Neolamprologus helianthus

Büscher 1997.

Zone de répartition de Neolamprologus helianthus

-Localisation de N. helianthus

de Kamakonde à Kalo en

R.D. du Congo.

Expérience aquariophile

Auteur: Benoît

Introduction:

   La tribu des Lamprologiens nous réserve certainement encore bien des surprises, sur les 2 000 kilomètres de côtes que compte le lac Tanganyika, combien de pour-cents ont été investigué dans le détail, à tous les “étages”, dans tous les biotopes, dans les moindres recoins ?

   Cette espèce a été “découverte” récemment, et la portion de côte qui l’a vue naître est restreinte. Qui sait ce que l’avenir réserve?

Le moindre caillou isolé, la moindre plage enserrée, peut s’avérer être un écrin précieux où une nouvelle forme existe, séparée du reste du monde depuis quelques dizaines de milliers d’années. Y penser est encore un point de conscience, cet espace doit être protégé des calamités de la civilisation industrielle.

Description:

      Espèce de taille moyenne à petite: mâle 8 à 9 cm, femelle 7 à 8 cm; liseré blanc sur les nageoires ventrale, pelviennes, et caudale, tendance jaune-orangé pour toutes, queue et pelviennes à prolongement filamenteux blancs. Livrée à dominante jaune-orangé, légères ponctuations bleutées en bandes sur les flancs, alternées avec des ponctuations jaune-orangé (de près). Dessin noir en V sur l’operculaire, tache jaune sur le dessus de l’opercule ﴾dessin général du N. splendens (phot.1)﴿.

   Tout comme N. daffodil  (qui est la Jonquille en Anglais), l’étymologie du nom de cette espèce vient de sa livrée à tendance jaune comme une fleur d’hélianthe.

     Avis personnel sur une genèse de cette espèce, à la vue de poissons nouvellement arrivés du lac, il est apparu une relation morphologique marquée –du corps – avec un N. mustax (phot.2) présent dans un bac proche…
Une variété de N. mustax jaune vit sur le même secteur. Il se pourrait donc qu’il y a quelques milliers/millions d’années une femelle splendens (phot.3) ait “fauté” avec un mustax (ou l’inverse) et qu’ils aient ainsi “créé” ensemble cette espèce particulière lors d’un isolement sur une petite partie de côte ou un îlot.


Bien sûr, ceci n’est qu’une hypothèse et aucun moyen amateur ne permet véritablement de l’affirmer. Il s’agit simplement d’une impression instantanée.
Dans cet ordre d’idée, le N. pulcher “daffodil” (phot.4) pourrait avoir une origine équivalente.

   La référence principale pour émettre cette idée est également la pigmentation à tendance jaune des livrées.

   Bien sûr d’autre caractères sont là pour contrecarrer cette hypothèse, et la forme des nageoires en est le principal, mais les méandres de la génétique…(?)

   Trêve d’élucubrations…

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Maintenance:

     Un couple sauvage dans 120 litres d’eau, deux empierrements ; un de grosses meulières, investis par le mâle d’un côté. Un petit pot de fleurs couché recouvert d’un éboulis de petits galets de l’autre côté, puis rajout d’éclats de pouzzolane d’environ 1 à 4 cm de Ø.Neolamprologus helianthus (male).

     Cette configuration fut pensée d’après les informations obtenues auprès d’autres cichlidophiles maintenant ou ayant maintenu ce magnifique poisson, sur le comportement de l’espèce et sur sa reproduction. Comportement agressif aux dires de certains, mais jamais observé dans ce volume et ces spécimens, vivant dans un bac spécifique.

     Également il apparaît  clairement que le comportement de N. helianthus tend vers le solitaire, à priori comme son proche parent le N. splendens ( N. mustax, N. splendens qui en sont d’autres d’ailleurs). Donc des interactions peu marquées dans le couple. Visiblement seule la femelle rend des visites de «courtoisie» au mâle, et s’en revient rapidement vers son “antre”.

#########      Ils sont d’un naturel farouche – dans ces conditions – et l’observateur doit s’armer de patience pour les voir sortir le bout du museau. C’est donc un vrai pétricole dont la livrée ira en se fonçant en fonction des tons des pierres, tout comme des N. leleupi  jaunes qui peuvent virer au brun foncé maintenus dans un bac avec des pierres de lave. En ajoutant encore des pierres, l’attitude craintive s’atténue, du moins chez le mâle. La femelle se précipitant au moindre risque de danger !

      Avec suffisamment d’espace, ils vivent donc bien et tranquilles, comme tous les poissons que nous pouvons avoir, et dans ces bonnes conditions même les plus territoriaux seront des “matoux bien câlins”…

   Lithophiles* purs, il ne faut pas hésiter à leur donner de la pierre, des dédales de roches plus ou moins grosses, ainsi le choix du territoire sera plus simple et la multiplicité des anfractuosités est toujours un plus pour ces espèces vivant au coeur des monolithes.

Reproduction:

#########     Le meilleur signe avant-coureur de ponte, est le travail de sape de la femelle, qui évacue du sable de sa “loge”, et cela commence environ trois jours avant la dépose des oeufs. Les oeufs sont donc verts comme ceux de N. savoryi et au nombre de 5 à 15 environ pour cette femelle.   Compter 5 à 6 jours après pour voir apparaître de minuscules fretins…

Alevins, N. helianthus, de trois pontes différentes.    Virgules blanchâtres farouches et tapies sur les pierres au moindre signe de leur mère. Ils sont très craintifs, surtout ceux de la première ponte visiblement, pour les suivants cela est beaucoup moins marqué (observation en aquarium et absence de “groupe colonial“).

    Comme chez d’autres Lamprologiens, les plus grands “montent la garde”. Pour avoir ce comportement en aquarium, il apparaît à l’évidence que la multiplicité des caches est un plus, à l’image des coquilles pour les multifasciatus (plus il y en a, et plus la population est extensive), ainsi tous les jeunes trouvent leur place dans le dédale de pierres et peuvent grandir tranquillement.

   Ils sont visiblement plus agressifs que des N. savoryi dans des conditions équivalentes.

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     Les pontes se succèdent et contrairement à certains renseignements obtenus les alevins les plus grands ne mangent pas leurs petits frères et sœurs des dernières pontes !
L’aménagement d’un “biotope” dans l’aquarium doit certainement y être pour beaucoup. Il ne faut certainement pas hésiter à accumuler les petites pierres pour que chaque jeune trouve sa place au cœur de l’éboulis, ainsi les plus gros s’éloignent au fur et à mesure de leur croissance, cédant la place à leurs cadets.

N. helianthus, alevin d'un mois.   La création d’empierrements de petit calibre s’avère donc très importante lors de l’approche d’une ponte. Les jeunes de la dernière ponte qui jusque là étaient acceptés par la femelle sont “renvoyés” du nid. C’est certainement cette période qui est critique, si rien ne peut leur servir d’abri, de refuge, ils risquent fort de se retrouver  en eau libre et là servir de pâture à leur “grands frères” !

   Le déplacement vers d’autres bacs de tout ce petit monde est donc régulièrement nécessaire. En effet à la troisième ponte dans ce volume et cet amas, tous les nouveaux venus ont disparu rapidement.

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   Aucune territorialité/agressivité des adultes ne s’exprime vis-à-vis des juvéniles, et ceux-ci peuvent tranquillement investir tout ce volume, étant rapidement territoriaux. Soyez vigilant, il faut faire les séparations d’usage pour éviter les disparitions des plus petits.

Mâle et un alevin.

Mâle et un alevin.

Conclusion:

#########    Il est donc possible d’avoir des comportements très différents en fonction des paramètres offerts à nos pensionnaires, et il est préférable de faire son expérience en pesant à l’avance toutes les connaissances acquises pour servir ses hôtes du mieux possible, de ne pas hésiter à questionner (sur CICHLIDSFORUM par exemple) et se questionner sur le “comment faire” pour avoir les meilleures issues dans la maintenance d’une espèce nouvelle ou peu connue/commune.

   Une allure souple et tranquille, une livrée rare, un tempérament “guerrier”, et une fécondité non envahissante sont les points à retenir concernant cette espèce. 

Remerciements : À tout ceux qui m’ont donnés des indications sur les différents

problèmes qu’ils ont rencontrés dans la maintenance de cette espèce.

Documents : Abysse, Jeff Dubosc, Cichlidpress, Erik Olson.

Neolamprologus helianthus

Eric Genevelle (juin 1999)

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Neolamprologus helianthus photographié à Kamakonde
Photo H. Büscher – Reproduction interdite

Voici la fameuse nouvelle espèce dont on vous parle tant depuis quelques mois.

Cette espèce a été décrite par Büscher en 1997 à partir d’exemplaires collectés le 13 mai 1993. Les premiers exemplaires ont cependant été observés en 1991 à Kamakonde au Congo. Vous avez donc l’honneur de découvrir pour la première fois une photo de cette espèce en milieu naturel (Merci Heinz !)

Ad. Konings pense que cette espèce est synonyme de Neolamprologus splendens en raison de la position de ses marques operculaires en V (Selon Ad., la différenciation des espèces du complexe brichardi se ferait selon la disposition de ses marques operculaires).
Neolamprologus helianthus 08 (Marque operculaire) (HB).jpg (16676 octets) Neolamprologus helianthus 09 (Damier adulte) (HB).jpg (12584 octets)
Détail des marques operculaires Détail du patron de colorartion corporel

Pour en savoir plus sur cette possible synonymie, j’ai voulu en savoir plus et demandais alors à Christophe Riondy (célèbre pour sa maîtrise de l’Allemand), de me traduire quelques passages du texte ayant servi à la description de la fameuse espèce (DATZ, 1997).

Le résumé de l’article est donc le suivant:
“Neolamprologus helianthus n. sp. est décrit d’après dix exemplaires provenant de la côte sud-ouest du lac Tanganyika (République Démocratique du Congo, ex. Zaïre), à environ 110 km au Sud de Moba, où il a été observé à une profondeur généralement entre 2 et 7 m. La distribution géographique est limitée à environ 20 km de côtes. Neolamprologus helianthus atteint une longueur standard d’environ 60 mm et fait partie d’un petit groupe de Neolamprologus à caudame lunée. Elle se distingue de toutes les espèces du genre par sa nageoire caudale lunée et filamenteuse. Le nombre d’écailles sur la ligne latérale (33-37), la hauteur du corps (30,2-33,7 % de la longueur standars), la longueur du pédoncule caudale (102-114 % de sa hauteur), le nombre de branchiospines sur la partie inférieure du premier arc branchial (7-9), la coloration du corps jaune orange ainsi qu’une marque en forme de V sur le preoperculum et l’operculum.”

Avec ça, nous voici bien avancé. Rien ne nous dit ce qui peut distinguer l’helianthus du splendens. A la lecture complète du fameux document, on trouve quelques raisons à cette différence, bien que Büscher ne s’y attarde pas trop:

Premièrement, on rencontre l’helianthus en compagnie d’autres espèces du complexe, comme brichardi, savoryi, marunguensis et gracilis. Or, ce n’est pas le cas pour le splendens. Avec N. brichardi, la cohabitation se fait à distance (N. brichardi est attaqué et chassé). A noter que N. brichardi se tient plus loin du substrat et souvent à de plus grandes profondeurs. Avec N. savoryi et gracilis les contact sont moindres, car l’habitat recherché par ces derniers est légèrement différent (respectivement: avec de gros rochers et un peu de sable, et fentes étroites avec fort contact avec les rochers) et souvent plus profond.

Il reconnaît cependant que la similitude des marques operculaires est caractéristique d’un lien de parenté étroit entre ces espèces. Comme autre type de différence, il nous explique que le splendens a un fond de coloration gris bleu alors que l’hélianthus est jaune orange. Ca ne fait pas lourd !!!

Il nous explique aussi plus en détail ce qu’il veut dire par nageoire caudale en forme de lune. Cette forme fait opposition à celles en forme arrondies ou échancrées. La forme en lune est donc très filamenteuse, très fourchue, comme N. furcifer, N. buescheri et N. longicaudatus voir même N. christyi.

Sur le plan du comportement en milieu naturel, Henz Büscher a observé que cette espèce vit dans les zones peu profondes de l’habitat (voir résumé). Cela expliquerait pourquoi on ne trouve pas cette espèce au sud de Lunangwa. En effet, à partir de cette zone, le fond tombe à pic pour finir sur une zone vaseuse. Cette espèce ne semble pas vivre en groupe ou colonies comme les brichardi et pulcher. Il vivrait plutôt en couple (comme le splendens) et très près du substrat rocheux. Les alevins ne s’éparpillent pas non plus autour du nid et il est rare de voir un alevin de 2 cm se promener.

Sur le plan alimentaire, l’helianthus semble être omnivore, plus que les autres espèces du complexe. On a trouvé dans ses contenus stomacaux des algues cyanophycées, diatomées, algues vertes, petits crabes, copepodes, larves de chironomes). On a même trouvé du sable. Pour manger tout ça, notre ami a 58 dents, dont les centrales (6 en haut et 6 en bas) ont grandi en forme de canines.

Les premiers exemplaires de cette espèce ont été présentés à l’occasion du Cichliden Show à Anvers en Avril 1999. Les spécimens présentés étaient issus des reproduction de Büscher et encore à un stade sub-adulte (5 cm). Une des caractéristique de cette espèce par rapport aux autres du complexe est la présente d’un patron à damier très très joli.

Les premiers exemplaires reproduits en captivité sont arrivés en France début juin 1999. Alors un peu de patience et dans quelques temps, nous pourrons en profiter.
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Neolamprologus helianthus photographiés à Anvers

Avec tout ça, vous en savez autant que tout le monde. Alors vous pouvez vous faire une idée personnelle de la chose.
N. helianthus = N. splendens ? Rien n’est moins sûr. Mais c’est quand même un très joli poisson qui risque de faire fureur dans peu de temps. Il le mérite !

Ps: Merci à Chritophe pour la traduction et à Philippe Hotton pour m’avoir fait parvenir l’article.
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