E.
Présentation des espèces Ectodini
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
anale |
pectorales |
Branchio-spines |
hauteur du corps dans la longueur standard (%) |
LPC/HPC |
ligne latérale supérieure |
museau proéminent |
forme des pelviennes |
|
|
X. bathyphila |
III+11-14 |
11 à 14 |
20,6 à 23,5 % |
2,1-2,6 |
25-29 |
très léger |
Symétrie |
|
|
X. boulengeri |
III+9-10 (générale-ment) |
généralement |
11 à 14 |
24-37 (32,5) |
non |
symétrie |
||
|
X. burtoni |
III+8-9 |
16 à 18 |
35-38 |
non |
faible |
|||
|
X. caudafasciata |
III+7-9 |
9 à 11 |
25-27 |
non |
faible |
|||
|
X. flavipinnis |
III+10-12 |
généralement |
9 à 12 |
23,3 à 25,0 % |
25-30 |
non |
symétrie |
|
|
X. longispinnis |
III+8-9 |
15 à 17 |
34-48 |
non |
symétrie |
|||
|
X. nasus |
III+7-8 |
10 à 12 |
22,2 à 25,6 % |
15-23 |
oui |
symétrie |
||
|
X. nigrolabiata |
III+8-10 |
13 à 15 |
23-28 |
non |
symétrie |
|||
|
X. ochrogenys |
III+12-14 |
10 à 12 |
21,1 à 23,5 % |
1,65-2 (2,2) |
23-28 |
non |
symétrie |
|
|
X. ornatipinnis |
III+7-9 |
15 à 17 |
26-32 |
non |
faible |
|||
|
X. papilio |
III+8 |
13 |
24,4 % |
24 |
oui |
symétrique |
||
|
X. sima |
III+11-12 |
généralement |
11 à 14 |
27-35 (31,7) |
non |
symétrie |
||
|
X. spiloptera |
III+8-9 |
12 à 13 |
18-28 |
non |
symétrique |
LPC = longueur du pédoncule caudal ; HPC = hauteur du pédoncule caudal.
V. Matériels et méthodes :
L’identification de tous les spécimens Ectodini et Bathybatini du Musée
Royal d’Afrique Centrale (MRAC) et de l’Institut Royal de Sciences
Naturelles de Belgique (IRSNB) a été vérifiée. Le
classement
des spécimens dans leurs tribus respectives suit la classification donnée
par Poll en 1986. L'identification des spécimens a été basée sur les
données de la littérature, notamment des descriptions originales des
espèces (principalement les espèces décrites depuis moins de 50 ans) et
sur les données publiées par Poll (1946, 1956 et 1986) pour les espèces
plus anciennement décrites. L'identification des Bathybatini n'est basée
que sur les données publiées par Poll en 1956. Les Ectodini étant souvent
plus difficiles à identifier, la vérification se base sur davantage de
références et le cas échéant sur des observations personnelles basées sur
des spécimens identifiés de manière certaine (voir X. bathyphila et
X. ochrogenys). Seules les espèces des genres Ophthalmotilapia
et Cyathopharynx n’ont pas été vérifiées au cours du stage, car
précédemment vérifiées par M. Hanssens. Les collections de Bathybatini
n'ont été vérifiées qu'au MRAC.
50. Ci-contre : carte : découpage des côtes en 26 zones de 50 km de
longueur. D'après Van Wijngaarden, 1995.
Dans la partie bibliographique, sont présentés les caractères
morphométriques et méristiques utilisés lors de l'identification des
spécimens, avec les références correspondantes. Tous les rapports
présentés ici ont été transformés en pourcentage, comme conseillé par
Snoeks (2000).
Les aires de répartition des différentes espèces ont été établies d’après
les collections vérifiées (au MRAC et à l'IRSNB), puis complétées d’après
les données de la littérature. Cependant, une partie de la littérature
contient des erreurs et seules les sources fiables ont été utilisées.
Lorsque des erreurs d'identification ont été notées dans la littérature,
elles sont mentionnées.
Une analyse statistique des patrons de distribution des différentes
espèces n'est pas envisageable à partir des localités. Afin de simplifier
une telle analyse, il a été nécessaire de segmenter les côtes du lac en
zones de même longueur et de noter la présence ou l'absence de chaque
espèce dans chacune des zones. Le découpage des côtes choisi est repris de
Van Wijngaarden (1995). Il consiste en 26 bandes de 50 km de côtes, avec
comme point de départ de la première zone, le delta de la Grande Rusizi au
Nord du lac (voir carte ci-dessus).
Les données ont ensuite été entrées dans une matrice. La présence de telle
espèce dans telle zone est notée 1 et son absence 0. Les analyses ont
ensuite été traitées statistiquement avec le logiciel Statisca 5.1 pour
établir les zones biogéographiques du lac. L'analyse est basée sur des
analyses multivariées (cluster analysis) aussi bien pour établir les liens
entre les différentes zones que pour mettre en évidence les grands types
de distribution de chaque espèce. Les analyses ont consisté à regrouper
les différentes zones en un arbre hiérarchique selon les espèces présentes
dans chacune d'elles. Les distances sont calculées selon le nombre de
différences selon la méthode des distances euclidiennes :
distance(x,y) = {Si(xi
– yi)²}½
Où x et y sont deux individus de la population étudiée, xi et yi leurs
valeurs respectives pour la variable i.
Plus la composition en espèces des zones est différente, plus ces zones
seront éloignées. A partir de cet arbre, des regroupements peuvent être
effectués (grosses branches de l'arbre) pour définir les zones
particulières. Plusieurs méthodes différentes ont été utilisées pour
relier les zones (ou espèces) dans l'arbre : Single Linkage, Complete
Linkage, Unweighed Pair-Group Average, Weighed Pair-Group Average, etc…
mais seules les plus représentatives ont été insérées dans ce rapport,
car aucune n'était parfaitement semblable. Les grands groupes restaient
cependant les mêmes. Les différences se situaient principalement au niveau
des plus petites branches.
Par commodité et surtout pour ne pas biaiser les résultats, plusieurs
choix taxonomiques ont été pris. Tout d'abord, vu la confusion qui règne
actuellement sur ce genre, les deux espèces de Cyathopharynx n’ont pas été
utilisées dans les traitements statistiques. De même il n'a pas été jugé
utile d'établir l'aire de répartition du genre autour du lac (il semble
d'après plusieurs sources que le genre est présent tout autour du lac).
Les deux espèces sont donc nommées indifféremment ici C. ssp. (sauf
indication contraire). Les données concernant les Ophthalmotilapia
sont tirées de Hanssens et al. (1999). Les cartes de distributions de ces
espèces ne sont pas présentées en annexe.
La systématique des petites espèces pétricoles de Xenotilapia est assez
confuse à l’heure actuelle. Aussi, les noms utilisés par Konings pour les
petites espèces pétricoles non-décrites sont-ils repris ici. Les quelques
espèces nouvelles mentionnées par Alin et al. (1999) ne sont pas prises en
compte ici, car aucune donnée concernant leur systématique n'est donnée et
il peut tout simplement s'agir d'espèces décrites et non reconnues comme
telles par les auteurs.
Liste des abréviations utilisées :
ASPROTIL Asprotilapia leptura
AULONOCR Aulonocranus dewindti
CALLOMAC Callochromis macrops
CALLOMEL Callochromis melanostigma
CALLOPLE Callochromis pleurospilus
CALLOSTA Callochromis stappersii
CARDIOPH Cardiopharynx schoutedeni
CUNNINGT Cunningtonia longiventralis
ECTODESC Ectodus descampsii
ECTOSPEC Ectodus sp."North"
ENANTIOP Enantiopus melanogenys
GRAMMATO Grammatotria lemairii
LESTRPER Lestradea perspicax
LESTRSTA Lestradea stappersii
MICROTEN Microdontochromis tenuidentatus
MICROROT Microdontochromis rotundiventralis
OPHTALBO Ophthalmotilapia boops
OPHTALHE Ophthalmotilapia heterodonta
OPHTALNA Ophthalmotilapia nasuta
OPHTALVE Ophthalmotilapia ventralis
XENOBATH Xenotilapia bathyphila
XENOBOUL Xenotilapia boulengeri
XENOBURT Xenotilapia burtoni
XENOCAUD Xenotilapia caudafasciata
XENOFLAV Xenotilapia flavipinnis
XENOLONG Xenotilapia longispinnis
XENONASU Xenotilapia nasus
XENONIGR Xenotilapia nigrolabiata
XENOOCHR Xenotilapia ochrogenys
XENOORNA Xenotilapia ornatipinnis
XENOPAPI Xenotilapia papilio
XENOSIMA Xenotilapia sima
XENOSPIL Xenotilapia spiloptera
XENOSPE Xenotilapia sp. "sunflower"
XENOKATE Xenotilapia sp."Katete"
VI. Résultats :
A. Problèmes systématiques rencontrés :
1. Le couple Callochromis macrops/C. melanostigma
Selon les données de Poll (1956), il est assez difficile de distinguer C. macrops de
C. melanostigma par la morphologie, tandis que la coloration
des mâles reproducteurs est caractéristique. C. macrops vit dans les ¾ sud
du lac et est remplacé dans le nord par C. melanostigma ; leurs aires de
répartition ne se superposent pas. Ceci confirme les dires de Konings
(1998). Aussi par simplicité, je me suis contenté de vérifier la présence
de chacune des deux espèces dans chaque localité en examinant la
coloration des mâles adultes. Il serait sans doute intéressant de faire
une révision de ces deux espèces afin de savoir s’il s’agit vraiment de
deux espèces distinctes ou s’il s’agit simplement de variations
géographiques, car j’ai pu constater que la coloration des mâles de C. macrops est très variable dans le sud du lac selon leur localité
d’origine.
2. Le complexe Callochromis pleurospilus :
Il semblerait qu’il existe au moins deux espèces différentes désignées par
le taxon Callochromis pleurospilus. Cependant, il n’a pas été possible de
les séparer de manière certaine, sans réaliser une étude approfondie des
différentes populations. Aussi je ne me suis basé que sur l’apparence
morphologique des spécimens en collection. Certains spécimens ont un
museau allongé, et d’autres, un museau court et busqué et il existe
plusieurs intermédiaires.
2 profils morphologiques de la tête ont été identifiés comme suit :
* profil 1 : front à courbe régulière, sans cassure. semble atteindre la
maturité sexuelle à une plus petite taille. La plupart des spécimens sont
plus petits que ceux du type 2.
* profil 2 : front à courbe cassée, museau assez court.
Cependant, il faut noter que les deux formes semblent posséder la même
coloration là où ils cohabitent.
Il est intéressant de noter que Boulenger avait décrit en 1906 une autre
espèce, Pelmatochromis rhodostigma, qui fut ensuite intégrée aux
Callochromis (implicitement Regan, 1920) puis mise en
synonymie
avec C. pleurospilus (Poll, 1946). On a également trouvé des populations (Rumonge
et Nyanza Lac) qui ressemblent au Callochromis stappersii (profil
supérieur de la tête presque rectiligne), mais dont la tête est nettement
moins allongée. Il s’agit peut-être des populations les plus
septentrionales de C. stappersii, mais ils sont considérés ici comme
C.
pleurospilus (forme I).
Konings (1998) indique qu'il existe 3 formes différentes de Callochromis
pleurospilus exportées pour l'aquariophilie : une à points rouges du
Burundi, une rouge de Zambie et celle nommée Callochromis "greshakei" ou
C. "rainbow", avec un liseré rouge sur la dorsale et un corps bleu,
provenant de Kigoma. Les photos présentées dans son livre montrent un
individu en aquarium de Zambie (forme rouge), un individu de Kigoma et un
nid à Bujumbura.
51. Carte présentant l'ensemble des localités
(points rouges) où a été collecté Callochromis pleurospilus. Les zones de
couleur représentent les aires de répartition présumées des 2 formes
rencontrées :
• en bleu : forme I et II
• en orange : forme II seule.
• noir : absence des deux espèces
3. Le genre Lestradea :
Lors de la vérification des collections de Lestradea, il a été constaté
une grande variabilité dans la dentition dans certaines populations. Cette
variabilité avait déjà été constatée par Poll en 1956. J’ai donc étudié
cette variabilité selon plusieurs caractères tout autour du lac.
Voici les données obtenues :
|
lot n° |
espèce |
nombre de spécimens (spécimens utilisés / spécimens dans le lot) |
Localité |
nombre de rangées internes de dents sur la mâchoire supérieure |
forme des dents |
||||
|
rangées internes |
rangées externes, à l'ext. |
rangées externes, au centre |
|||||||
|
1 |
2 |
3 |
|||||||
|
73-68-P-565 |
perspicax |
1/2 |
Ruziba |
1 |
|
|
1A |
1A |
1A |
|
45655 |
perspicax |
1 |
Rumonge |
1 |
|
|
1A |
1A |
1A |
|
45039-040 |
perspicax |
2 |
Rumonge |
2 |
|
|
2A |
2A |
2A |
|
106637-644 |
perspicax |
8 |
Rumonge |
8 |
|
|
8A |
8A |
8A |
|
45038 |
perspicax |
1 |
Rumonge |
1 |
|
|
1A |
1A |
1A |
|
42673 |
perspicax |
1 |
Rumonge |
1 |
|
|
1A |
1A |
1A |
|
63695-696 |
perspicax |
2/2 |
Rumonge |
2 |
|
|
2A |
2A |
2A |
|
45036-037 |
perspicax |
2/2 |
Rumonge |
2 |
|
|
2A |
2A |
2A |
|
42674-678 |
perspicax |
4 |
Rumonge |
4 |
|
|
4A |
4A |
4A |
|
106591-600 |
perspicax |
3/10 |
Rumonge |
3 |
|
|
3A |
3A |
3A |
|
54075 |
perspicax |
1 |
Nyanza |
1 |
|
|
1A |
1A |
1A |
|
54979 |
perspicax |
1 |
Nyanza |
1 |
|||||