comme le lion  ; Sub. inv. (en référence aux dents du poisson)►

minor  = petit (que les autres espèces du genre) adj.

~Benthochromis tricoti = benthos (benthique, en profondeur, le fond) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

melanoides  = similaire au noir ; Sub. inv

tricoti = dédicatoire à M. Tricot, Directeur général  de la Compagnie des  Chemins de fer des Grands lacs (Alberville). Inv.

#########~Boulengerochromis microlepis = en l’honneur au Dr. G. A. Boulenger, ichtyologue belge et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

microlepis = avec de petites écailles ; Sub. inv.  

#########~Callochromis pleurospilus melanostigma macrops = de callum (peau dure, callosité, en relation avec les lèvres de ce fouilleur) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

macrops = avec de grands yeux ; Sub. inv.

#########  – melanostigma =  avec des taches noires ; Sub. inv.

pleurospilus = avec une/des tache(s) sur le côté (flanc) ; Sub. inv.►#########

stappersii = dédicatoire au Dr. L. Stappers

#########~Cardiopharynx :

(La traduction littérale et originelle du nom pourrait se rapporter à cardiacus = estomac, et signifierait donc : estomac dans la gorge (!?) . mais l’évolution du latin amène une autre traduction qui est donc = cœur; ainsi la signification du nom est : cœur dans la gorge…)

Cette description est en relation avec la forme caractéristique de l’os pharyngien qui est en forme de coeur.

schoutedeni = dédicatoire au Dr. H. Schouteden, Directeur du Musée du Congo ; inv.

#########~Chalinochromis / bifrenatus / popelini / brichardi = chalinos (rêne, bride, relatif au masque de l’espèce) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

brichardi = dédicatoire à P. Brichard récolteur et exportateur bien connu ; inv.

popelini  = dédicatoire à Emile Popelin, explorateur belge mort sur les rives du Tanganyika en 1881.

#########~Ctenochromis horei = de ktenos (peigne) écailles cténoïdes et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

benthycola = habitant du fond ;  Sub. inv.

horei = dédicatoire à M. Hore (Tanganyika, 1877-1888).

~Cunningtonia longiventralis = en l’honneur du Dr. W. A.  Cunnington, expédition au lac Tanganyika (1904-1905) ; inv.

longiventralis  = avec de longues nag. ventrales ; Sub. inv.

#########~Cyathopharynx = de zyathos (gobelet) et pharynx ; et à pharyngien inf. en forme de gobelet ; g. masc.

foai = dédicatoire à M. Foa, récolteur de l’espèce ; inv.

furcifer = portant une fourche (nag. caudale) ; adj

~Cyphotilapia = de kyphos (bosse) et Tilapia genre actuel de la famille ; g. fém

frontosa = front bossu

~Cyprichromis = de Cyprinidé et Chromis ancien genre de la famille ; qui ressemble à un Cyprinidé g. masc

lepto/soma = à corps élancé ; Sub. inv.

microlepidotus = à petites écailles ; adj.

pavo = paon ; Sub. inv.

~Ectodus descampsi = de ektos (sortant) et odous (dents) ; g. masc.

descampsi = dédicatoire au Capitaine Descamp ; inv

#########~Enantiopus melanogenys = de enantios (inversé, échangé) et pous (pied) aux rayons inversés, postérieurement plus longs sur la nag. ventrale g. masc.;

melanogenys  = à menton noir ; Sub. inv

Eretmodus.Eretmodus.~Eretmodus cyanostictus = de eretmon (gouvernail) et odous (dents) à dents élargies sur le pharyngien inf. g. masc.

cyanos/tictus = tacheté de bleu ; adj. 

~Gnathochromis permaxillaris = de gnathos (mâchoire) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.#########
permaxillaris = à l’aide d’une particularité de la mâchoire ; adj.►

pfefferi = dédicatoire au Dr. G. Pfeffer, Ichtyologue allemand : inv.

~Grammatotria lemairi = de grammatus (ligné) et tria (triplement) ; avec trois lignes latérales ; g. fém.

lemairii  = dédicatoire au Capitaine Lemaire de l’expédition au lac Tanganyika en 1898 ;

~Greenwoodochromis bellcrossi / christyi = en l’honneur du Dr. P. H. Greenwood, ichtyologue anglais ; g. masc.

bellcrossi  = dédicatoire à M; G. Bell-Cross (Ichtyologue Anglais, sous-directeur du Musée de Londres).

christyi = dédicatoire au Dr. C. Christy  récolteur de la « Collection Christy) du BMNH ; inv

scales Haplotaxodon. Haplotaxodon.~Haplotaxodon = de haploos (simple) et odous (dents) g. masc.

-microlepis = avec de petites écailles ; Sub. inv. ►

trifasciatus = à trois rayures ; adj.

~Hemibates = hemi (demi) et en l’honneur du Dr. H. W.  Bates ; g. masc.

stenosoma = avec un petit corps étroit ; Sub. inv

~Interochromis = (broyer dans, délayer dans) = intero (entre) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

loocki = dédicatoire au M. E. Van Loock, directeur de la Compagnie des Chemins de fer des Grands lacs (Albertville) ; inv.

~Julidochromis  = de Julis (Coris julis ; labridae) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

dickfeldi  = dédicatoire à M. Alf Dickfeld, propriétaire d’une agence de voyages Allemande; inv.

marlieri  = dédicatoire au Dr. Marlier, ancien Directeur de l’ IRSAC d’Uvira ; inv

ornatus = jolie ; adj.

regani  = dédicatoire  au Dr. C. T. Regan, ichtyologue anglais.

transcriptus = avec une écriture sur le corps ; adj. (relatif aux dessins de la livrée)

~«Lamprologus» = de lampros (brillant) et logos (parler) ;  g. masc.

finalimus = (pas encore trouvé)

laparogramma =  à nombreuses lignes sur le flanc. Sub. Inv.

~Lepidiolamprologus = de lepidos (écaille) et Lamprologus genre actuel, fluviatile, de la famille. g ; masc.

attenuatus = terne ; adj.

boulengeri = dédicatoire au Dr. G. A. Boulenger, (biologiste, ichthyologue belge).

cunningtoni = dédicatoire au Dr. W. A. Cunnington, expédition au lac Tanganyika (1904-1905) ; inv.

elongatus = élancé, étiré ; adj.

Nkamba bay- hecqui  = dédicatoire au Lieutenant Hecq, récolteur du type.

nkambae  = de Nkamba (Sub. au génitif sing.) ►Nkamba bay

kendalli = dédicatoire au Dr. R. Kendall, collecteur de l’espèce.

lemairii = dédicatoire au Capitaine Lemaire de l’expédition au lac Tanganyika en 1898 ; inv.

meeli = dédicatoire à M. L. Van Meel, botaniste de l’expédition 1946-1947. inv.

pleuromaculatus = tacheté sur le flanc ; adj.

profundicola  = habitant (ou aime) la/des profondeurs ; subs. inv.

~Lestradea = en l’honneur de M. A Lestrade récolteur d’une grande collection de Cichlidés du Tanganyika ; g ; fém.

perspicax = raisonnable ; adj.

~Limnochromis auritus = de limne (marais) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

abeelei = dédicatoire à M. M. Van den Abeele, Administrateur général des Colonies (belges). Inv .

auritus = à longue oreille (opercule) ; adj. ►#########

staneri = dédicatoire à M. M. P. Staner, directeur administrateur au Ministère des colonies.

~Limnotilapia dardenni = de limne (marais) et Tilapia genre actuel de la famille ; g. fém.

dardenni = dédicatoire à M. Dardenne, dessinateur de l’expédition du Lt. Lemaire ; inv.

#########~Lobochilotes  = de lobos (chiffon) et cheilos (lèvre) ; g. masc.

labiatus = à forte(s) lèvre (s) ; adj. ►

Microdontochromis.Microdontochromis.~Microdontochromis  = de mikro (petit), odous (dents) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

rotundiventralis = à nag. ventrales rondes ; Sub. inv.

tenuidentatus = à dents ténues ; adj.

~Neolamprologus = neo =  nouveau et voir Lamprologus

boulengeri  = dédicatoire au Dr. G. A. Boulenger, ichtyologue belge ; inv.

brevis = court ; adj.

brichardi = dédicatoire à P. Brichard récolteur et exportateur bien connu ; inv.

bifasciatus = à double rayure ; adj.

buescheri = dédicatoire à M. H. Büscher, spécialiste du Tanganyika. inv.

–  callipterus = avec une/des belle(s) nageoire(s) ;  Sub. inv.

calliurus = avec une belle nag. caudale ; Sub. inv.

caudopunctatus = avec une queue (nageoire) tachetée ; adj.

christyi = dédicatoire au Dr. C. Christy  récolteur de la « Collection Christy) du BMNH ; inv

crassus = gros, ventru ; adj.

cylindricus = cylindrique (le corps) ; adj.

fasciatus  = rayé ; adj.

falcicula = en demi-lune (la nag. caudale) ; Sub. inv.

furcifer  = portant une fourche (nag. caudale) ; adj.

gracilis = gracile, élancé ; adj.

hecqui  = dédicatoire au Lieutenant Hecq.

#########helianthus = de helios (soleil) et anthos (fleur) ; Sub. inv.►

#########◄- kungweensis = du Cap Kungwe (côte Est du lac)

leleupi = dédicatoire à M. N. Leleup, biologiste à l’IRSAC à Uvira ; inv.

leloupi = dédicatoire à M. E. Leloup, chef de mission de l’expédition 1946-1947 ; inv

longicaudatus  = à longue nag. caudale ; sub. inv.

longior = plus long (que d’autres espèces) ; adj.

marunguensis = des Mts Marungu (les plateaux des Marungu appartiennent également à l’ensemble Kibarien-Burundien); inv.

meeli = dédicatoire à M. L. Van Meel, botaniste de l’expédition 1946-1947. inv

stappersi = dédicatoire au Dr. L. Stappers (Ichtyologue)

meleagris = tacheté de blanc à couleur miel ; adj.

modestus = modeste, (au niveau de la couleur) ; adj.

mondabu = nom vernaculaire local ; Sub. inv

#########multifasciatus = à rayures (barres) multiples ; adj.

◄ – mustax = avec une moustache ; Sub. inv.

niger = noir ; adj.

nigriventris = à ventre noir ; adj.

obscurus = sombre ; adj.

ocellatus = avec une tache en forme d’ocelle, adj.

olivaceus = couleur olive ; adj.

ornatipinnis = avec de belles nag. adj.

pectoralis = avec une particularité à la nag. pectorale ; adj

petricola = habitant des rochers (aimant le substrat rocheux); Sub. inv.

pleuromaculatus  = avec des taches sur le flanc ; adj.

prochilus = avec de grosses lèvres proéminentes ; Sub. inv.

pulcher = jolie ; adj.

savoryi = dédicace à M. Savory,  Gouverneur du district de Kigoma. ; inv.

schreyeni = dédicatoire à M. Schreyen, neveu et collaborateur de P. Brichard. Inv.

sexfasciatus = avec six rayures (barres) ; adj.

signatus = marqué (tache ou dessin) ; adj.

similis = similaire (à une autre espèce) ; adj.

speciosus = jolie, précieux ; adj.

splendens = brillant, splendide ; adj.

tetracanthus = avec 4 épines ; Sub. inv.

toae = Toa ;  région sur le littorale congolais du lac Tanganyika (Gén. sing. ) inv.

tretocephalus  = à tête poreuse (pores céphaliques) ; Sub. inv.

variostigma = à stigmate (dessin)  variable ; Sub. Inv.

ventralis = avec une particularité à la nag. ventrale ; adj

-Ophthalmotilapia = de ophthalmos (œil qu’il a grand) et Tilapia – nom vernaculaire – genre actuel de la famille ; g. fém.

boops = bovin (avec des yeux de bovin) sub. inv.

heterodonta  = à denture heterogène ; adj.

#########◄- nasuta = avec un nez (en relation avec l’excroissance adipeuse du museau de ce poisson); adj.

ventralis = se rapportant aux ventrales – qu’il a longue –; adj.

-Oreochromis = de oros (montagne) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

#########tanganicae = du lac Tanganyika – espèce endémique du lac – (génitif sing.) sub. inv

-Paracyprichromis = de para (allié) et Cyprichromis (voir plus haut) ; g. masc.

brieni = dédicatoire au Pr. P. Brien ; inv.

nigri/pinnis =  de nigra (noir) et pinnis (nageoire) ; adj

-Perissodus = de perissos (extraordinaire) et odous (dents) – les dents de ce mangeur d’écailles ont certainement surpris le descripteur – ; g. masc.

eccentricus = asymétrique (pour les dents) ; adj.

microlepis = à petites écailles ; sub. inv.

-Petrochromis = de petra (rocher) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

ephippium = avec un dessin en forme de selle ; sub. inv.

famula = esclave, domestique ; sub. inv.

fasciolatus = à petite rayure ; adj.

macrognathus = à grand menton ; sub. inv.

orthognathus = à menton droit ; sub. inv.

polyodon = avec beaucoup de dents ; sub. inv.

trewavasae = dédicatoire à Miss Dr. Ethelwinn Trewavas, ichtyologue anglaise.

-Plecodus = de pleco (forger, fixer) et odous (dents) se fixer avec les dents (aux écailles) ; g. masc.

elaviae = dédicatoire au Capitaine Elavia, Commandant du « Baron Dhanis » sur le lac Tanganyika ; inv

multidentatus =  à dents multiples ; adj.

paradoxus = paradoxal ; adj.

straeleni = dédicatoire au Pr. V. Van Straelen, Directeur du Musée royal d’Histoire naturelle (Belgique) ; inv.

-Pseudosimochromis = de pseudo = faux et Simochromis (voir plus bas) ; g. masc.

curvifrons = avec un front arrondi ; sub. inv

-Reganochromis = en l’honneur du Dr. C. T. Regan, ichtyologue anglais et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

calliurus = avec une jolie queue (nag. caudale) sub. inv

-Simochromis = de simus (à nez plat) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

babaulti = dédicatoire à M. G. Babault, correspondant du MNHN de Paris (Enthomologiste); inv.

diagramma = avec une ligne continu ; sub. inv.

loocki = dédicatoire à M. E Van Loock, Directeur de la Compagniue des chemins de fer des Grands Lacs ; inv.

margaretae = dédicatoire à Margareth M. Smith, Directrice du J.L.B. Smith Institute of Ichthyologie (Afrique du sud) ; inv.

marginatus = bordé, marginé ; adj.

pleurospilus = avec des taches (sur les flancs) ; sub. inv.

-Spathodus = de spatha (épée)  et odous (dents) dents en forme d’épée ; g. masc.

#########◄- erythrodon = avec des dents rouges ; sub. inv.

marlieri = dédication au Dr. Marlier, ancien Directeur de l’ IRSAC d’Uvira (enthomologiste); inv

#########-Tangachromis = originaire du Tanganyika et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

dhanisi = dédicatoire au bateau « Baron Dhanis » de la Compagnie des Chemins de fer ; inv.

-Tanganicodus = « le tanganyikéen » g. masc.

irsacae = dédicatoire à l’Institut de Recherche Scientifique en Afrique Centrale (acronyme féminisé) ; inv.

-Telmatochromis = de telma (marais) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

bifrenatus = avec une double rayure en forme de rêne ; adj.

brichardi = dédicatoire à M. P. Brichard récolteur et exportateur bien connu ; inv.

burgeoni = M. L. Burgeon , chef de la section de Zoologie du Musée du Congo belge (enthomologiste*); inv

dhonti = dédicatoire à M. Dhont-De Bie (collecteur des types de l’espèce) qui accompagnait le Dr. Stappers (étude du cycle de la limnocnida tanganicae)en expédition ;inv

temporalis = avec une particularité au temporal (os); adj.

vittatus = avec des bandes ; adj.

~Telotremato/cara = de teleos (entièrement), et Trematocara, genre actuel de la famille ; g. fém.

macrostoma  = avec une grande gueule ; adj.

~Trematocara = de trema (interruption) et kara (tête) ; interruption des canaux céphaliques ; g. fém.

caparti = dédicatoire M. A. Capart, océanographe de l’expédition 1946-1947 ; inv.

kufferathi = dédicatoire M. J. Kufferath, chimiste de l’expédition 1946-1947 ; inv.

nigrifrons = à front noir ; Sub. inv.

stigmaticus =  le tacheté ; Sub. inv.

unimaculata = à tache unique ; adj.

variabile = variable ; adj.

zebra = zébré (en référence à la robe rayée) ; Sub. inv.

~Trematochromis = de trema (interruption); interruption des canaux céphaliques et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc

schreyeni = dédicatoire à M. Schreyen, neveu et collaborateur de P. Brichard. Inv.

~Triglachromis = de Trigla (Triglidae, grondin) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc

otostigma = avec une tache sur l’oreille (opercule) ; Sub. inv

~Tropheus = de trophos (se nourrir) par allusion à la prise en bouche des œufs ; g. masc

annectens = annexé (entre deux espèces ou genres) ; adj

brichardi = dédicatoire à M. P. Brichard, récolteur et exportateur bien connu. ; inv.

duboisi = dédicatoire à M. J. Dubois, collaborateur du Dr. Marlier ; inv.

#########◄ – kasabae = pour la Kasaba Bay au Gén. sing. ; inv.

–  polli = dédicatoire au Pr. M. Poll, ichtyologue belge.

~Tylochromis = de tylos ( enflé) avec un dos élévé (enflé) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc

polylepis = avec beaucoup d’écailles ; Sub. inv

~Variabilichromis = de variabilis (variable ) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc

moorii = dédicatoire à J. E. S. Moore expédition sur le lac Tanganyika en 1895-1896. inv.

~Xenochromis = de xenos (étranger ) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc

hecqui  =  dédicatoire au Lieutenant Van Hecq.

~Xenotilapia = de xenos (étranger ) et Tilapia ancien genre de la famille ; g. fém

bathyphilus = amis des eaux profondes ; Sub. inv.

burtoni = dédicatoire à Sir R. Burton (explorateur anglais qui découvrit les sources du Nil avec J. Speke).

caudifasciata = avec un nag . caudale rayée ; adj.

flavipinnis = à nag. jaunes ; adj.

longispinis  = à longues épines ; adj.

nigrolabiata = à levre noire ; adj.

ochrogenys = à menton jaunâtre ; Sub. inv.

ornatipinnis = à belles nageoires ; adj.

papilio = papillon ; Sub. inv.

sima = au nez aplati ; adj.

spilopterus = avec des nag. tachetées ; Sub. inv.

nasus = avec un nez : Sub. inv.

L’Afrique
Après les noms latin des cichlidés du Tanganyika, la visite continue avec leurs appellations données (noms vernaculaires) par les différentes ethnies vivant autours et non loin du lac (Babembe, Swahili …).

Astatotilapia burtoni :   Vitondo, Kitchetche.

-Aulonocranus dewindti :   Kabunda.

-Bathybates ferox :   Mubanga, plur. Mibanga, Lembela.

–Bathybates fasciatus :   Mulunde, Mubanga.

-Bathybates minor :   Matobe.

-Boulengerochromis microlepis :   Kue, Nkuhe.

-Callochromis macrops : Mankonko, Mangkuko, Linkoko, Kikulikuli, Zewan.

-Callochromis melanostigma : Tumbwi, Malenda.

-Cardiopharynx schoutedeni : Kikurikuri.

-Ctenochromis horei : Songa matete, Songa, Balamateke.

-Cyathopharynx furcifer : Mankonko, Lala, Moto, Musika.

-Cyphotilapia frontosa : Kiambomkomo, Mdudu.

-Enantiopus melanogenys : Musongesonge.

-Grammatotria lemairii : Nungi, Songa.

-haplotaxodon microlepis : Kalilakumkumi, Lukoko.

-Hemibates stenosoma : Luali, Limbeta.

-Lepidiolamprologus elongatus : Kieusi, Soumbagusi ou Sumba, Ndulue, Sieta, Mundukwa, Nika ou Tshongolia.*

-lepidiolamprologus attenuatus : Mbeta.

-Lestradea perspicax : Bweswa.

-Limnotilapia dardenni : Kungula.

-Lobochilotes labiatus : Ndafua.

-Neolamprologus callipterus : Djekessa, Ndafue, Kasungi ou Kasundji.

-Neolamprologus modestus : Kisamba.

-Neolamprologus tetracanthus : Ndulue, Ndurue, Kieusi.

-Ophtalmotilapia ventralis : Linkonko.

-Oreochromis tanganicae : Makoli, Ngege, Ngugwe.

-Perissodus microlepis : Lusungi.

-Petrochromis polyodon : Pende.

-Petrochromis trewavasae : Kamburi.

-Plecodus paradoxus : Lukoko, Mbeta, Kumbalusanga.

-Plecodus straeleni : Karilakumkumi (confondu avec H. microlepis)

-Simochromis diagramma : Kiongo (plur. Viongo), Puma.

-Trematocara marginatum : (noms locaux s’appliquant à divers espèces)

Bweswa, Tununu.

-Xenochromis hecqui : Kamkumunguma.

-Xenotilapia ochrogenys : Bweswa, Mudombi, Mutununu.

Remerciements:
Mes remerciements vont à Robert Allgayer qui a réalisé cette liste des noms des Cichlidés du lac Tanganyika, ainsi qu’a Liliane Moeremans qui m’a aidée pour les noms africains.
N’ayant aucune formation et très peu de connaissances en la matière, je n’aurais pu mener ce chapitre à son terme.

Références:

-M. Poll/exploration hydrobiologique du lac tanganika (1946-1947)Vol. III, fasc. 5 B. / poissons cichlidae / institut royal des sciences naturelles de Belgique / Bruxelles 1956.

-F. Gaffiot/Dictionnaire abrégé LATIN FRANÇAIS/HACHETTE/

43, quai de Grenelle, 75905 Paris cedex 15.

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Neolamprologus pectoralis

…Observations en aquarium rocheux…

 

      Neolamprologus pectoralis à été décrit par Heinz Büscher, en 1991 à partir de spécimens capturés à une quarantaine de kilomètres au sud de Moba, dans le secteur de Lusingu et vers le sud jusque Livua. Heinz avait pût observer pour la première fois l’espèce, le  10/07/1989 à Kasu.

Neolamprologus pectoralis

Sub-adulte

Neolamprologus pectoralis en milieu naturel, à Tembwe

Clichés de Heinz Büscher.

Heinz Büscher

Heinz Büscher

Neolamprologus pectoralis en milieu naturel

Mâle adulte

 

La première exportation de ce poisson a eut lieu le 08/05/1990 au départ de Tembwe.
Zone de collecte de Neolamprologus pectoralis

D’après H. Büscher.

      Il se rencontre dans des profondeurs comprises entre 15 et 55 mètres.

      C’est un Neolamprologus élancé, tel que les Neolamprologus leleupi, schreyeni, cylindricus, longicaudatus, longior, furcifer, timidus, nigriventris, il a la caudale arrondie, la livrée brune à jaune, l’œil est ceint d’une touche de jaune foncé.

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Dans certaines humeurs, deux bandes foncées apparaissent, une en ligne longitudinale et une sous la dorsale, tel que chez les divers « bifrenatus » ou N. longicaudatus ou bifasciatus. Dans d’autres états, ce sont des barres foncées qui apparaissent (surtout chez les mâles), à l’instar de N. cylindricus.

### ←   ###   →
Livrée avec barres
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Livrée avec bandes
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Adulte, le mâle atteint facilement 15/17cm., la femelle dépasse un peu le11/12 cm.

      Comme son nom l’indique, il a la particularité de posséder d’immenses battoirs pour nageoires pectorales. Leur utilité n’est pas connue, pour hypothèse on peut supposer que cela évite de soulever les sédiments lors des déplacements…

 

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Nageoires pectorales

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      Il s’agit d’un cichlidé élégant, mais pourvu d’un fort caractère, peu de poisson peuvent lui résister, les espèces à fortes mâchoires sont à même de lui contester la suprématie. Les Chalinochromis et les grandes espèces de Julidochromis ont cette faculté, leurs mandibules pourvues de dents pointues sont suffisamment dissuasives, pour que monsieur les laisse en paix.

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Prémices de ponte chez Neolamprologus pectoralis.

Maintenance/comportement:

L’espèce est inféodée au substrat rocheux, il faut donc aménager son espace de vie en gardant ce fait à l’esprit. Le mâle est violent, il faut impérativement que la femelle puisse avoir des refuges, où le mâle n’aura pas d’accès possible, des failles et cavités sont aménagées à la taille de la femelle.

Neolamprologus pectoralis femelle

Femelle au nid…

Pour faciliter l’appariement, j’utilise un truc avec les espèces difficiles (agressives et solitaires naturellement), j’acclimate en premier lieu la femelle, je lui laisse le temps d’établir son territoire. Cela peut durer de 3 à 15 jours (dans certaines conditions, la séparation peut durer 3 mois), elle creuse, excave, aménage le biotope à son grés… Quand je considère que tout est prêt, le couple est mis en présence, si les deux spécimens sont dans les conditions adéquates, les parades de reconnaissances ne trompe pas, soit ça passe, soit ça casse. Si la femelle sort juste la tête de son antre, et la secoue vigoureusement de droite et de gauche, que les bouches s’ouvrent face à face, il y a de fortes chances que l’appariement ait lieu et que les humeurs s’accordent.

Couple de Neolamprologus pectoralis en cour de pariade

En vue d’une ponte…

Leur comportement se rapproche donc des N. leleupi, mustax, nigriventris, furcifer etc.

Dans un aquarium adapté à leurs besoins (un minimum de 400/450 litres semble optimal), leur agressivité s’estompe, les relations passent de tempétueuses à houleuses. Le couple se soude en « bouche à bouche » comme nombre de Lamprologini, si ce rituel se passe bien, nous passons aux vibrations de tête latérales, femelle nageoires serrées, mâle venant se frotter, il se déploie, les nageoires et membranes branchiostèges étalées.

### Membranes branchiostèges déployées. ###

Le quotidien de la femelle devient relativement laborieux, et elle va passer pas mal de temps à excaver sous les roches, afin de créer une tanière, parfait réceptacle pour les alevins à venir. Il faut faire en sorte que les édifices rocheux créés, soient d’une assise exemplaire, sous peine d’écrasement de poisson…
De temps en temps sa tête apparaît d’entre les blocs, mais le mâle lui signifie rapidement que sa place, c’est en dessous !

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      Ils peuvent ainsi vivre dans une relative sérénité, le mâle parcourant son territoire, et la femelle cloîtrée au fond de sa grotte… Elle va bientôt pondre…

Reproduction:

      Nous sommes en compagnie d’un pondeur sur substrat caché, à ce niveau là, il ressemble à Neolamprologus christyi, qui aime les cavernes voûtées pour y coller ses oves. N. christyi est assez prolifique, mais N. pectoralis peut être peu fécond. La femelle en question n’a jamais eu plus de 11 jeunes en une ponte, c’est plutôt 1 à 3 de moyenne ! Au club de Vernon, la femelle pondait plus régulièrement des quantités d’œufs se rapprochant de la cinquantaine, tout comme certaines femelles de Julidochromis qui peuvent, selon le spécimen, pondre peu mais souvent ou en grand nombre de façon plus espacée.
Elle colle donc ses oeufs (blanc-crème de 2 mm de longueur) sur le plafond de la caverne qu’elle a aménagée, ceux-ci éclosent au bout de 4/5 jours environ, la nage libre arrive dans la dizaine de jours.

      Les alevins vivent toujours au contact des roches, ils glissent à l’endroit, à l’envers dans les surplombs, ils sont déjà pas mal féroces, et se chamaillent tout de suite. Leur croissance est rapide dans les 6 premiers mois et par la suite elle ralentie relativement.

  ### ←  Alevins de quelques jours   → ###

 

Adultes et alevins de Neolamprologus pectoralis.

     Ce que je fais, c’est d’aménager l’aquarium avec un amas de grosses roches d’un côté, et de roches de petits calibres de l’autre, j’y ajoute aussi des valves de moules du lac, leurs empilements anarchiques créent des labyrinthes où ils sont à l’abri de certaines colères du mâle.
Lorsqu’ils sont assez grands, j’enlève les quelques roches centrales, et pose une plaque de mousse bleue qui cloisonne ainsi le bac, avec d’un côté les parents et tout petits, et de l’autre les plus gros jeunes. Si quelques-uns uns passent au travers, j’attends quelques jours que les petites roches et valves soient re-colonisées par les autres, et je re-pêche.

←  Juvéniles   →

 

      Les juvéniles (dans les premiers temps) ont vraiment une allure de Neolamprologus leleupi et nigriventris, leur couleur jaune d’or pouvant certainement tromper l’œil peu averti, leurs pectorales qui ondulent déjà délicatement, ils sondent les failles à la recherche du moindre aliments, surtout après la distribution de poudre pour alevins.

      Au bout de quelques mois, certains individus se démarquent, ils acquièrent une taille plus imposante que d’autres, nul doute qu’il s’agit de mâles, il va falloir penser à disperser tout ce petit monde car des bagarres mortelles peuvent déjà avoir lieu…

Neolamprologus pectoralis (couple en aquarium).

Neolamprologus pectoralis (couple en aquarium).

Conclusion:

      Nous allons laisser là cette espèce, sa maintenance n’est pas forcément à la portée de tous, et n’est pas à commettre dans n’importe quel volume. Retenons l’esthétique de ses lignes, le velours de sa livrée, ses grandes nageoires pectorales « gantées », et son caractère bien trempé.

Bibliographie:

« Ein neuer Tanganjika-see cichlide aus Zaire » , Neolamprologus pectoralis n.sp. (Cichlidae, Lamprologini) – Heinz Büscher DATZ(1991)

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Neolamprologus multifasciatus

(Boulenger  1906)

(Pisces, cichlidae, lamprologini)

répartition du Neolamprologus multifasciatus.

~Répartition de N. multifasciatus~

~espèce uniquement présente en Zambie~

Expérience aquariophile

Auteur: Benoît

Neolamprologus multifasciatus femelle

Femelle de Chaitika, sauvage

Introduction:

  Le conchylicole type, vivant en en Zambie en colonies nombreuses, optimisant son utilisation des lits de coquilles de Neothauma. Le plus petit cichlidé du monde.

Vie familiale et en colonie.

Description:

multifasciatus = plein de bandes*.

   La taille minuscule de ce cichlidé en fait donc le plus petit, les femelles les plus petites pouvant ne pas dépasser les 2,5 cm ! Les mâles les plus gros peuvent approcher les 5 cm.

   Il leur est dès lors facile de se réfugier dans les coquilles de Neothauma.

Nelamprologus multifasciatus et similis.   Une livrée à bandes plus ou moins régulières, brunes à vert-olive sur fond crème, ces bandes ne sont pas présentes sur la tête comme chez N. similis. Oeil bleuté.

   Les juvéniles et sub-adultes sont reconnaissables à leur livrée unie dans un ton clair, d’où sont absentes les barres caractéristiques de l’espèce. Ce n’est qu’à la maturité que la pigmentation se révèle et que les accouplements deviennent possibles.

   Une particularité des conchylicoles, est que lors de leur capture dans le lac Tanganyika, il n’y a pas à faire de paliers de décompression comme pour toutes les autres espèces, une hypothèse voudrait que le fait que les spécimens récoltés dans leur abri, ne voyant pas ce qui leur arrive, équilibrent naturellement et très rapidement leur vessie natatoire, qui ne se dilate donc pas, ce qui provoque la mort du poisson lors des décompressions ratées.

Neolamprologus multifasciatus

Mâle de Chaitika sauvage

Maintenance:

   Pour voir dans de bonnes conditions une petite colonie de N. multifasciatus, il faut leur donner un aquarium d’un volume minimum de 100 litres, la plus grande surface au sol, une bonne épaisseur de sable fin, et des coquilles sur plusieurs épaisseurs. Le dédale entre ces coquilles est un labyrinthe, véritable « contrée » à l’échelle de ce poisson et de ses petits. Plus il y aura d’épaisseurs, et moins ils auront à creuser sous le lit pour y créer leurs propres allées et circulations.

Gros male Neolamprologus multifasciatus.   Comme tous les poissons du Tanganyika, les paramètres optimums sont les suivants : Ph 8.2 à 9.5, Nitrates au plus proche de zéro, conductivité aux alentour de 600 µSiemens, TAC = 30°, Th = environ 15°.

   En commençant avec 6 adultes (deux mâles et quatre femelles), l’espace pour les territoires sera très intéressant pour l’observation des interactions entre mâles – parades, « rencontres informelles », protection de la colonie en cas d’intrusion  de prédateur(s) (voir « Un bac de conchylicoles« ) – , qui sont très rarement violents entre eux.

Combat mâles Neolamprologus multifasciatus
affrontement de deux mâles pour instaurer la hiérarchie

   Les femelles étant chapeautées par leur « Pacha », elles s’affairent à se nourrir, pondre, et à la protection rapprochée des petits alevins. les plus grands hésitant de moins en moins à s’aventurer hors du tapis de coquilles, pour aller cueillir des particules qui passent au dessus.

   En maintenant plusieurs mâles, donc plus de deux, il est aussi possible d’observer un comportement social particulier, des rencontres quotidiennes, de préférence le soir avant l’extinction des feux, une petite « réunion » les regroupent tous, ils se jaugent, se défient, se tournent autour durant quelques temps. Il peut être considéré que ce manège serve à la cohésion de la colonie, les dominants regagnant le centre et les dominés restant en périphérie de la concentration.

Sa maintenance peut être considérée comme facile, et cette espèce peut être recommandée aux débutants qui désirent se lancer dans les cichlidés du lac Tanganyika.

Neolamprologus multifasciatus et alevins.

Reproduction:

   Les pontes se succèdent, les petits pullulent, de partout sortent de petites formes à gros oeil. Il y a de la vie multiple ici.

   Ils ne grandissent pas très vite, mais ne deviennent pas très grands non plus, c’est donc aux alentours de 8 à 10 mois que la maturité est atteinte. L’accouplement est intéressant à observer ; Neolamprologus multifascaitus in situ à Mbita en Zambie, par Eric Genevelle.la femelle attire le mâle par une « danse type » vers l’abri. Là elle ira déposer une part de gamètes et invitera son mâle à les féconder à la suite, sortant le museau, elle provoque un courant vers l’intérieur de la volute, qui entraîne la laitance féconde auprès des ovules.

   Le nombre de jeunes varie de 5 à 15 par ponte, ils sont très farouches dans les premiers jours et difficilement observables. Tout juste est il possible de deviner de petits éclairs argentés entre les tests*.

Petits, ils s’alimentent de micro vers et de poudres pour alevins sans aucun problème…

Tous les trois à cinq mois, il faut capturer les jeunes pour éviter la surpopulation du bac. Comme pour les adultes, une technique de capture simple et relativement rapide: il faut avoir un « panier » à mailles suffisamment grosses pour que les poissons puissent passer au travers, l’accrocher au bord du bac, mettre les coquilles ouverture vers le bas, attendre qu’ils sortent, ils iront se réfugier vers le substrat, renouveler la manipulation avec toutes les coquilles en s’assurant qu’elles sont bien vides, à la fin tous les poissons seront sur le sable, et il n’y aura plus qu’à capturer ceux qui vous intéressent.

Alevin quelques jours après la nage libre

   Découvrir les cichlidés du lac Tanganyika par cette espèce est une expérience à faire, le comportement conchylicole pur étant rare ailleurs dans le monde, pour ne pas dire inexistant, et cette petite espèce vivant bien dans des volumes restreints (mais néanmoins respectables).

Documents:

Jean Luc Ravard, Eric Genevelle, Aqualex.

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Neolamprologus brevis « Chimba »

Expérience aquariophile

Auteur: Estelle

Neolamprologus brevis "Chimba" couple.

Description:

   Petit conchylicole au corps trapu, Neolamprologus brevis est un cichlidé qui passe facilement inaperçu dans un magasin. Qui s’arrêterait devant un bac de vente contenant une nuée de petits poissons gris?
Mais lorsqu’on le connaît et qu’on le voit dans de bonnes conditions, on apprend à aimer son comportement caractéristique et ses jolis reflets. D’une couleur générale beige crème, le N. brevis selon les localités géographiques possède différentes livrées . La variété que j’ai actuellement, venant de Chimba, possède une large tâche jaune sur les flancs, plus accentuée chez la femelle, comme la variété d’Ikola assez répandue chez les aquariophiles qui la désignent sous le nom de « Sunspot Ikola ». L’oeil est souligné du trait bleu courant chez les Lamprologiens, et le corps ainsi que les nageoires dorsale et caudale est strié de fines rayures argentées et irisées.
Sa particularité, qui attire l’oeil, est son corps nacré qui capte la lumière et qui le pare de reflets changeants.
 

   C’est la variété de N. brevis la plus petite connue à ce jour ( plus petite encore que celle de Karilani ) et elle diffère des autres brevis par son comportement beaucoup plus craintif.

    Le mâle mesure environ cinq centimètres, et la femelle, beaucoup plus petite et longiligne, fait trois centimètres. Une autre distinction ( du moins pour cette localité ) est le double liseré de la dorsale chez le mâle ( blanc vers l’intérieur et jaune vers l’extérieur ).
Cette petite espèce est conchylicole, c’est-à-dire qu’elle niche dans des coquilles d’escargot vides. Dans le lac, il s’agit souvent de Neothauma, mais en aquarium on peut les remplacer par des coquilles vides d’escargot de bourgogne.

 

Neolamprologus brevis mâle en surveillance.

 

   La coquille est le centre de leur territoire, et une fois le couple formé ils la défendent sur un rayon d’une quarantaine de centimètres. C’ est un petit combattant courageux qui peut aller jusqu’à mordre la main de l’aquariophile pendant un nettoyage de vitres.

   N. brevis est la seule espèce conchylicole qui voit souvent le couple formé partager la même coquille. En cas de danger, la femelle rentre toujours la première dans la spirale, suivie du mâle.

 

 

 

mâle Neolamprologus brevis rentrant dans la coquille après la femelle.


Neolamprologus brevis 
« Chimba » étant une variété de taille très réduite, on distingue à peine le corps du mâle à l’intérieur lorsque les deux membres du couple se réfugient dans leur coquille de Neothauma.

   On peut souvent apercevoir l’oeil du mâle, qui depuis son abri, vérifie que le danger est passé avant de ressortir, et d’autoriser sa compagne à faire de même.

le couple Neolamprologus brevis dans sa coquille.

  
Son nom de genre « Lamprologus » a été révisé en  Neolamprologus  du grec
νεο ( neo : nouveau), λαμπρός ( lampros : brillant ) et λόγος ( logos: la parole ). Son nom d’espèce fait à la fois référence à sa petite taille et à sa coquille-refuge, brevis venant de βρέφος ( brephos: nouveau-né ou petit d’animal encore dans le sein de sa mère)  

Neolamprologus brevis Chimba couple.
Le couple à son arrivée. La coquille de Neothauma est juste posée sur le sable.

Expérience de maintenance et comportement:

   Après avoir eu pendant quelques temps un Neolamprologus brevis « Karilani » célibataire, j’ai eu envie d’acquérir des spécimens d’une autre localité pour enfin pouvoir observer le comportement fascinant de l’espèce en couple. Le couple sauvage que j’ai acquis s’était déjà formé dans le bac de vente, et défendait une coquille de Neothauma. Il a donc fallu emmener la coquille pour avoir les poissons, ceux-ci se cachant à l’intérieur à la moindre alerte.

   Ils ont pris place dans un bac de 200 litres avec un jeune couple de Chalinochromis brichardi. Au départ la coquille était isolée sur une étendue de sable, puis d’autres coquilles de toute taille et de petits éboulis de galets ont été disposés autour d’elle afin d’offrir aux alevins des refuges salvateurs.

   Dans Les cichlidés du lac Tanganyika dans leur milieu naturel de Ad Konings, il est dit que N. brevis n’enterre pas sa coquille. Pourtant les spécimens de Chimba et de Karilani que j’ai eus enterrent leur coquille de façon à ce que seule l’ouverture soit visible. En outre, le mâle « Chimba » a apprécié les coquilles rajoutées lors de la première ponte. Il en a même rapproché certaines et les a consciencieusement nettoyées. Est-ce pour dissimuler un peu plus sa coquille, ou pour faire diversion vis-à-vis de potentiels prédateurs?
 

Neolamprologus brevis Chimba mâle.

Neolamprologus brevis Chimba couple.

Le mâle en plein travail de terrassement et nettoyage.

 Quelques aménagements plus tard…

Après quelques temps, le mâle, qui avait un peu grandi et grossi, se cachait parfois dans une autre coquille qu’il avait rapprochée de la coquille de ponte et enterrée de la même façon. Il faut dire que leur territoire dans ce bac était assez grand, les jeunes Chalinochromis leur laissant la moitié du bac, et qu’il y avait plusieurs coquilles à leur disposition. Cela ne l’empêchait pas d’être très proche de sa femelle, le couple ne s’est jamais désuni depuis son arrivée.

  Je voudrais m’arrêter quelques instants pour plaider une cause qui m’est chère… Neolamprologus brevis est un petit poisson,  certes, qui contrairement à beaucoup de cichlidés, a un territoire relativement restreint. Cela ne justifie en aucun cas sa maintenance dans de minuscules bacs de moins de 60 litres.

   Dans mon 200 litres, le couple était souvent à l’autre bout du bac, même en période de « surveillance rapprochée » -lorsqu’il y avait des larves dans la coquille. A la moindre alerte ( par exemple un Chalinochromis qui nonchalamment vient voir si les délicieux petits alevins ne se sont pas encore décidés à sortir…), ils étaient devant la coquille en un éclair. Leur territoire est donc quand même conséquent proportionnellement à leur taille!

Neolamprologus brevis mâle.

   Je verrais donc cette espèce dans un bac d’au moins une centaine de litres seule ou en cohabitation avec une autre petite espèce pétricole ou sabulicole. Une coquille  et du sable assez meuble, il ne leur en faut pas plus…

Reproduction:

  La première ponte de Neolamprologus brevis chez moi a été avortée, sans doute du fait d’un stress que j’ai provoqué. En effet,  j’ai modifié l’aménagement lors de la garde des oeufs et ceux-ci ont été dévorés par les parents. En revanche, les pontes suivantes ont abouti, et se sont ensuite enchaînées toutes les trois semaines.

Neolamprologus brevis femelle gravide.Femelle gravide

Neolamprologus brevis "Chimba" couple.

   Une femelle gravide se reconnaît à sa couleur foncée et à son abdomen rebondi. Lorsque la ponte est imminente, on distingue l’oviducte sorti. La femelle effectue une petite « danse » saccadée, une parade de séduction devant le mâle pour l’attirer dans la coquille. Elle arque son corps devant lui, rentre dans la coquille, ressort aussitôt, etc.

   La ponte se fait à l’intérieur de la coquille, et par la suite la surveillance du couple est renforcée.
En particulier le premier jour, la femelle demeure dans la coquille et fait « écran » de son corps. Le mâle l’empêche d’en sortir en lui donnant des coups de tête dès qu’elle fait signe de se dégager. Elle n’a droit qu’à de brèves « permissions » pour manger, mais très vite il la rappelle à l’ordre et la pousse à l’intérieur. Lui-même ne s’éloigne quasiment pas et reste aux abords, beaucoup plus près qu’en temps normal.

   Les oeufs éclosent au bout de quelques jours, et les larves demeurent à l’abri de la coquille le temps que le sac vitellin se résorbe. Les alevins y restent encore sous la garde de leurs géniteurs  une bonne semaine après le début de la nage libre, puis les parents préparent la nouvelle ponte, et les petits doivent partir et se disséminer dans le bac.

Neolamprologus brevis alevins.

   D’où les petits éboulis de galets aux fins interstices placés à proximité de la coquille… Les alevins pourront s’y réfugier et ainsi se soustraire à l’appétit des colocataires, voire de leur père qui peut manger sa progéniture.
Dans un bac d’ensemble, il n’est pas évident de sauver les alevins, il peut donc être bon d’isoler les larves dans un autre bac si on souhaite garder les jeunes. Dans mon bac, un ou deux alevins survivent à chaque ponte.

Neolamprologus brevis alevins en nage libre.

Neolamprologus brevis alevin.

     Malheureusement, j’ai fait une erreur qui a coûté la vie à mon couple sauvage. J’ai introduit dans leur bac trois jeunes Altolamprologus calvus de 3 cm que je pensais maintenir temporairement avec eux. Tout semblait aller pour le mieux jusqu’à ce que les N. brevis pondent. Les A. calvus sont alors partis en chasse, et n’ont cessé de déranger le couple. Les parents défendaient leurs petits tant bien que mal, mais à deux contre trois, ils ne pouvaient empêcher que l’un des prédateurs picore de temps en temps un alevin. Les A. calvus étant tout petits, ils pouvaient eux aussi rentrer dans la coquille!

   J’ai donc placé le couple de N. brevis et leur coquille dans un autre bac où ils étaient seuls, mais le stress a sûrement été trop important. Si deux petits de cette ponte ont survécu, les parents ne se sont jamais remis et ont commencé à dépérir, la plupart du temps cachés dans leur coquille. J’ai du me résoudre à abréger leurs souffrances au bout de deux mois, ils étaient devenus aveugles et terriblement maigres. L’histoire s’est poursuivie avec leurs descendants…

Neolamprologus brevis "Chimba" alevin.

   J’ai ensuite eu l’occasion d’observer la formation d’un couple parmi les jeunes les plus âgés. Elle s’est faite en douceur, vu qu’ils ont grandi ensemble. Ce n’est que lorsqu’ils sont presque à taille adulte qu’ils prennent leur coloration et qu’on commence à noter un dimorphisme: le mâle continue à grandir et se développer quand la femelle arrête sa croissance, et cette dernière se pare de la large tâche jaune sur le flanc et d’une livrée plus contrastée. La photo ci-dessous montre le couple tout juste formé de deux jeunes F1 ( descendants de sauvages )

Neolamprologus brevis juvéniles.

   Les deux jeunes ont fini par s’approprier une coquille, et quelques jours plus tard,  la femelle s’est assombrie et j’ai observé les premières parades amoureuses. La boucle était bouclée… Par contre, ce couple a beaucoup moins bien supporté le voisinage des Chalinochromis brichardi  car ces derniers, devenus matures, ont commencé à se reproduire et à faire peur aux petits conchylicoles par leurs mouvements brusques et leurs intimidations. Le couple a donc déménagé dans un120 litres, où j’ai pu observer à loisir les premières reproductions.

   J’ai réalisé par des échanges sur un forum cichlidophile que mes brevis n’avaient pas le comportement normal de cette espèce, courageuse et batailleuse. Cela s’est confirmé plus tard quand j’ai acquis une autre variété, N. brevis « Congo »: le mâle et la femelle sont deux fois plus gros que les « Chimba » et tiennent tête aux autres lamprologiens sans aucun problème.

   Est-ce du à sa petite taille ? En tout cas Neolamprologus brevis « Chimba » ne doit pas être maintenu avec des poissons trop remuants, selon mes observations les colocataires idéaux pour cette espèce sont les Xenotilapia. C’est d’ailleurs assez pratique, on ne sait jamais trop quoi mettre avec ces fragiles sabulicoles pour les mettre en confiance… Mes brevis « Chimba » cohabitent actuellement, avec succès, avec des Ectodus descampsii, des Xenotilapia ornatipinnis et des Xenotilapia sp. « Red Princess » dans mes bacs.

   En conclusion, une petite espèce très sympathique à conseiller aux débutants pour la simplicité de sa maintenance, mais qui ne saurait lasser le cichlidophile le plus averti. Attention, un stress important peut être fatal à Neolamprologus brevis « Chimba ». Il se terre alors dans sa coquille et ne s’alimente plus… Je trouve tout de même cette variété particulièrement jolie et intéressante, avec sa livrée bien rayée et sa petite taille.

Référence: Les cichlidés du Tanganyika dans leur milieu naturel. Ad Konings. ( Cichlid Press )

######### Merci à Sébastien Bailleul et aux 2 Chris pour leurs photos.

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Neolamprologus brevis

Boulenger, 1899

Karilani et Ikola

(Pisces, cichlidae, lamprologini).

 

Expérience aquariophile

Auteur: Benoît

Neolamprologus brevis « Karilani island »

Le petit conchylicole de Karilani, vivant en couple soudé par la force des choses…

Description:

La taille de ce N. brevis n’excède pas les cinq centimètres pour le mâle qui est nettement plus grand que sa femelle qui, elle, atteint quatre centimètres.

La coloration générale est beige-crème, pouvant foncer selon l’environnement et l’humeur, également apparaissent de fines barres en reflets d’opale plus ou moins contrastées, un trait bleu souligne l’oeil comme chez beaucoup de Lamprologiens.  La nageoire dorsale est liserée d’un trait noir soutenu par un fin bandeau blanc. Le mâle est pourvu de pelviennes se prolongeant en un filament blanc-bleuté, s’allongeant avec l’âge.

Différentes formes et variétés se retrouvent un peu partout autour du lac, plus ou moins colorées et plus ou moins grandes, de livrée variable.

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Maintenance:

La maintenance de ce petit cichlidé peut se faire (comme chez nos amis Québécois) dans une tank de 10 Gallons (env. 35/40 litres), mais cela n’est pas conseillé si l’on veut qu’ils soient à leur aise.

Dans un aquarium de cent litres minimum, il « s’épanouiront » et donneront le meilleur de leur comportement.

Une belle étendue de sable avec une seule coquille de Neothaumatanganicense (une coquille d’escargot de Bourgogne ou apparentée pourra les satisfaire). Chez Neolamprologus brevis « Karilani », le couple se cache à deux dans le refuge de la spirale, et au moindre signe de danger la femelle rentre la première, le mâle la suivant, on peut alors voir le bout de sa queue dépassant plus ou moins selon la taille de la coquille. Selon l’agencement du décor, le mâle peut aussi s’abriter dans un enrochement proche du test*, la femelle restant toujours à proximité.

Le mâle défend âprement son territoire et la main du « soigneur » ne lui fait pas peur, la morsure est surprenante la première fois, car il est muni de véritables petites aiguilles en place de canines(!). C’est donc le mâle qui gère la défense d’un petit bout de sable, courageux mais pas téméraire, il n’hésitera pas à mettre un grand A. calvus ou d’autres gros poissons, en déroute en les harcelant.

Donc une seule coquille, une étendue de sable, et dans un coin un éboulis de pouzzolane ou de petits galets qui sera le refuge des alevins à la nage libre.

Cobra d'eau et malheureux brevis.   Surtout ne pas oublier que, contrairement à ce qui est dit généralement, les conchylicoles ne vivent pas dans les coquilles, mais y pondent et s’y retrouvent pour échapper à un prédateur … Ce qui n’est pas toujours efficace face à un Boulengerina annulata stormsi

Le brassage doit être suffisant et vous pourrez voir le couple nageant de concert face au courant, l’un décrochant parfois pour aller cueillir une particule en déplacement, une paillette, un cyclop, une daphnie. Petit ballet tranquille, ponctué de parades et de mises en alerte… au cas où il y aurait danger …

Cichlidé nain par excellence, peu de choses peuvent l’atteindre en aquarium, un petit risque tout de même: si le mâle a son refuge dans les roches, (/!\) l’ouverture de la coquille reste libre et un gastéropode peut malencontreusement venir l’obstruer. Si la femelle s’y trouve à ce moment là, elle mourra par asphyxie (malheureuse expérience vécue), donc évitez de mettre des Ampullaires(/!\).

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Reproduction:

Matutinal est l’accouplement, et l’observation en est très difficile, mais au vu de parades répétées les jours précédents la ponte, il est évident qu’elle se déroule comme pour les autres conchylicoles … Un petit « ballet » de la femelle attirant le mâle, tout en vibrations, oscillations, cambrures. Dès la dépose des oeufs, celui-ci se place au dessus de l’ouverture, la femelle en nageant à reculons provoque un afflux de semence dans la coquille, vers les gamètes pour leur fécondation. les larves éclosent dans les trois jours et résorbent la vésicule en plus d’une semaine.

Les alevins disparaissent de l’abri du jour au lendemain, et se retrouvent dans les caches de l’aquarium (c’est là qu’un éboulis de pouzzolane ou un amas de petits galets aura toute son importance).

Parfois pourchassés et mangés par le mâle, il leur faut très rapidement se soustraire à son appétit « féroce » et à sa tendance infanticide, prédatrice.

Ainsi vous pourrez espérer voir grandir jusqu’à une vingtaine de jeunes par pontes. Bien nourris, ils grandissent vite pour des poissons de cette taille et atteignent la maturité aux alentour des 9/10 mois.

La formation du couple peut prendre quelques jours. La rencontre est houleuse et la femelle doit pouvoir se soustraire aux ardeurs « violentes » du mâle … Au bout de trois jours de parades, la femelle est acceptée dans sa nouvelle demeure. La « danse » de séduction de la femelle est très singulière: s’approchant de son « prince charmant », elle vibre tout en arquant son petit corps la tête et la queue étant les pointes hautes de cet arc, les fines barres opalescentes se ravivent, la couleur générale se fonce, le mâle n’y résiste que très peu et l’union est scellée relativement rapidement.

Lorsqu’on rapproche le biotope naturel de N. brevis (grandes plages de sable , des coquilles éparses), il est fort probable que le couple reste uni jusqu’à la mort d’un des deux individus.

 

Couple de N. brevis et sa coquille de Neothauma

La formation du couple peut prendre quelques jours. La rencontre est houleuse et la femelle doit pouvoir se soustraire aux ardeurs « violentes » du mâle … Au bout de trois jours de parades, la femelle est acceptée dans sa nouvelle demeure. La « danse » de séduction de la femelle est très singulière: s’approchant de son « prince charmant », elle vibre tout en arquant son petit corps la tête et la queue étant les pointes hautes de cet arc, les fines barres opalescentes se ravivent, la couleur générale se fonce, le mâle n’y résiste que très peu et l’union est scellée relativement rapidement.

Lorsqu’on rapproche le biotope naturel de N. brevis (grandes plages de sable , des coquilles éparses), il est fort probable que le couple reste uni jusqu’à la mort d’un des deux individus.

Conclusions:

Le petit conchylicole de base, à regarder vivre sans modération, sa petite vie dans un petit volume, sur un petit territoire, est un grand plaisir.

Expérience de maintenance

de Neolamprologus Brevis en groupe

en “grand” bac et en couple en “petit” bac

Auteur: Benjamin LEMERCERRE – AFC 767.76

 

Ou plaidoyer contre la maintenance des conchylicoles en petit bac…

   Fin Janvier 2001… Une bourse, un bac de libre, et c’est le coup de foudre : une paire de Neolamprologus brevis atterrit dans un 60x30x30 aménagé pour accueillir un couple de conchylicole. Après une acclimatation qui s’est bien passée, le duo – visiblement un mâle et une femelle – est placé dans son 54L où se trouvent déjà 5-6 coquilles d’escargots de Bourgogne (vides…).

Les premières semaines de “décoincement” des poissons me paraissent longues… La plupart du temps, ils arborent une robe de stress, à l’entrée de leur coquille, prêt à bondir à l’intérieur lorsque ça remue trop. Chacune de mes tentatives d’observations de près se soldent par un échec. Même la distribution de nourriture est une épreuve de discrétion !

Quelques mois passent… Le couple semble s’être légèrement décoincé. S’en suit une longue période d’inactivité, où leur seule distraction est de gober les quelques particules invisibles à l’oeil passant à leur portée ! Frustrant pour un jeune cichlidophile s’attendant à un festival de parades, d’intimidation, de couleurs et surtout, de jeunes !

En Avril 2001, le tube fluorescent rend l’âme… Le bac reste ainsi dans le noir pendant 2 semaines. Lorsque la lumière revient, c’est la satisfaction : une dizaine #########d’alevins de quelques millimètres sautillent dans le fond de l’aquarium…

Victoire !! Enfin du mouvement, enfin quelque chose d’intéressant à observer… Réjouissance de courte durée : les N. brevis réputés des parents attentifs et déterminés à protéger leur progéniture se révèlent de piètres gardiens : les jeunes vagabondent dans le bac à leur guise, les deux géniteurs préférant se réfugier dans leur coquille respective à chacune de mes approches, le mâle ayant même le culot de gober quelques jeunes ! Ceux-ci disparaissent peu à peu, et au bout de quelques jours il ne reste plus d’alevins dans le bac…

C’en est trop, je mets les “conchys” de côté pour un moment.

Seulement voilà, cantonné à devoir exercer ma passion dans des bacs ne dépassant pas le mètre de long, il est bien difficile pour le cichlidophile du Tanganyika de compter avec autre chose que ces “shell Cichlids”.

Me revoilà donc parti quelques temps après avec 7 jeunes Neolamprologus brevis Ikola F1 (s’il vous plaît). Les poissons sont introduits dans un 100*30*30 en tant que premiers pensionnaires (devaient ensuite les rejoindre des petits Lamprologiens pétricoles, mais le destin en a voulu autrement).

Déjà lors des premiers jours, les petits nouveaux m’étonnent : les distributions de nourriture ne sont plus des missions de discrétion. Même s’ils sont encore craintifs, les écailles avalent sans rechigner les granulés proposés.

#########   Peu après, les premières parades et intimidations font leur apparition : un bonheur pour moi, jeune cichlidophile frustré jusque là. Clairement, un dominant apparaît, et semble être tombé sous le charme d’une des femelles. Les autres colocataires sont relayés dans l’autre moitié du bac… Seulement cette tyrannie ne plaît pas à tout le monde : un gros mâle ne veut pas se laisser faire, et les intimidations se soldent parfois par des prises des becs. Un autre mâle, opportuniste, profite de ces moments d’inattention pour aller embêter les femelles dans leur coquille… Jusqu’à ce que les hommes reviennent à la maison, et rejettent d’un coup de dent le jeune coq !

Ce feuilleton dure quelques mois, jusqu’à ce qu’un plan d’occupation des sols soit décidé par les 3 mâles à force de parades et combats…

A ce propos, une chose étonnante, les mâles en parade pour la défense du territoire adopte une robe qui est la même que celle arborée en état de stress. Idem après une ponte !

En parlant de pontes justement, elles ne se font pas attendre. Moins de 3 mois après, je découvre sur le territoire du couple n°1 (celui du mâle dominant) quelques virgules sautillantes. 1 mois plus tard, c’est au tour du couple 2 de frayer. Les 2 couples ont pris soin de leur progéniture pendant quelques jours, reléguant tous les éventuels prédateurs aux limites du territoire.

Remarquez que les premières pontes se sont déroulées alors que la lumière était largement réduite, l’entretien plus espacé (notamment les changements d’eau), et la nourriture absente les jours précédents.

Depuis, le feuilleton continue, assorti de ses bagarres toujours sans conséquences en limite de territoire, les pontes se succédant (toujours pendant les périodes où je dois “négliger” les écailles, bizarre non ?), mais chaque jour est différent des autres…

 

Remerciements:

-Delores Schehr, pour m’avoir autorisé à utiliser ses photographies. Eric Genevelle pour son aide permanente, Ad Konings qui me permet d’utiliser ses photographies pour illustrer mes articles. Jean Marie Londiveau pour tout, et Eric Zeitoun pour le reste.

Références, documents:

-Ad Konings/ »Les CICHLIDES du TANGANYIKA dans leur milieu naturel ».

cichlidpress.

-M. Poll : exploration hydrobiologique du lac Tanganika (1946-1947)Vol. III, fasc. 5 B. / poissons cichlidae / institut royal des sciences naturelles de Belgique / Bruxelles 1956.

-Aqualex.

http://www.fishaus-zepkow.de.

Rob Kirkelie.

 

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