Xenotilapia flavipinnis

de “Kantalamba”

(Poll, 1985)

Expérience aquariophile

Auteur: Benoît

Localité de X. flavipinnis "Kantalamba".– Localité de Xenotilapia flavipinnis “Kantalamba”, lieu autrement appelé Katalamba ou Kantalambwa. Localité se trouvant à quelques encablures de la Zambie en Tanzanie.

Xenotilapia flavipinnis se retrouve décliné en de nombreuses variétés autour du lac.

Introduction:

Adorable sabulicole
Un trait jaune dans l’eau bleue
Glissant sur le ventre, contact du sol ;
Iris aigues-marines
Brasses l’eau de tes pectorales fines
Enfonce ton museau, jusqu’à la larve ou les vermisseaux ;
Dans ta bouche tu garde tes petits
Père et mère réunis
Jusqu’à la prochaine descendance, tu hanteras ses eaux ;
Frères du Tanganyika, endémique et sabulicole
Te regarder vivre nous rends bonhommes
Car de nos bacs tu es le fol !

Male, Xenotilapia flavipinnis "Kantalamba".

Dimorphisme, description:

Jusqu’à la formation des couples, vouloir sexer est vain, même pour un œil avisé. Chez les couples fidèles, il devient possible après “l’union”, de donner quelques points de dimorphismes, qui sont: une taille très légèrement inférieure de la femelle et une “sveltesse” plus marquée de celle-ci. La coloration est la même chez les deux sexes, les nageoires sont identiques (pas de pointes, pas de liseré etc. …).

La livrée est crème rosée, avec des bandes/taches jaunes sur les flancs, et écailles en bandes à reflets opalins, les nageoires dorsale, caudale, anale, et pelviennes sont jaunes – pouvant tirer vers l’orangé – liserées de blanc bleuté très marqué, les pectorales sont incolores ; le museau est jaune très marqué lors de périodes d’excitations, l’iris prend une couleur aigue-marine avec une barre noire légèrement marquée traversant l’oeil. En phase des stress ou de sommeil des marbrures noirâtres apparaissent sur tout le corps.
La taille maximum observée est d’environ 9 cm pour le mâle, la femelle atteint les 8,5 cm.
Comme tous Xenotilapia ou autres incubateurs buccaux bi-parentaux, (Asprotilapia leptura, Microdontochromis spp., Xenotilapia papilio), les deux sexes se ressemblent énormément et ont peu ou pas de dimorphisme.

 

Maintenance:

À la base et dans un bac de 450 litres, un groupe de juvéniles fut acclimaté (7 spécimens), avec des individus sub-adultes.Male Xenotilapia flavipinnis “Kantalamba”.

 

Xenotilapia flavipinnis | male paradant devant sa femelle. Un couple se dégagea rapidement, et le mâle devint la “terreur” de ses congénères –qui étaient tous des mâles visiblement (!?!)–…

 

L’un après l’autre, et sans que je comprenne pourquoi, les autres moururent — il s’avère que le stress généré par le dominant dans ses courses folles suffit à faire mourir les moins résistants — le dernier survivant fut donc séparé du couple et installé dans un bac de 100 litres avec de jeunes N. caudopunctatus, et A. calvus.

Male Xenotilapia flavipinnis "Kantalamba". Le couple ne fraya pas durant tout le temps où il était dans le bac de 450 l avec d’autres poissons, (A. calvus, Telmatochromis brichardi, C. sp. jumbo “Kitumba”, A. ellipsifer, … etc.), soit pendant plus d’un an.

Passant son temps à filtrer le substrat sableux, il en extrait des particules.

Très peu de déchets restent à stagner et sont envoyés par le brassage vers la décantation. L’utilité de X. flavipinnis dans ce cas, est précieuse et évite des nettoyages fastidieux, et parfois dangereux, du sable (le fait de remuer le fond – avec un “aspirateur” par exemple – pouvant détruire la flore bactérienne de celui-ci aux risques de voir les nitrites augmenter et ainsi de voir mourir ses poissons). Tous les sabulicoles pouvant participer à ce “nettoyage” dans tous les bacs et de toutes les provenances, et certainement plus efficacement que certains poissons dit “nettoyeurs”.

Dans le lac, et hors des périodes de reproduction, ces Xenotilapia vivent en bancs compact, ils errent sur les plages sub-aquatiques, filtrant et filtrant, retenant les diatomées, les larves, les petits mollusques etc., avec leurs branchiospines*.

Banc de Xenotilapia flavipinnis en Zambie.

De tempérament plutôt timide, il savent tout de même se faire respecter par d’autres espèces plus grandes.

En aquarium, sa territorialité vis à vis des autres psammophiles* ne doit pas être oubliée, car il ne supporte absolument pas la concurrence alimentaire et chasse tout intrus lui ressemblant de près ou de loin, donc les Xenotilapia spp., X. papilio peut lui résister, mais X. bathyphilus non …

Pour comparer certains comportements observés chez les sabulicoles, il est possible de dire qu’il y a au moins deux styles bien marqués : Les sabulicoles purs, espèces qui absorbent de grandes bouchées de substrat (sableux ou sédimentaire), les filtrent à travers leurs branchiospines et évacuent par les fentes branchiales les éléments non digestes (sable, et particules grossières), tels les X. ochrogenys, X. flavipinnis, et ceux qui “trient” les bouchées Xenotilapia bathyphilus, et X. papilio, recrachant les bouchées après “malaxage” de celles-ci, par exemple.

 

— Exemple de ponte, notée dans ces principaux temps forts :
Alevins de Xenotilapia flavipinnis.

Alevins d’un mois et demi, la pigmentation de la dorsale est déjà visible.

ponte le 04/02/03, le mâle prend les larves le 09/02/03, il s’agit de leur troisième ponte, les précédentes n’ont pas été menées à leur terme. Les petits sont lâchés pour la première fois au matin du 19/02/2003 (soit 15 jours d’incubation, et 22 jeunes). Les alevins grossissant, ils sont pris pour la nuit par les deux parents, à partir du 06/03/2003.
À partir du 17/03/2003, le mâle ne prend plus les jeunes devenus trop volumineux, mais la femelle s’obstine durant encore plusieurs jours, elle en garde 5/6 les soirs suivants.—

Xenotilapia flavipinnis juvéniles.

Alevins d’un mois et demi, la pigmentation de la dorsale est déjà visible.

Les jeunes sont très autonomes dès les premiers lâchers, et forment un petit “nuage” virevoltant sous la garde des parents. Le mâle étant au cœur de cet essaim, la femelle a tendance à vaquer tranquillement en continuant à filtrer le sable, tenant en respect un N. brevis vivant avec eux dans ce bac — aménagé pour eux tout de même:100 litres, filtration par décantation intérieure, deux petits enrochements dans les coins arrières, une coquille de Neothauma pour le N. brevis et le reste est une plage de sable — .

 

Jeune Xenotilapia flavipinnis de 4 mois.

Juvénile à 4 mois.

Ils sont territoriaux, et il peut y avoir de petites parades d’intimidations avec le “colocataire”, mais cela ne finit jamais en pugilat, chaque protagoniste possédant suffisamment d’espace vital pour sa tranquillité. Aussi le N. brevis n’hésite pas à faire des ballades dans tout le bac lors des périodes tranquilles, sans que les X. flavipinnis ne s’en inquiète N. brevis n’étant pas vraiment un prédateur, le fretin n’a pas grand chose à craindre de lui.)

— D’après certains auteurs, la présence d’un poisson tel que ce N. brevis aurait la “faculté” de renforcer la cohésion du couple, par le besoin de protéger sa descendance, son territoire. —

La majorité du temps, c’est le mâle qui conserve les alevins en bouche, et plus le temps passe et plus les prises sont courtes. De temps en temps la femelle participe, les petits grandissant, une seule cavité étant de moins en moins suffisante pour contenir cette famille nombreuse. Au bout d’un mois et demi, ils commencent à être vraiment grands et petit à petit ils ne trouvent plus leur place nocturne dans l’une ou l’autre bouche parentale, et sont abandonnés à leur sort — Il est fort probable que ces premiers oubliés soient les proies de prédateurs nocturnes —

 

Par la suite, les jeunes deviennent partie intégrante de la population de l’aquarium, il est temps de les séparer, pour leur offrir un bac où ils pourront grandir tranquillement sans gêner les parents pour une ponte prochaine. S’ils sont laissés avec les parents, les alevins cherchent à retrouver la niche paternelle durant un certain temps, celui-ci refuse d’un mouvement de tête, disant : “non”…

Femelle Xenotilapia flavipinnis et ses jeunes.

Femelle et ses alevins.

Les portées poussent donc vite, avec pour premières nourritures des micro-vers, des poudres pour alevins, à un mois et demi ils mesurent environ 1,5 centimètre. Ils se déplacent en banc, en picorant le substrat sableux.

Une petite anecdote, en séparant les jeunes des parents, un fut oublié et la femelle s’empressa de le reprendre en bouche durant trois jours. Il mesurait déjà deux centimètres !

Conclusions:

Sabulicole pur, le Xenotilapia flavipinnis n’est pas très fragile en fait, il faut juste éviter des stress trop importants, et séparer les “célibataires” des couples.

Installer les couples dans de bonnes conditions de maintenance et seuls si l’on désire les voir pérenniser tranquillement.

Remerciements :

à Robert Allgayer qui m’a fournit la description de cette espèce, à Eric pour sa documentation photographique (qui me fait rêver …). Eric Genevelle.

Pour marque-pages : Permaliens.

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