Telmatochromis brichardi

Louisy, 1989

(Pisces, cichlidae, lamprologini)

Auteur: Benoît

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#########Introduction:

Un conchylicole aux tons de crème et brun, svelte et nerveux, vivant en colonie territoriale, le mâle régnant sur un harem.

Pondeur sur substrat caché.

Etymologie: telmato de telos = terre, et chromis de chroma = couleur, coloration (Ancien nom du genre).

 

 

Description:

Tout comme ses cousins les T. vittatus et T. bifrenatus, il s’agit d’un poisson au corps élancé, en forme de “torpille”. Des bandes brunes parcourt la longueur du corps, elles sont au nombre de deux pour T. brichardi et T. vittatus. Une, la bande médio-latérale part du museau jusqu’à la base de la nageoire caudale, l’autre parcourt la base de la nageoire dorsale. Les petits telmatochromis "élancés".

La difficulté à distinguer les différents “Telmato élancés”, n’existe que le temps de connaître visuellement l’espèce. Entre le T. brichardi et le T. vittatus les dimorphismes sont les suivants: Longueur nettement plus importante chez T. vittatus (jusqu’à 10 cm chez les mâles, 6 cm max. pour T. brichardi) et museau plus allongé, le diamètre de l’oeil est proportionnellement plus petit. Le T. bifrenatus possède une troisième bande intermédiaire, partant de la jointure supérieure de l’opercule et allant disparaissant avant la base postérieure de la nageoire dorsale (photo centrale). Les nageoires ventrales des mâles T. brichardi sont remarquablement longues, contraste entre les bandes plus marqué et plus précis, nageoires impaires marginées de noir.

Telmatochromis brichardi (P. Louisy).

Maintenance:

######### Après un “coup de foudre”, en feuilletant le livre d’Ad Konings, (“Back to nature des Cichlids du Tanganyika”) le désir d’en maintenir grandit durant plus d’un an avant de tomber sur les premiers spécimens, et l’acquisition d’un groupe de 7 (2 ♂ et 5 ♀).

Par manque de place, l’obligation de scinder ce groupe me fit mettre un mâle et une femelle dans un aquarium de 450 l, avec une population conséquente dans un bac “d’ensemble”. Le reste de la tribu colonisa un bac de 120 l avec un mâle N. brevis “Karilani”, et un X. flavipinnis “Kantalamba”(des célibataires), quelques coquilles de “bourgognes” et de Neothauma permettant le repli des femelles sous l’insistance du mâle, qui est un véritable dictateur !#########

Les relations au sein du groupe sont très particulières et spécifiques, le mâle régnant littéralement sur son harem, bon soldat. Dès qu’une de ses “concubines” montre le bout du nez hors de la coquille, celui-ci se précipite violemment vers elle lui signifiant ainsi que sa sortie du “nid-prison” n’est pas permise (mais peut être est-ce du à une surface insuffisante?). Les femelles le calment par quelques vibrations de la tête (similarité de “langage” avec les femelles Altolamprologus, les autres Telmatochromis et sûrement d’autres espèces!?). Heureusement ses attaques ne vont jamais jusqu’au stade de l’atteinte à l’intégrité physique.

Malgré tout, il faut se méfier de son tempérament vis à vis des alevins, en aménageant des labyrinthes de roches. Un “tapis” de galets ne sera pas de trop, ils pourront ainsi se soustraire à sa garde territoriale (ils se réfugient aussi régulièrement dans la décantation où ils sont faciles à récolter!), qui finit parfois par de la prédation.

Les relations intraspécifiques sont donc passables, en interspécifique c’est le calme plat, un mâle a même essayé de “séduire” une femelle T. temporalis (!?).

Reproduction:Telmatochromis brichardi

Les dimorphismes sexuels les plus marqués, sont donc une longueur remarquable des nageoires ventrales et la longueur totale supérieure du mâle. Les lignes parcourant le corps sont généralement plus contrastées chez les femelles.
Pendant le frai, le mâle entame une danse chaotique ultra rapide. Partant en tout sens, il évite toute collision, invitant ainsi la femelle à venir s’accoupler. Elle regarde cela, tout à fait stoïque, mais secouée par les ondes de pressions qu’il provoque, sûrement des “caresses” aquatiques…

Lors de l’accouplement, le mâle relâche quelque peu sa vigilance, et tous les jeunes mâles s’approchent du “nid” sans avoir véritablement à éviter les agressions du dominant. Il semble que leur présence soit due à “l’envie” de pérenniser. Lors des phases de pontes, après avoir lâché sa semence, le gros mâle commence à poursuivre un des “satellites”, moment choisi par les autres pour venir à l’entrée et lâcher de la semence dans la proximité du site de ponte.
Jusqu’à trois mâles à la suite ont été observés pratiquant de la sorte.
Il parait donc évident qu’une ponte doit avoir plusieurs pères en plus du principal (et en aquarium du moins).
T. brichardi, alevin, (P. Louisy).

Difficilement observables, les oeufs sont collés dans la spire d’une coquille, et le nombre d’alevins minuscules se situe dans une fourchette de 30 à 100. Leur taille se situant aux alentours de 3/4 mm après le stade de larve. LesT. brichardi, jeune. nourrir aux micros-vers dans les premiers jours leur est très bénéfique, leur croissance est assez rapide, et très vite ils acceptent les poudres, paillettes, cyclops congelés… etc.

 

 

 

 

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Remerciements: Je tiens tout particulièrement à remercier Mr. Patrick Louisy qui m’a aimablement communiqué l’intégralité de sa description de Telmatochromis brichardi.

 

Références:
Revue fr. d’Aquariologie, 15 (1988),3, 15 février 1989 (p.79↔85) Description de Telmatochromis brichardi (Pisces,cichlidae,Lamprologini),espèce nouvelle du lac Tanganyika, Par Patrick Louisy.
Ad Konings/Les cichlidés du Tanganyika dans leur milieu naturel (1998)/Back to nature des cichlids du Tanganyika (1996 by Cichlid Press).
Éric Genevelle/INDEX DES CICHLIDÉS DU LAC TANGANYIKA (septembre 2000)/cartographie/Tanganyika cichlids.
Patrick Louisy.
Keith L. Jackson.
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