Identification, distribution
et Taxinomie des
Cichlidés Ectodini du lac Tanganyika

Ectodus descampsii | Ectodini.     Par Sébastien Verne     Ectodini | Ectodus deescampsii.

Responsable de Licence de Biologie des Organismes : Cuguen J. P.
Maître de stage : Dr J. Snoeks
Rapport de stage : novembre 2000 – mai 2001

Université des Sciences et Technologies de Lille USTL, France
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Musée Royal d’Afrique Centrale
(Tervuren, Belgique)
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Kibwanaqua | fishing and export | wild caught cichlids of lake Tanganyika.
I. Résumé 5
II. Abstract (Anglais) 5
III. Introduction 6
IV. Bibliographie 7


A. Le lac Tanganyika (d'après Coulter, 1994) 7
B. Les Cichlidés 9
1. Présentation générale 9
2. Classification 10
3. Dans le lac Tanganyika 10
C. Les Ectodini 11
1. Phylogénie 11
2. Ecologie 11



D. Présentation des espèces Bathybatini 16
1. Bathybates fasciatus 17
2. Bathybates ferox 17
3. Bathybates graueri 17
4. Bathybates horni 18
5. Bathybates leo 18
6. Bathybates minor 18
7. Bathybates vittatus 19

 

E. Présentation des espèces Ectodini 21
1. Aulonocranus 21            #########
2. Asprotilapia 21               #########
3. Callochromis 22######### ######### ######### #########
4. Cardiopharynx 23           #########
5. Cunningtonia 24              #########
6. Cyathopharynx 25      ######### #########
7. Ectodus 26                       #########
8. Enantiopus 27              ######### #########
9. Grammatotria 28                #########
10. Lestradea 28                     #########
11. Microdontochromis 29 ######### #########
12. Ophthalmotilapia 30          #########
13. Xenotilapia 32                     #########
 

V. Matériels et méthodes 44
VI. Résultats 46
A. Problèmes systématiques rencontrés 46
1. Le couple Callochromis macrops/C. melanostigma 46
2. Le complexe Callochromis pleurospilus 46
3. Le genre Lestradea 48
4. Le genre Ectodus 49
5. Le couple Xenotilapia bathyphila/X. ochrogenys 49
6. Le couple Xenotilapia boulengeri/X. sima 49
7. Xenotilapia spiloptera 50
B. Erreurs d’identification rencontrées dans la collection du MRAC 50
C. Erreurs d'identification rencontrées à l'IRSNB 52
D. Cartes de répartition des espèces 53
E. Patrons de distribution des différentes espèces 54

VII. Discussion 57
A. Patrons de distributions 57
1. Bathybatini 57
2. Ectodini 57
B. Variations géographiques 59
1. Espèces possédant des variations géographiques 59
2. Espèces sans variation géographique (ou en présentant peu) 60
C. Variations intraspécifiques dans le comportement reproducteur des espèces 61
D. Conseils pour les futures prospections 61
E. Voies possibles de recherches futures 62
VIII. Remerciements 64
IX. Références bibliographiques 65
X. Annexe I : Matrice de données (patron de répartition des Ectodini) 69
XI. Annexe II : Cartes de distribution des espèces de Bathybatini 70
XII. Annexe III : Cartes de distribution des espèces d'Ectodini 74



N.B. : Ce rapport contient des dénominations provisoires pour certaines espèces non-décrites ou nouvelles pour la science. En aucun cas, ces dénominations n'ont de valeur systématique aux yeux du Code International de Nomenclature Zoologique.


I. Résumé :
L'ensemble des collections du Musée Royal d'Afrique Centrale (Tervuren, Belgique) et de l'Institut des Sciences Naturelles de Bruxelles (Belgique) de Cichlidés (Pisces, Teleostei) Ectodini et Bathybatini (uniquement au MRAC) ont été vérifiées. Au total, entre 15000 et 20000 poissons ont été examinés. Ce rapport présente l'ensemble des erreurs d'identification rencontrées et propose une étude biogéographique des espèces Ectodini examinées. Les zones biogéographiques observées ne correspondent pas à celles des Lamprologini proposées par Van Wijngaerden (1995). Les résultats montrent principalement une opposition nord/sud des peuplements d'Ectodini. Des couples d'espèces jumelles sont proposés. Selon les espèces, on peut observer ou non des variations géographiques. Cinq types majeurs de distributions géographiques ont été observés : "continue circum-lacustrine*", "discontinue circum-lacustrine", "moitié nord", "moitié sud" et "centre et sud du lac". Les Bathybatini sont présents tout autour du lac sans développer de variation géographique. Certains présentent également une répartition discontinue peut-être due à un manque de connaissance de ces espèces. Un résumé des connaissances sur la biologie des Ectodini est également présenté ici. Plusieurs problèmes systématiques sont discutés et un bilan des connaissances systématiques avancé.


II. Abstract :
The entire Ectodini and Bathybatini Cichlid (Pisces, Teleostei) collections of the Africa Museum (Tervuren, Belgium) and the Royal Institute of Natural Sciences (Brussels, Belgium, only the Ectodini) have been checked. In total, between 15 and 20 thousands of fishes have been examined. All identification errors are listed and a biogeographical study of the Ectodine species is made in this report. The biogeographical areas of the Ectodini differ from those of the Lamprologini as proposed by Van Wijngaarden (1995).The data mainly show a North/South opposition of certain Ectodini taxa. Some species show geographical variations. Five main types of distributions have been found : "continuous circum-lacustrine", "discontinuous circum-lacustrine", "northern half", "southern half" and "centrale and southern parts of the lake". Bathybatini species are present all around the lake without any geographical variation. Some have a discontinuous distribution too, but this can be due to the lack of knowledge of these species. A resume of the knowledge on the biology of the Ectodini species is presented. Some systematic problems are discussed and a review of the systematic knowledge presented.

III. Introduction
Les grands lacs est-africains sont le berceau d'une biodiversité unique au monde. Ils sont actuellement considérés par beaucoup de scientifiques comme un des meilleurs (si ce n'est le meilleur) modèle pour comprendre les mécanismes de l'évolution biologique.

En effet; de plus en plus de chercheurs s'intéressent à la faune et la flore de ces lacs afin de comprendre comment une telle diversité a pu apparaître au sein de chaque lac. La famille des Cichlidés (Pisces, Teleostei) en est un parfait exemple. Cette seule famille a su coloniser la presque totalité des niches écologiques disponibles alors que les autres familles ne sont que faiblement représentées dans les grands lacs est-africains (voir les chiffres présentés par Snoeks, 2000). A elle seule, elle compte plus de 1500 espèces différentes dans les grands lacs (Snoeks, 2000). Cependant, malgré l'intérêt qui lui est porté, il subsiste de nombreux problèmes à résoudre, tant d'un point de vue systématique* qu'écologique* ou phylogénétique* et de nombreux groupes restent flous aux yeux de la science. C'est le cas par exemple des espèces sabulicoles du lac Tanganyika, bien que la plupart aient été décrites il y a plus de 45 ans. En effet, la référence pour de nombreuses espèces reste le manuscrit déposé par Poll en 1956 : "Résultats scientifiques de l'expédition hydrobiologique du Lac Tanganyika", ouvrage qui contient aujourd'hui de nombreuses erreurs. Van Wijngaarden (1995) avait déjà vérifié les collections de Lamprologini, espèces essentiellement pétricoles, du MRAC et de l'IRSNB, afin de faire le bilan des problèmes taxonomiques à résoudre et d'étudier les patrons de distribution de ces espèces à partir des données recueillies dans les collections. Son étude avait mis en évidence plusieurs types de patron de distribution.
Cependant, aucune étude similaire n'a encore été réalisée dans les grands lacs.
Le travail réalisé au cours de ce stage entre dans la même optique que celui réalisé par Van Wijngaarden (1995), à savoir :
1/ vérifier l'ensemble des collections d'Ectodini (et de Bathybatini, en guise d'initiation au début)
2/ établir les cartes de distribution de chaque espèce, d'après les données recueillies dans les collections vérifiées et complétées par les données de la littérature.
3/ mettre en évidence les différents types de patron de distribution et tenter de comprendre pourquoi de tels patrons sont observés.
4/ faire le bilan des problèmes systématiques rencontrés qui restent sans réponse actuellement.


IV. Etude bibliographique :
A. Le lac Tanganyika (d'après Coulter, 1994)
Le lac Tanganyika est le plus ancien des trois grands lacs situés au niveau de la faille est-africaine. Les deux autres sont le lac Malawi et le lac Victoria. Il existe plusieurs autres lacs plus petits comme le lac Kivu, le lac George, etc.… Il est entouré par 4 pays : au nord-est, le Burundi, à l'ouest, le Congo, au sud, la Zambie, à l'est la Tanzanie.
Le lac Tanganyika fait 650 km de long et environ 50 km de large, pour une profondeur maximale de 1470 m.

Tanganyika | courbes bathymétriques | paleo-lacs.
1. Carte du lac Tanganyika, d'après Coulter, 1994.
A gauche, courbes bathymétriques du lac et
à droite, carte présentant les trois paléolacs (zones hachurées) selon les courbes bathymétriques de 600 m de profondeur.



Les principaux affluents du lac sont la Rusizi au nord qui amène les eaux du lac Kivu jusqu'au lac Tanganyika et la Malagarazi en Tanzanie. Le seul exutoire du lac est la rivière Lukuga, qui s'écoule depuis Kalemie vers la Lualaba au Congo. Comme autres cours d'eaux importants, on peut citer la Lunangwa, au sud de la côte congolaise, la rivière Mvua au nord de Moliro, la Lufubu en Zambie, la Kalambo qui sépare la Zambie de la Tanzanie, la rivière Ifume en Tanzanie, la Lugufu au sud de la Malagarazi et la Mutambala qui se jette dans le Golfe de Burton. Plusieurs de ces rivières constituent une source importante de sédiments pour le lac.
Le lac peut être divisé en 3 bassins : le bassin nord, le bassin central et le bassin sud. Les trois bassins ne se sont pas formés en même temps. Le niveau du lac a baissé d'au moins 600 m au pléistocène, entraînant la séparation des 3 bassins.
Les côtes du lac Tanganyika sont très variées. On y trouve aussi bien des côtes sableuses, vaseuses (estuaires des rivières) que rocheuses. La répartition de ces différents types de côtes semble avoir jouer un rôle très important dans les mécanismes de spéciation des espèces du lac.

Répartition des biotopes autour du lac Tanganyika.
1. Répartition des différents types de côtes autour du lac Tanganyika. (Van Wijngaarden (1994-1995), d'après Coenen (1993) et Michell (non-publié)).



Le nord et le sud du lac diffèrent à plusieurs niveaux. Tout d'abord, le climat ne semble pas être exactement le même. Brichard (1989) indique que la saison des pluies a lieu entre octobre et avril (avec une pause en janvier-février), alors que dans le sud, elle a lieu entre décembre et mars. Brichard indique que le décalage des saisons se répercute sur le bloum planctonique. En effet, les pluies plus nombreuses (en durée, les précipitations annuelles semblent être les mêmes tout autour du lac) semblent provoquer une entrée de sédiments plus importante dans le Nord. Il en résulte une visibilité nettement moins importante dans le Nord (entre 1 et 10 m contre 5 à plus de 15 m dans le sud), d'où moins de lumière pour le développement du phytoplancton et par voie de conséquence du zooplancton. La stratification du lac diffère également beaucoup. Au sud, on trouve de l'oxygène jusque 200 m de profondeur, alors que dans le Nord, on en trouve seulement jusque 70 m. Cependant, des remontées d'eau anoxique* ont lieu à l'extrême sud du lac, en Zambie.


Suite : les Cichlidés.

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DESTINATION TANGANYIKA ./Sébastien Verne - Benoît Jonas/2001-2012.

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