Les Mastacembelidae du lac Tanganyika "Les Mastas en Aquarium" Par Eric Genevelle (mars 1999) Introduction / Taxonomie de la famille et des espèces du lac / Ecologie des Mastas / La collecte des Mastas au Tanganyika / Les Mastas en aquarium / Une nouvelle espèce ? / Les Mastas du Tanganyika en photos / Remerciements et Bibliographie Qui n’a jamais rêvé d’avoir une Masta dans son bac Tanganyika ? Beaucoup d’entre nous hésitent à faire le pas car on ne trouve pratiquement aucun conseil de maintenance à leur sujet. Je dirai que la première règle est d’avoir un bac de plus de 250 litres pour les espèces les plus petites et 500 litres pour des espèces dépassant en milieu naturel les 30 cm. Ces conseils ne sont valable qu’à la condition où on ne décide de maintenir q’un seul spécimen. En effet, dès lors qu’il s’agit de maintenir plusieurs individus de la même espèce, il faut prévoir plus grand. Ce n’est pas parce que ce ne sont pas des cichlidés qu’ils ne sont pas territoriaux. On a constaté in-situ que le territoire d’un spécimen mâle est parfois de plusieurs mètres carrés. Si elles s’entendent relativement bien lorsqu’elles sont jeunes, elles ont tendance à s’étriper en prenant de l’âge (sauf si il s’agit d’un couple, encore qu’il n’y a formation d’un couple que lors de la période de reproduction). L’essentiel est aussi de mettre à leur disposition un décor rocheux important (sauf pour C. ophidium qui vit sur un substrat sablonneux) et pourquoi pas quelques briques creuses dans lesquelles elles trouveront refuge (c’est comme cela qu’elles sont maintenues en bac de vente). Le substrat ne doit pas être abrasif car elles risqueraient d’abîmer leur rostre charnu. Quelques nids de coquilles seront aussi appréciés, la Masta aimant farfouiller entre ces dernières à la recherche de petits restes comestibles. Si vous voulez garder votre Masta en vie plus de quelques jours, deux précautions sont à prendre. La première est de mettre une grille ou une crépine adaptée à l’entrée de votre filtre. La deuxième est de s’assurer de l’étanchéité du couvercle de l’aquarium. Le saut sur la moquette est en effet une des principales causes de mortalité pour ces espèces. Sur le plan des maladies, rien à signaler sauf qu’il faut éviter de traiter le bac au FMC (formol + vert de malachite). Elles le supportent très mal (comme tous les Synodontis d’ailleurs). A quelle taille acheter une Masta ?Si votre bac est d’ores et déjà peuplé de cichlidés piscivores (genre Cyphotilapia frontosa ou Neolamprologus sexfasciatus, évitez d’acquérir des spécimens d’une taille inférieure à 15 cm. En effet, même si 15 cm paraît énorme pour une proie, sachez qu’avec 1 cm de diamètre, cela rentre tout seul. J’ai vécu cette triste expérience avec une femelle Cyphotilapia de 25 cm qui ne s’est pas gênée pour gober, tête la première, une C. plagiostomus de 15 cm. Ca fait tout drôle, je vous l’assure ! Si vous avez des végétariens ou des benthivores, vous pouvez prendre des plus petits spécimens. Le risque sera quand même d’être confronté à des problèmes d’acclimatation (principalement d’ordre alimentaire) qui sont souvent plus préjudiciables lorsque le sujet est jeune (plus fragile). L’acquisition d’un sujet adulte, surtout quand il s’agit de C. moorii ou C. ophidium est assez risquée car elle pourrait bien s’occuper avec amour de vos cichlidés. Eric Zeitoun a ainsi un ami qui a vu sa C. moorii se taper un Tropheus adulte ! Il y a de quoi réfléchir deux fois ! Ad. Konings a pris dernièrement quelques clichés de cette même espèce en train de happer un Lamprologus callipterus mâle. A ce rythme là, un « Lamprologus » multifasciatus ne fait pas long feu. Mais rassurez-vous, toutes les espèces n’ont pas ce comportement coquin (voir tableau). Comment les nourrir ?Je crois que c’est là le principal problème et la première cause de mortalité. Vous avez vu dans le tableau relatif à l’écologie de quoi se nourrissent ces espèces et avez certainement remarqué qu’elles ignorent, en arrivant du lac, ce qu’est une paillette ou un granulé. Fort de ce constat, vous allez vous employer à distribuer des artémias ou cyclops. Le problème est que les Mastas sont assez maladroites et n’arrivent pas à capter la nourriture en pleine eau (sauf pour les espèces piscivores). En effet, on a remarqué que la vue de ces espèces est assez faible et qu’elles cherchent la nourriture grâce à leur sens olfactif très développé. Elles doivent ainsi se contenter des restes qui tombent sur le fond, ce qui est souvent pas la panacée. De plus, les paillettes, granulés et nourriture congelée ayant peu d’odeur, elles ratent souvent l’heure du déjeuner. Elles dépérissent alors au fond de leur trou pour en fin de compte disparaître au royaume éternel des non-cichlidés. Lorsque les Mastas sont collectées dans le lac, puis placées en bassin, elles sont nourries à base de Krill (info Mireille Schreyen). Après exportation, lorsqu’elles sont en bac de vente, les grossistes et détaillants leur donnent généralement des vers de vase. Mais le problème, c’est que l’on ne peut donner des vers de vase aux Cichlidés du Tanganyika. Selon ma propre expérience, la meilleure façon d’acclimater ces espèces est de leur donner des œufs. C’est simple, pas cher et ça marche à tous les coups. A la poissonnerie du quartier ou dans votre hypermarché, vous achetez (on peux même vous en donner) des œufs de poissons frais (non fumés).. Peu importe le poisson mais évitez les œufs de saumon qui sont trop gras. De retour à la maison, vous mettez les œufs avec l’enveloppe du sac ovarien dans un petit mixer, un peu d’eau, et vous mixer légèrement le tout. Vous retirez alors les restants de sac qui n’ont pas été broyés, rajoutez un peu d’eau de manière à en faire une pâte et vous congelez le tout dans des bacs à glaçons ou sacs congélateur avec zip. Ainsi, deux ou trois fois par semaine, vous donner une portion d’œufs dans le bac. Elles se jettent littéralement dessus. Progressivement, vous faites d’autres préparations congelées (ou fraîches) en y incorporant non seulement des œufs, mais aussi les autres composants habituels (crevettes, poisson, etc). Les œufs sont si odorants (il suffit de sentir ses mains pour s’en rendre compte) qu’ils vont parfumer toute la préparation et ainsi convaincre notre poisson de s’y risquer. Le mieux est de leur donner à manger peu avant l’extinction de la lumière. En effet, comme beaucoup de ces espèces sont nocturnes, elles auront tout loisir de nettoyer tout le bac des restants de nourriture dès lors que les cichlidés se seront assoupis. Au bout de quelques années, elles mangeront presque de tout (Eric Zeitoun en a même une qui accepte les granulés) et on pourra s’amuser à lui donner à manger à la main. Petits conseils gratuitsSur le plan des maladies, rien à signaler sauf qu’il faut éviter de traiter le bac au FMC (formol + vert de malachite). Elles le supportent très mal (comme tous les Synodontis d’ailleurs). Si vous voulez capturer votre Masta, armez-vous de patience. Inutile d’espérer l’attraper avec les mains, elle pourrait vous blesser avec ses épines et plus certainement vous glisser entre les doigts. Il faut donc jouer de l’épuisette. Le mieux est de placer près de son trou un tube en PVC alimentaire ou une brique creuse quelques jours avant la pêche. Quand elle est à l’intérieur, vous regardant d’un air sournois, vous placez à une extrémité de cet abris de fortune votre épuisette, puis vous relevez le tout. Normalement, ça marche. L’autre solution consiste à démonter tout le décor. Sexer les Mastas est relativement aisé en étudiant les papilles génitales (comme chez les cichlidés et les Synodontis). Les mâles sont aussi légèrement plus grands que les femelles et ont la tête légèrement plus boursouflé. Les femelles ont le ventre plus rebondi que les mâles. Cuisiner les Mastas : la meilleure recette consiste à prendre la recette de la matelote d’anguilles, s’arracher le cœur, et déguster les yeux fermés.
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