• Voyage en Tanzanie

    Petit résumé de la première partie des voyages effectués le long des côtes de Tanzanie en 2010 et 2011.
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    A short summary of the first part of the trips made along the coasts of Tanzania in 2010 and 2011.


Telmatochromis sp. “Congo”

sp. “Congo” ou “schachbrett”

Telmatochromis sp. Congo

Auteur: Benoît

Introduction: 

Cette “espèce” n’est pas décrite mais nous pouvons, toutes proportions gardées, la rapprocher de T. vittatus (dès que possible sa véritable identité sera indiquée ici.). Plusieurs appellations lui ont été données, sp. “Longola”, sp. “Schachbrett” = damier/échiquier, ou sp. “Zaïre” à une certaine époque.

Une petite mise au point (ou tentative de mise au point) s’avère nécessaire. Nous allons voir les différents points qui permettent de distinguer T. brichardi de T. vittatus et T. sp. “Congo” (je passerai sur l’appellation tchèque du T. brichardi, Telmatochromis, bifrenatus, brichardi, vittatus Congo (comparaison).vendu sous T. bifrenatus).

  1. la forme du museau (plus oblongue chez T. brichardi, en bas à gauche)
  2. la taille proportionnelle de l’oeil (plus petit chez T. sp. “Congo”, en haut à gauche)
  3. la taille adulte (plus grande chez T. sp. “Congo”)
  4. ligne supplémentaire chez T. bifrenatus!!!

Bien sûr rien ne remplacera l’observation “in vivo”, et tout cela apparaît vraiment lorsque la comparaison est faite avec des spécimens des deux espèces côte à côte.

-Etymologie:

telmato de telos = terre, chromis de chroma = couleur, coloration (ancien nom du genre), et  vittatus = avec des bandes.

Telmatochromis sp. "Congo".

Description:

Un cichlidé élancé, il est morphologiquement proche de son “cousin” T. brichardi. Telmatochromis sp. "Molwe".   Dans sa livrée crème/beige, traversée par une bande brune entrecoupée de fasciatures marquées, il a parfois l’oeil jaune, et dans certaines localités il peut être à dominante jaune (œil, fasciatures, nageoires…) comme à Molwe (photo ci-contre T. sp. “Molwe”?). Les grands mâles peuvent dépasser les 10 cm. Plus ils sont dominants, plus leur rang s’exprime dans la longueur des nageoires pelviennes, et l’absence de bande brune. Un magnifique poisson, trop méconnu, que je vous invite à découvrir à travers cet article. Poisson d’apparence peu attirante, il faut l’avoir regardé évoluer et vivre pour s’y attacher… Car comme beaucoup d’espèces du lac Tanganyika, c’est en l’observant, qu’on apprend à le mieux connaître… La trame de son tissu social étant on ne peut plus remarquable, et fascinante.

Telmatochromis sp "Congo".Maintenance: 

Une famille, voilà ce qu’il y a de mieux pour cette espèce: un mâle dominant, un ou deux mâles satellites, 3 à 4 femelles, 200 litres minimum ; un plus fort volume n’enlève rien, bien au contraire… Il ne manque plus que des jeunes.

Ils adorent les roches et donc leur bac sera un enrochement. Ils aiment les algues, il n’est donc pas nécessaire de nettoyer les pierres couvertes d’un tapis de cet apport nutritionnel (à noter que toute forme d’algue : filamenteuses, pinceaux… etc. est dévorée de la même façon), ils en arrachent et avalent une grande quantité et si vous les introduisez dans un bac envahi, ils auront tôt-fait d’arranger la surface de la caillasse.

Le groupe est relativement hiérarchisé, et le mâle dominant remet régulièrement à leur place les membres sortant du “droit chemin”… Les poursuites sont rarement violentes, juste rapides, virulentes, fermes, et chacun retourne à ses occupations, l’un broute, l’autre “chapeaute”… Il s’agit d’une espèce très agréable à regarder vivre, les déplacements glissés le long des roches (à l’image des Julidochromis ou Chalinochromis) sont appréciables, calmes et reposés. #########Entre eux, aucune “coupe” de nageoire. Des pots de fleurs ou des briques alvéolées pourront être dissimulés dans les éboulis, et seront ainsi de bons substrats lors des pontes à venir.

Voilà établies les bases d’une maintenance pétricole… Regardez les, parfois une belle parade entre mâles tranche sur la sérénité ambiante, puis tout rentre dans l’ordre… Les femelles qui ne sont pas prêtes à pondre doivent se cacher relativement, car le mâle peut être insistant voire “cavalier” dans ces cas là (c’est pourquoi il convient de respecter l’enrochement avec dédale, et le volume minimal de 200 litres), et les poursuites sont rapides en cas de refus! Tout est donc dans la vie sociale du groupe, et vouloir les maintenir en couple serait malvenu.

Comme colocataires, rien ne vous sera impossible, la seule restriction serait de les mettre dans un bac avec des pondeurs sur substrat -plus ou moins- cachés. Par exemple des Lepidiolamprologus spp. ou des Variabilichromis moori, ce dernier les chassant avec virulence… En effet, tout comme T. vittatus,  dont les  juvéniles et sub-adultes sont observés aux abords des nids (dans le lac) dévorant les œufs impunément (ils ressemblent aux petits Lepidiolamprologus…), T. sp. “Congo”devrait être un cohabitant à éviter si vous voulez avoir des reproductions menées à terme.

Il y a une autre restriction tout de même, celle de ne pas mélanger des Telmatochromis élancés dans un même bac, pas d’associations entre T. brichardi, bifrenatus, vittatus, vues également des hybridations avec N. leleupi!!!

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Reproduction: 
Une femelle prête à pondre développe un abdomen rebondi très visible, comme sur la photo ci-contre. Telmatochromis sp "Congo".Le mâle devient beaucoup plus “prévenant” à son encontre, et parade devant elle en prenant une livrée barrée et plus pâle. La danse (le “Jerk”) est frénétique et il arrive parfois qu’il percute un obstacle tellement il perd le contrôle… Les ondes de pressions provoquées par ces mouvements rapides, déplacent  littéralement la femelle comme des vagues —il est possible que cela provoque une sensation particulière à cette dernière, comme des caresses (?)— comme déjà observé pour d’autres espèces de cichlidés du lac, A. calvus, T. brichardi par exemple. Sa livrée change et des barres marquées apparaissent (photo ci-dessous)

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Cette espèce étant pondeur sur substrat caché, la femelle cherche un lieu bien abrité, inaccessible aux prédateurs (ovovores*, paedophages*…), si les conditions adéquates ne sont pas trouvées dans le bac, la ponte est inhibée…

Une astuce peu esthétique mais efficace, est de leur offrir un substrat artificiel, tel qu’une boite de nourriture pour alevins dont le couvercle aura été au préalable, percé d’un trou assez grand pour que la femelle s’introduise sans difficulté et puisse en garder l’entrée (en l’obturant si c’est possible, voir illustration ci-contre). Le mâle l’empêche de sortir du site de ponte, au moindre mouvement il s’approche et, si une part trop importante du corps dépasse, il oblige physiquement la femelle à réintégrer son confinement et à continuer sa garde rapprochée.

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Un autre bon substrat qui est plus “naturel”, est une coquille de gros gastéropode marin.

Ou entre les valves d’une moule (morte) du lac!!!

#########   Lors de la ponte, il peut être observé une “baisse de la garde” du mâle dominant. Cela permet donc aux autres de venir féconder une part de celle-ci, il est à noter que toute la “famille” participe de près ou de loin à cet événement, l’agressivité diminuant notablement durant quelques heures.

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Les oeufs sont relativement petits (env. 1 mm  de diamètre), de couleur grisâtre à crème. Une ponte peut en compter plus de cinquante. Ils éclosent au bout d’environ 4 jours, et les larves résorbent le vitellus en à peu près 7 jours. Très rapidement la garde de la femelle s’atténue, et toute la marmaille s’égaye aux quatre coins du bac… Il est également possible d’aller les chercher dans la décantation, et même dans l’arrivée des filtres extérieurs, passant par la crépine ils échouent là et peuvent y mourir s’ils ne sont pas retirés rapidement… Ils grandissent bien et relativement vite, et il n’est pas rare d’en découvrir par hasard entre les roches qui mesurent déjà plus de deux centimètres! Passant tellement bien inaperçus que la surprise est totale!

La forme élancée est très marquée, et ce dès leur plus jeune âge. Leur livrée est plus ou moins ponctuée, plus ou moins barrée, la bande caractéristique apparaît un peu plus tard, vers six mois environ…

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Conclusion:

Espèce au régime alimentaire centré sur le végétal, il a évidemment sa place dans des bacs de “brouteurs”… Mais il n’y a aucune contre-indication pour le maintenir avec d’autres genres plus axés “régime carné”…

Pour l’expression comportementale, il serait mal venu de le maintenir en couple uniquement, avec cette espèce il ne faut pas avoir peur du nombre (en restant raisonnable tout de même).

Remerciements:

-À Eric Genevelle

–  Max Strandberg (http://hem.bredband.net/maxstr/)

Documents: “Amateur cichlid”(Tim Nurse), Max Strandberg, Eric Genevelle.

>Voir d’autres documents sur les Telmatochromis sp. aff. vittatus<

 

 

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