Neolamprologus sexfasciatus

Auteur : Jacques Blanc. AFC 1652.04

Article paru dans la revue AFC n° 166 de février 1997

Description / répartition:

 

Neolamprologus sexfasciatus.     Ce poisson est connu depuis longtemps mais il n’a pas, à mon avis, la popularité qu’il mérite. Il semble, en effet, un peu “boudé” par les “pros du Tanga”, sans doute, justement, parce qu’il est trop connu.
Il n’est pas très commun dans le milieu aquariophile, ce qui est bien regrettable car il a une belle forme, de belles couleurs et un caractère assez calme, un peu balourd.

    Avant de poursuivre, il paraît utile de faire un petit rappel concernant son habitat naturel: il occupe la zone intermédiaire dans la moitié sud du lac. A ce jour trois variantes sont connues. La forme en ma possession, dite “jaune”, vient du sud de la Tanzanie et particulièrement des environs de Kipili. Une deuxième forme jaune vient du sud Zaïre, elle est légèrement différente de la précédente. Enfin la dernière variante vient de Zambie, à Neolamprologus sexfasciatus de Zambie (bleu).l’extrême sud du lac, sa coloration dominante est le bleu avec, comme son nom l’indique, six barres noires verticales.

    Cette dernière variété ressemble au Neolamprologus tretocephalus du nord du lac, avec une barre supplémentaire. Il constitue aussi un défi pour les aquariophiles, en effet Ad Konings a indiqué lors de ses différents passages en France qu’il s’agit de la seule espèce importée du Tanganyika à ne s’être jamais reproduite en captivité (ndlr: en 2007 ce fait est toujours avéré). Avis aux amateurs et aux “pros du Tanga” qui trouveront là une bonne raison pour (re)découvrir l’espèce.

Neolamprologus sexfasciatus bleu, en aquarium.

Neolamprologus sexfasciatus (bleu de Zambie).

 

Maintenance:
    Son comportement en aquarium est bon. Il n’attaque pas les autres poissons, même les Neolamprologus sexfasciatus, forme jaune, combat entre mâles.conchylicoles s’ils sont adultes (Cette observation étant faite uniquement sur la variante jaune car la forme bleue est réputée plus piscivore) et, de plus, il n’abîme pas les plantes. Son comportement fait penser à celui de Cyphotilapia frontosa. Il se contente d’un territoire réduit, en général une grotte, d’où il sort calmement de temps en temps pour faire fuir ses congénères.
   La présence de roches est indispensable, surtout si l’aquarium est petit. Les combats intraspécifiques sont continuels et conduisent soit à la fuite soit à la prise de bec. Les nageoires ne sont que rarement abîmées. Je n’ai jamais eu de mort due à des bagarres.
En milieu naturel, il est censé se nourrir d’escargots. C’est possible, car avec son comportement pataud, on l’imagine mal capturer des proies plus rapides. Il a tout de même l’allure d’un prédateur et on peut parfaitement imaginer qu’il pourrait, comme un C. frontosa, avaler un poisson endormi.
Pour ma part je les nourris avec des épinards et moules, hachées pour les jeunes, coupées pour les adultes.
Je maintiens cette espèce depuis dix ans, par intermittence, dans mon bac d’ensemble de 600 litres en compagnie de poissons de toutes provenances relativement calmes (Je m’abstiendrai d’en donner la liste, pour ne pas faire hurler les puristes!!) et de nombreuses plantes (Anubias, Vallisneria, Crinum…).
Dans ce bac je n’ai jamais remarqué de tentative de ponte.

Reproduction:

   Ayant un bac de 200 litres momentanément inoccupé, je plaçai deux sujets supposés de sexes différents en raison des différences comportementales et de leur taille (11 et 12 cm). J’y mis des pots de fleurs avec une grosse quantité de pierres calcaires et 1/2 centimètre de sable. L’eau est additionnée de sels “Vichy” (à ne pas confondre avec les pastilles du même nom, elles n’ont pas le même effet!).

    Dès leur introduction les deux poissons se cachèrent de chaque côté du bac. Dix jours plus tard, à la suite d’une terrible prise de bec, le plus gros prit possession du centre du bac, exposant fièrement son museau et ses lèvres déchiquetées. Le plus petit semblait avoir disparu.Neolamprologus sexfasciatus bleu de Zambie.

    Deux jours plus tard, en le cherchant avec une lampe de poche, j’aperçus dans le reflet de la vitre arrière une trentaine d’oeufs blancs très petits (environ 1/3 de millimètres) près de ce que je pensais être la femelle.

    Ils étaient disposés à l’extérieur d’un pot de fleurs au milieu d’un amas de roches. Il est difficile d’imaginer comment les poissons ont fait pour se faufiler et pondre dans un pareil endroit.
Le lendemain il n’y avait plus rien. Seul le mâle traînait au milieu de l’aquarium et mangeait goulûment.

    Huit jours plus tard, pensant à un échec, je décidai d’introduire un Pléco car les vitres étaient devenues quasiment opaques. Le lendemain elles étaient propres et j’eus l’heureuse surprise de voir la femelle dans les rochers, à 40 cm de haut, entourée d’une nuée d’alevins.
Les jours qui suivirent, mâle et femelle semblaient réconciliés et gardaient leurs jeunes ensemble au centre du bac. Pour les nourrir plus facilement, j’en siphonnai trois ou quatre cent pour les placer dans un bac d’élevage. Malgré leur petite taille ils consomment immédiatement les nauplii d’artémias.Neolaprologus sexfasciatus, mâle jaune paradant.

   La soixantaine de petits laissée dans l’aquarium resta en compagnie de ses parents pendant trois semaines.

Un jour le mâle chassa à nouveau la femelle et resta seul avec les jeunes. Je ne la revis que quatre jours plus tard dans un recoin sous une pierre avec quelques centaines de larves minuscules. Cette deuxième portée disparut une semaine plus tard au début de la nage libre à la suite d’une scène de ménage.
Deux mois après leur naissance, il ne restait qu’une trentaine de jeunes de 2 cm en compagnie du mâle. La femelle restant cachée et ayant des difficultés pour se nourrir je décidai d’arrêter là mon expérience.

Conclusion:

    Malgré leur petite taille au moment de la naissance, les jeunes grandissent assez vite.


J’espère que cet article contribuera à redonner à chacun le goût de (re)découvrir les espèces bien connues mais sur lesquelles il reste toujours un peu à apprendre.

Un grand merci à Jacques, de me permettre de d’intégrer son article au site.

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