Tropheus moorii

Tropheus moorii “Red Rainbow”

Auteur: G. ROUSSARIE – AFC 1296.92

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Localisation, description, dimorphismes:

Le milieu naturel de cette variété géographique de Tropheus moorii se situe dans la partie Sud-est du lac Tanganyika, en Tanzanie, aux environs de Kala et Kasanga (voir répartition). Ce poisson de 15 cm a une coloration principale rouge-bordeaux pour les sujets dominants, agrémentée d’une tache jaune-vif sur les flancs. Cette tache mesure 5 cm de long pour 2 cm de haut. Chez les sujets dominés ou jeunes, ces couleurs sont beaucoup moins prononcées, de plus des lignes verticales jaunes apparaissent sur les flancs.L’observation de l’orifice sexuel permettra de déterminer le sexe des poissons; les mâles adultes se distinguent des femelles également par une bouche très carrée.

Maintenance:

C’est en février 1993, lors d’une visite chez un importateur bien connu en Hollande, que je découvris ce magnifique poisson. Je décidais d’en acquérir un couple adulte, tout en sachant qu’il est préférable de les maintenir en groupe de plus de dix individus. Mais, pour des raisons financières, je me limitai à un couple. À mon retour les poissons furent installés dans un bac de 800 litres en compagnie d’un couple de Cyphotilapia frontosa, 1 couple de Petrochromis trewavasae, un trio de Tropheus duboisi “Kabogo” et un couple de Triglachromis otostigma.

Le décor est constitué de meulières essentiellement réparties aux extrémités de l’aquarium et dans la partie arrière, laissant une grande plage de sable en avant et au centre.

La filtration est de type “à décantation”, le rejet de l’eau se faisant juste sous 1a surface de façon à favoriser au maximum l’oxygénation. Des changements d’eau de 200 à 300 litres sont effectués chaque semaine. J’ajoute également des sels selon la formule indiquée par P. Burnel (RFC 106 – 02/1991) à raison de 30g/100L. Le nettoyage des mousses de filtration est fait à la fréquence d’ un bloc par semaine.

Les poissons sont nourris de crevettes, moules, artémias adultes et paillettes végétales.

Lors de l’introduction du couple de Tropheus, les craintes que j’éprouvais quant à l’agressivité du mâle vis-à-vis de la femelle se confirmèrent immédiatement. En deux jours le mâle avait mis la femelle dans un tel état qu’il ne lui restait pratiquement plus de nageoire dorsale. Je décidai donc de la pêcher et de l’installer dans un autre aquarium pour qu’elle se refasse une santé, et je me suis mis à la recherche d’autres Tropheus de la même variété en espérant que l’ardeur du mâle serait diminuée par le nombre de poissons. Par chance un amateur de la région m’en vendit six jeunes d’une taille d’environ 5 cm; ils furent placés dans 1e même bac que la femelle. Quelques temps plus tard, la femelle rétablie et les six jeunes allèrent rejoindre le mâ1e. Celui-ci fut très agressif envers les juvéniles mais plus du tout envers la femelle. Les jeunes, beaucoup plus petits, arrivaient à échapper aux assauts en se cachant dans les moindres recoins du décor.

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Reproduction:

En septembre 1993 le couple se mit à se reproduire mais la femelle ne garda pas les œufs. La deuxième ponte eut lieu fin octobre et, cette fois, l’incubation dura huit semaines. A partir de la cinquième semaine, j’essayai, en vain (je ne voulais pas détruire le décor), de pêcher la femelle. Au bout de la huitième semaine elle lâchait définitivement dans le bac sept jeunes de 15mm; ils étaient de couleur sombre avec des lignes verticales claires. Cinq furent récupérés dans 1e filtre et élevés dans une cuve en plastique flottant dans le bac. Nourris de nauplius d’artémias, bio-plancton et de nourriture sèche, ils mesuraient un mois plus tard près de trois centimètres. Ils furent alors relâchés dans le bac où ils se nourrissent comme les autres, tout en restant bien à l’abri du décor. Après des débuts délicats, le couple s’entend maintenant à merveille et il semblerait qu’une nouvelle ponte se prépare.

Les Tropheus sont vraiment des poissons extraordinaires.

Répartition des Tropheus

à “tâche jaune” sur le flanc,

extrême sud du lac Tanganyika

Tropheus moorii

Répartition de Tropheus moorii.

Documents Ad Konings+ photo satellite du lac Tanganyika.

Tropheus moorii expérience…

Décrit sous : Tropheus moorei Boulenger, 1898

Description:

Cf. Litter. in Poll, M. 1946, Ann. Mus. Congo Belge, (I), IV, 3, p. 266.

Description (ex. récoltés de 74 mm-126 mm).

― Hauteur du corps comprise 2,4 à 2,6 fois, longueur de la tête 1,6 à 1,75 fois aussi longue que large. Museau large et obtus, sa longueur comprise 1,8 à 2,1 fois dans celle de la tête, très abrupt, sa largeur comprise 0,9 à 1 fois dans sa longueur , 1,9 à 2,4 fois aussi long que l’œil, à profil supérieur convexe et abruptement descendant, le pédicelle maxillaire atteignant le niveau de la narine.

Œil petit de forme arrondie, compris 3,8 à 4,6 fois dans la longueur de la tête, compris 1,1 (juv.) à 1,7 fois dans la largeur de l’espace interorbitaire et 0,9 (juv.) à 1,42 fois dans la hauteur préorbitaire. Espace interorbitaire compris 2,6 à 3,6 fois (juv.) et hauteur préorbitaire comprise 3,2 à 4,2 fois (juv.) dans la longueur de la tête.

Bouche large, infère. Maxillaire caché par le préorbitaire, s’étendant jusqu’au niveau du bord antérieur de l’oeil. Mâchoire inférieure comprise 3,1 à 3,5 fois dans la longueur de la tête, plus courte que la mâchoire supérieure. Joue écailleuse portant 3 ou 4 rangées d’écailles.

Dents bicuspides extérieurement, tricuspide intérieurement, formant une rangée externe ininterrompue de 45 à 72 dents, devenant coniques aux coins de la bouche où elles sont au nombre de 5-6 de chaque côté à la mâchoire supérieure. Rangées internes de dents étroitement serrées.

Planche de la description de Tropheus moorii | population de Kinyamkolo (Mpulungu) | (d'après Boulenger).

Planche de la description de Tropheus moorii | population de Kinyamkolo (Mpulungu) | (d’après Boulenger).

Os pharyngien inférieur en forme de triangle, à bord postérieur sinueux, prolongé par une lame antérieure assez longue, aussi longue que l’os proprement dit. Surface dentaire portant des dents fines toutes petites, comprimées et ± bicuspides.

Branchiospines au nombre de 10-15 (moyenne 12,35 / 14) sur la partie inférieure du premier arc branchial.

Dorsale XX, 6 / 1, XX, 7 / 2, XXI, 6 / 10, XXI, 7 / 1, au total 26 / 1, 27 / 12, 28 / 1 ; rayons mous plus longs que les rayons épineux, dernière épine comprise 2,1 à 2,5 fois dans la longueur de la tête, plus long rayon mou 1,4 à 1,9 fois.

Anale V, 6 / 1 ; V, 7 / 4 ; VI, 6 / 7 ; VI, 7 / 2 au total 11 / 1 ; 12 / 11 ; 13 / 2 : plus longue épine et plus long rayon mou compris respectivement 2 à 2,35 fois et 1,45 à 1,9 fois dans la longueur de la tête.

Pectorale comprise 1 à 1,5 fois dans la longueur de la tête, comprise 2,6 à 2,85 fois dans la longueur standard. Ventrales n’atteignant pas le niveau l’anus à rayon externes plus longs que les rayons internes. Caudale échancrée en croissant. Pédoncule caudal 0,9 à 1,2 fois aussi long que haut.

Écailles 31-32 (moyenne 31,57 / 14) en ligne longitudinale, lignes latérales 22-24 / 10-11, ligne transversale 5½ – 6½ / 10-11,11-12 / 5½ – 6½.

Coloration. ― Brunâtre, avec les bords des écailles plus foncés ou parfois entièrement brun foncé avec les nageoires noirâtres toujours plus obscures que le corps. La teinte fonce considérablement après la mort.

Vivant (st. 319), le poisson est vert olive avec le ventre jaunâtre. Il offre sur les flancs des taches et des fasciatures irrégulières d’un beau jaune citron pâle sur le corps. La tête porte sur le museau 3 bande en chevron d’un brun orangé et des ponctuations de même teinte sur l’opercule. Une grosse tache de même couleur existe sur les flancs au-dessus des pectorales. Les nageoires sont grisâtres, la dorsale et la caudale ornées de taches jaune citron. À la station 217, un individu montrait une grosse tache allongée sur les flancs de couleur rouge cerise.

Dimension. ― Maximum observé et connu : 126 mm.

Abondance. ― Espèce rare et dans tous les cas rarement capturée (11 spécimens récoltés seulement).

Habitat. ― Zone rocheuse littorale et à faible profondeur (maximum 4 m). Probablement plus étroitement cantonné que d’autres espèces pétricoles dans les anfractuosités, ce qui expliquerait les difficultés de sa capture.

Régime. ― L’intestin très long et fortement circonvolué forme un gros tortillon ; il mesure 315 mm chez un exemplaire de 95 mm et contient une matière grisâtre. Un estomac contenait des éléments végétaux comprenant des grains de sable, des algues filamenteuses, des diatomées (Epiththemia et Cymbella).

Reproduction. ― Rien n’a été observé concernant la reproduction, si ce n’est la présence d’un ovaire unique en voie de maturation (station 217) dont les plus gros oeufs mesuraient environ 3 mm.

Méthodes de capture. ― Sept spécimens ont été pêchés à la ligne eschée au ver, sauf trois fois à la nasse indigène et une fois à la senne sur fond exceptionnellement pierreux.

Distribution géographique. ― Espèce lacustre endémique du Tanganika.

Population type du Tropheus moorii (Mpulungu)

Population type du Tropheus moorii (Mpulungu)

 

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