Callochromis melanostigma (Boulenger, 1906)

 

Décrit sous Callochromis macrops melanostigma

Callochromis melanostigma.

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Noms indigènes : Tumbwi (Baraka,…).Cf. Litter. in Poll, M., 1946, Ann. Mus. Congo Belge, (I), IV, 3, p. 295.
 
Description: (ex. récoltés de 66 mm à 130 mm.).― Hauteur du corps comprise 3 à 3,15 fois, longueur de la tête 2,6 à 2,8 fois dans la longueur standard. Tête 1,9 à 2,2 fois aussi longue que large. Museau court et arrondi, sa longueur comprise 2,4 à 2,65 fois dans celle de la tête, sa largeur comprise 1 à 1,20 fois dans sa longueur, 0,9 et 1,25 fois aussi long que l’oeil, à profil supérieur droit, le pédicelle maxillaire n’atteignant pas le bord antérieur de l’œil.Œil grand, de forme ovale, compris 2,3 à 3,1 fois dans la longueur de la tête, 2 à 3,20 fois aussi grand que la largeur de l’espace interorbitaire, 1,7 à 2 fois plus long que la hauteur préorbitaire comprise 4,8 à 6,2 fois dans la longueur la tête.Maxillaire visible à l’extrémité, s’étendant jusqu’au niveau ou dépassant légèrement le bord antérieur de l’oeil. Mâchoire inférieure comprise 2,3 à 2,5 fois dans la longueur de la tête, à menton non proéminent. Joue écailleuse portant 2-3 rangées d’écailles.Dents toutes coniques en 3-5 rangées, plus petites dans les rangées internes, les dents de la rangée externe inférieure dirigées vers l’extérieur, au nombre de 55 à 70 dans la rangée externe supérieure. Os pharyngien inférieur en forme de triangle, prolongé par une lame à dents petites et subconique sauf en arrière et au centre où elles sont molariformes.Branchiospines au nombre de 11-12 (moyenne 1,17 / 56) sur la partie inférieure du premier arc branchial.Planche des cription de Callochromis melanostigma.Dorsale XIV,12 / 1 , XV,12 / 5 , XVI,10 / 2 , XVI,11 / 33 , XVI,12 / 10 , XVII,10 / 5 , au total 26/3 , 27/38 , 28/15 ; rayons mous plus longs que les rayons épineux, plus longue épine et plus long rayon mou compris respectivement 2 à 2,85 fois et 1,95 à 2,55 fois dans la longueur de la tête.Anale III,6/1 , III,7/53 , III,8/2 , au total 9/1 , 10/53 , 11/2 ; plus longue épine (3è) et plus long rayon mou compris 2,2 à 3 fois et 1,85 à 2,1 fois dans la longueur standard. Ventrale atteignant ou non le niveau de l’anus, à rayons externes plus longs que les rayons internes. Caudale échancrée à lobes pointus. Pédoncule caudal 1,1 à 1,4 fois aussi long que haut.Écailles 34-37 (moyenne 35,28 / 56) en ligne longitudinale, lignes latérales 32-34 / 17-25 ; 4 ½/ 10½ ; 5½ / 11½- en ligne transversale.

Coloration.― ♂ ― Régions dorsales brunâtres, ventrales blanchâtres. Flancs mouchetés de petites taches noires très contrastées qui existent aussi sur la nageoire dorsale. Caudale largement bordée de noir au-dessus et en dessous. Membrane des ouies et bord operculaire noirâtres. Nageoire dorsale bordée de noir.

♀ ― Flancs faiblement tachetés et marqués dans tous les cas de taches estompées. Caudale peu ou non noircie. Une tache operculaire noire. Vivant, le mâle est gris mauve, parfois rougeâtre au dessus de l’anale, jaunâtre ventralement. Les nageoires verticales sont en grande partie jaunâtres également variées de rouge. L’anale peut porter un gros ocelle vermillon varié de blanc.

Remarques.― La sous-espèce melanostigma diffère peu de l’espèce type mais néanmoins la coloration finement ponctuée du mâle est si caractéristique qu’elle pourrait à elle seule justifier une distinction raciale. En réalité, d’autres différences existent telles que : le museau plus court chez melanostigma, l’oeil plus grand par rapport à l’espace interorbitaire et plus étroit par rapport à la longueur de la tête. Enfin, nous constatons la présence de 17 épines dans 10% des cas chez C. m. melanostigma, nombre jamais rencontré pour l’espèce type.

Dimensions.―maximum observé et connu : 150 mm.

Abondance.― Espèce commune dans son habitat.

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Habitat.― Fonds sableux littoraux de profondeur faible, en moyenne 11 m 80 en se basant sur la profondeur estimée des coups de senne (5 m) et les fonds minima des cinq chalutages ayant récolté cette espèce.

Régime.― Longueur du tube digestif 113 mm chez un exemplaire de 98 mm. Le contenu de l’estomac et de l’intestin comprend une bonne partie de grains de sable parmi lesquels des proies variées, notamment des larves d’insectes (Diptères Nématocères) et aussi Corethra, des petits gastéropodes et ostracodes, mais en moins grande quantité que les larves d’insectes.

Reproduction.― À la station 269, une femelle de 118 mm tenait encore en bouche 5-6 alevins vésiculés de 11 mm de longueur. À la station Usumbura plage, une femelle de 110 mm n’avait plus que six alevins parfaits de 13 mm en bouche.

Méthodes de capture.― 10 lots proviennent de pêche à la senne, 5 lots ont été pris au chalut, 2 à la ligne et 2 sont d’origine indigène.

Valeur alimentaire.― Fait partie du même fretin littoral et n’est pas toujours dédaigné par les indigènes.

Distribution géographique.― Espèce lacustre endémique du Tanganika. La sous espèce C. macrops melanostigma a une distribution géographique particulière, restreinte à la partie septentrionale du lac, au Nord de Nyanza et de la baie de Kasimia (sud d’Ubwari).

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 Expérience aquariophile

Article paru dans la RFC n°160

Auteur: Patrick Louette : AFC 822/78

Introduction:
 
Callochromis melanostigma est un joli cichlidé sabulicole endémique au lac Tanganyika. Cet incubateur buccal polygame est un habitant de la zone sédimentaire des eaux peu profondes proches des côtes.On ne le rencontrerait que près de Nyanza-lac au Burundi sur la côte nord-est du lac, à quelques kilomètres de la frontière tanzanienne d’après Konings (1988) alors que Max Poll (1956) signale également des captures le long de la côte nord-Congo depuis Uvira jusqu’à la pointe de l’Ubwari.
Description:

 
Mâle Callochromis melanostigma.  C. melanostigma a un corps allongé coloré de vert, marron, gris et de rouge grenat sur le ventre. La nageoire dorsale, arrondie dans sa partie antérieure et effilée en arrière, présente une série de marques noires qui permettent de distinguer l’espèce de Callochromis macrops dont il fut pendant longtemps considéré comme une sous-espèce (C. macrops melanostigma). Une grande tâche orange fluo est présente sur la nageoire anale, c’est la première partie du corps à se colorer chez les mâles à la taille de 4 cm.La tête verte porte de gros yeux et est relativement pointue, la bouche est terminale, permettant ainsi au poisson de l’enfouir dans le sable pour la recherche de nourriture. La caudale est grise. Les femelles sont d’un beau gris argenté.

Maintenance:
 
Cinq jeunes issus d’un trio sauvage furent placés dans un bac de 1.60 x 40 x 60 muni d’une décantation garnie Callochromis melanostigma du lac Tanganyika (Burundi).de mousse. La pompe fait ressortir l’eau dans une gouttière (70 x 12 x 10) garnie de perlon. L’aération est complétée par une pompe à air et un oxydator (saturation assurée!!).Un changement d’eau hebdomadaire de 100 litres avec addition de sels est effectué. Les caractéristiques physico-chimiques de l’eau sont les suivantes: pH= 8.1-8.2 ; KH= 14°all ; Temp= 26°C ; nitrates 25 à 50 mg/l.    Il semble que la température maximale souhaitable soit de 27- 28 °C. L’espèce semble en effet très sensible sur ce point.La croissance s’est faite en compagnie de Neolamprologus tretocephalus, Neolamprologus signatus, Astatotilapia burtoni, Xenotilapia (Enantiopus) melanogenys.L’alimentation est composée d’Artémias, Cyclops, daphnies congelées ou vivantes, plancton rouge congelé, nauplius et paillettes.
Callochromis.Reproduction:
 
Quand ils ont commencé à prendre de l’âge, je me suis aperçu que j’étais en possession de 2 mâles et 3 femelles.Quelques mois plus tard, les couleurs sont apparues ainsi que les premières parades.Le mâle creuse des cratères d’environ 10 cm de large pour 3-4 cm de profondeur dans lequel il se met à vibrer toutes nageoires et gorge déployées pour tenter d’y attirer une femelle. Quand ses tentatives n’aboutissent pas, il n’hésite pas à la poursuivre dans tout le bac.C’est en rentrant un après-midi que j’aperçus, derrière des rochers, une femelle immobile et la gorge distendue ; Une incubation si précoce (la femelle mesurait 5 cm) m’étonna.Femelle Callochromis melanostigma en incubation.   Les oeufs ne furent toutefois conservés que trois jours. Plusieurs incubations, infructueuses, se succédèrent ainsi chez deux femelles.Un matin la troisième femelle était en incubation, ses oeufs étaient plutôt portés sur l’avant de la cavité buccale alors que les deux semblaient les porter plutôt en arrière. Au bout de quinze jours elle fut placée dans un bac flottant dans lequel elle continua son incubation jusqu’au 21ème jour ; elle lâcha alors huit alevins d’un bon centimètre. Aussitôt nourris aux nauplius d’artémias, ils grandirent normalement. Je n’ai pas remarqué que les femelles se nourrissaient pendant le temps de l’incubation, ni d’ailleurs que leur ventre était très rebondi avant la ponte, comme on peut le lire dans certains livres ou revues.
Conclusion:
 
C. melanostigma est une espèce à l’agressivité, aussi bien intraspécifique qu’interspécifique, assez élevée. Il faut donc choisir ses compagnons de bac avec attention. Enfin, ils sont très peureux envers tout ce qui bouge devant le bac, comme beaucoup de sabulicoles.


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Bibliographie:

-Konings Ad, 1988. Tanganyika cichlids. Verdjuin Cichlids & lake fish Movies.

-M. Poll : Exploration hydrobiologique du lac Tanganika (1946-1947)Vol. III, fasc. 5 B. / poissons cichlidae / institut royal des sciences naturelles de Belgique / Bruxelles 1956.

-M. Poll 1986 : Classification des cichlidae (cichlidés) du lac Tanganyika. Tribus, genres et espèces. Académie Royale de Belgique.

-Jean Bolline – Michael PerssonKarl Eklind – Emil Matisson –  Sergey Anikstein.

 

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