Neolamprologus similis

Büscher 1992

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  • Répartition de Neolamprologus similis

entre cap Tembwe en R.D. du Congo et Kabogo en Tanzanie mais absent de Zambie (où l’on trouve N. multifasciatus).

Expérience aquariophile

Auteur : Jean-Luc Ravard (AFC 681/67)

Article paru dans la RFC N° 190 de Juin 1999

 

Introduction:Neolamprologus similis, adulte.

Historique :

Ce petit cichlidé conchylicole du lac Tanganyika, d’abord appelé Neolamprologus sp. aff. multifasciatus puis sp. “big eyes” au vu de la taille assez imposante des yeux, à été découvert au début des années 1990 par Ad Konings qui l’a photographié dans deux localités différentes de la partie médiane du lac, chacune d’elle se faisant face, respectivement (Bulu point en Tanzanie, et cap Tembwe au Zaïre, (ndr : R.D.Congo). Une deuxième aire de distribution se trouve plus au sud sur la côte Zaïroise (R.D.Congo) à Zongwe. C’est de cette localité découverte par Mr K.H. Büscher que nous proviennent les spécimens qui ont servi à la description de l’espèce (1992).

Description:

Neolamprologus multifasciatus adulte.

 

Ce poisson tient son nom en référence à la similitude d’aspect avec Neolamprologus multifasciatus, son cousin éloigné et légendaire. Sa robe est composée de barres brunes espacées régulièrement ; celles-ci sont également présentes sur la queue, de même que sur la partie supérieure de la tête, ces barres étant absentes chez N. multifasciatus. La nageoire dorsale présente un liseré noir souligné d’une bande dorée, les nageoires ventrales étant quant à elles, sont soulignées d’un fin liseré bleuté. La taille adulte est de 5 cm pour le mâle, la femelle atteignant 3 cm.

Maintenance:

Dans leur biotope, ces poissons évoluent en groupe plus ou moins dense dans les “cimetières” d’escargots de l’espèce Neothauma (ndr : et les enrochements, n’étant pas essentiellement conchylicoles). J’ai eu la chance de rapporter six exemplaires juvéniles du congrès AFC de Vichy en 1996, qui mesuraient de 1,5 cm à 2 cm. Je les ai installés dans un petit aquarium de 100 litres décoré de quelques morceaux d’ardoise et en avant plan d’une plage de sable fin comprenant des coquilles d’escargots de différentes espèces (bourgognes, ampullaires, petit gris, bulots, et tout récemment quelques Neothauma que j’ai récupéré chez Mr Büscher en Suisse). Neolamprologus similis, au dessus de ses coquilles. Ils sont beaucoup plus timides que leurs cousins, et dans un premier temps se cachent derrière le décor rocheux ; d’après mes observations, je suis en possession de deux femelles et quatre mâles. Il ne se passa rien de spécial pendant 9 mois ; les poissons ont grandi et le plus grand mâle atteint maintenant les 3 cm ; le sable est légèrement dégagé sous les coquilles et de petites tranchées se forment. Les femelles ne présentent pas la boulimie “terrassière” des N. multifasciatus, les coquilles n’étant jamais enterrées. Les escarmouches observées entre mâles ne laissent planer aucun doute ; quelque chose se prépare enfin !!!

Reproduction:

Des quatre mâles présents, c’est le plus grand qui participe à la reproduction et à la défense du territoire de ponte ; lorsque la femelle parade, elle présente son ventre rebondi au mâle puis l’invite par des nages pilotes à le suivre en plongeant dans sa coquille fétiche (coquille de bourgogne). Je n’aie jamais vu le mâle pénétrer dans la coquille choisie par la femelle ce qui laisse à penser que la laitance est émise à l’entrée de celle-ci. Neolamprologus similis, juvéniles. Il faut compter une dizaine de jours pour voir les premiers alevins apparaître. Le mâle repousse avec vigueur les autres prétendants qui se cachent tant bien que mal dans la partie rocheuse de l’aquarium. Les alevins sont très timides, un peu plus petits que ceux de N. multifasciatus (environ 3 mm) et ne quittent pas la coquille maternelle les premiers jours ; ils sont nourris de nauplies d’artémias et de microvers.

Les pontes sont assez régulières et s’échelonnent comme suit : le 19/06/97 – 3 alevins ; le 04/08/97 – 6 alevins ; le 04/10/97 – 1 alevin ; le 09/11/97 – 1 alevin ; le 02/12/97 – 2 alevins ; le 13/02/98 – 4 alevins ; le 01/07/98 – 7 alevins répartis sur deux lieux de ponte (sûrement le même mâle) ; le 06/08/98 – 7 alevins. Comme on peut le voir, les pontes sont minimes ce qui peut expliquer pourquoi il est si difficile de se procurer ce poisson. Les alevins présentent un liseré jaune orangé dans la dorsale, et dès l’âge de trois mois, à la taille d’un centimètre, les barres apparaissent sur le corps ; je maintiens tout ce beau monde à une température de 24°. Au bout de 15 jours, je prélève les alevins qui se sont répartis dans les coquilles qui entourent celle de leur mère et je les élève séparément. J’ai d’ailleurs pu constaté une fois que la mère avait mangé ses petits, suite à un fort dérangement.

Neolamprologus similis, par Jean Bolline.Nourriture : Les adultes sont nourris tous les jours ; je leur donne régulièrement des daphnies vivantes ou congelées que je pêche à la belle saison, des artémias, mysis, cyclops, krill et le traditionnel mélange pour cichlidés à base de petits pois, moules et crevettes ; en complément, ils reçoivent une fois par semaine des enchytrées que j’élève dans ma cave.

Conclusion:

  Il faut éviter de les mélanger avec une autre espèce de conchylicole, de même qu’avec les poissons qui fréquentent les zones rocheuses (Julidochromis et autres Neolamprologus) car ils seraient automatiquement dominés. Toutefois on peut les associer sans danger à des Paracyprichromis nigripinnis ou brieni, cette association étant du plus bel effet visuel.

>> Photos de N. similis <<<

Documents : Jean Luc Ravard, Jean Bolline

(1603)

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