Les Mastacembelidae du lac Tanganyika
 Ecologie

Par Eric Genevelle (mars 1999)

Introduction / Taxonomie de la famille et des espèces du lac / Ecologie des Mastas / La collecte des Mastas au Tanganyika / Les Mastas en aquarium / Une nouvelle espèce ? / Les Mastas du Tanganyika en photos / Remerciements et Bibliographie

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Taxon

Habitat

Prof.

Alimentation

Reproduction

A. cunningtoni

Zone vaseuse au large des côtes

20-100

Benthivore, piscivore et lépidophage. Il est possible que la ponte soit synchronisée car on a pu observer des bancs de juvéniles (Pearce, 1985)

A. ellipsifer

Zone rocheuse

 

Benthivore (larves d’insectes à plus de 30 %) et Lépidophage. Se nourrit uniquement la nuit.  

A. flavidus

Zone rocheuse

1-5

Benthivore

Diamètre des œufs inférieur à 1,5 mm.

A. platysoma

Littoral rocheux à pente abrupte, préférant les fonds à éboulis et crevasses, où elle pourchasse activement des petites proies (crevettes).

1-10

Vorace, l'estomac, grand et bien développé, contient des crevettes (Limnocaridina) en quantité, des larves d’insectes aquatiques,  d'Ephémères, parfois quelques larves de Chironomides et des oeufs de Lamprichthys tanganicanus. Se nourrit uniquement le jour. Une femelle de 113,6 mm peut présenter environ 115 gros oeufs jaunes de ± 1,5 mm de diamètre dans les ovaires. L’age d’un individu de 42 mm est estimé à environ 3 mois. C’est le mâle qui assure la garde pendant 1 mois des œufs au fond d’un trou. Il peux se reproduire avec plus d’une femelles et garde ainsi plusieurs générations de frai. Les alevins mâles sont noirs et les femelles rouges avec des bandes noires.

C. albomaculatus

Zone rocheuse

1-15

Benthivore, piscivore et lépidophage (rare). Se nourrit le jour et un peu la nuit. Diamètre des œufs d’environ 2,2 mm. Environ 200 œufs dans les ovaires.

C. frenatus

Zones rocheuses superficielles du rivage et zones marécageuses. Espèce essentiellement fluviatile, mais pouvant se rencontrer dans les lacs à proximité de l'embouchure des rivières ou dans le herbeuses. En outre, on la trouve même dans des zones marécageuses. 

1-3

Elle se nourrit principalement de larves d'insectes aquatiques (Chironomides, Ephémères, etc.), de crevettes, oligochètes et parfois aussi de végétaux (algues filamenteuses, débris de feuilles, figes, etc.). La reproduction a lieu lors des hautes eaux (avril-mai, pour le Ruanda et le bassin de la Ruzizi) vraisemblablement dans les herbiers et les zones d'inondation marécageuses en bordure des rivières, et l'on trouve de nombreux individus mûrs à cette époque. Quelques mois après (juillet), des de 30 à 50 mm apparaissent. Les oeufs jaunes, de + - 2 mm de diamètre sont au nombre de 800 à 1500.

C. micropectus

Littoral rocheux de faible profondeur (0,5 à 4 m) de préférence les zones à éboulis et crevasses.

0,5-4

Vorace, l'estomac contient des crevettes et des larves d’insectes en quantité, souvent des larves de Chironomides et occasionnellement du sable, quelques Ostracodes, des petits Coléoptères, parfois des petits Gastéropodes, etc... D’après les relevés de M.Poll : Sur un lot de 17 individus pris fin juin 1960, 5 mâles et femelles étaient mûres et quelques males en voie de maturation. Les ovaires contenaient chacun une douzaine de très gros oeufs jaunes bien formés (25 et 23 oeufs chez deux femelles de 137 et 99,7 mm Longueur Standard. respectivement), de 2,6 mm de diamètre. Par contre sur les 12 spécimens pris en juillet 1961, tous étaient immatures, de même que les 13 capturés début novembre 1960, où seul le plus grand (181 mm) était une femelle presque mûre. Il semble donc y avoir une époque de frai bien tranchée à différentes reprises durant une même année, mais ne tombant pas nécessairement dans le même mois, l'année suivante.

C. moorii

Zone rocheuse et sédimenteuse

0,5-20

Piscivore (Cichlidés à 96% et petites Mastacembelidae). La taille des proies peut atteindre 9 cm. Diamètre des œufs inférieur à 1,5 mm

C. ophidium

Zones rocheuses et sédimenteuses superficielles près des plages ou à 30-40 m de profondeur sur fond sablonneux, recouvert de coquillages.

10-40

Piscivore, chasse à l’affût cachée dans le sable avec seule la tête dépassant du substrat. Ponte synchronisée avec observation de bancs d’alevins près des côtes (Brichard, 1978). Diamètre des œufs inférieur à 1,5 mm

C. plagiostomus

Littoral rocheux de 1 à 4 m de profondeur, de préférence les dalles rocheuses ou les fonds à éboulis et galets, près des zones sablonneuses.

1-4

Vorace, mangeur d’œufs et de jeunes alevins exclusivement. L'estomac est bien développé et musculeux; l'intestin très court, peut contenir des débris organiques animaux fortement décomposés et parfois on peut y découvrir des oeufs de poisson ou des alevins fraîchement éclos. Par sa bouche infère et faible, ce poisson est évidemment bien adapté à ce régime, et le fait que le tube digestif soit presque constamment vide s'explique aisément par la digestion très rapide de ces matières.

Une femelle de plus 210 mm peut présenter plus de 216 gros oeufs blanc crémeux de + - 2,5 mm de diamètre. Les ovaires sont peu distincts et souvent partiellement ou même complètement fusionnés, formant une gonade unique. La ponte et la garde du frai s’opère dans un trou, mais on ne sait si c’est le mâle ou la femelle qui assure la garde.

C. tanganicae

Littoral rocheux à éboulis, dalles, galets et sable, de faible profondeur, 0,20 à 3 m, de préférence le littoral à pente très faible des côtes basses, où il y a même de la végétation aquatique et entre les pierres sous lesquelles cette petite espèce se tient.

1-3

Vorace polyphage; les estomacs contenant: un peu de sable, des Entomostracés (Ostracodes surtout), souvent des petites crevettes et des petits Gastéropodes, de nombreuses larves et nymphes d'insectes aquatiques et parfois aussi quelques débris végétaux, des oeufs de poisson et des Nématodes. Les jeunes ont un régime identique, mais sont plus microphages.

Les femelles peuvent présenter 140 gros oeufs jaunes de 2 à 2,2 mm de diamètre dans les ovaires, qui sont largement fusionnés pour former une gonade unique. Il semble donc y avoir une période de reproduction en juillet et une autre en novembre.

 

C. zebratus

Zones rocheuses et sédimenteuses superficielles près des plages, sur les fonds à éboulis, gros galets et sable.

1-4

Lépidophage à plus de 99%. Se nourrit la nuit et en synchronisation avec les cycles lunaires. Une femelle de 158 mm peut présenter plus de 97 gros oeufs blancs crémeux dans les ovaires qui sont partiellement fusionnés.

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