De l’étymologie des noms des cichlidés (cichlidae) du lac Tanganyika

Ainsi que leurs noms Africains.
-Article de 2002-

 

Karl von Linné | Karolus von Linneaus.Karl von Linné | Karolus von Linneaus.
Les noms des êtres vivants sont, généralement, une description qualitative de l’animal, du végétal décrit. Mis en oeuvre par Karl von Linnaeus (Linné ) — (1707-1778) —

«plus que sa classification des plantes, c’est sa description d’espèces et sa nomenclature dite « binomiale » appliquée aux deux règnes qui lui on valu sa célébrité.», le binôme descriptif est écrit en langue latine, et parfois grecque latinisée (alphabet).

Le chapitre qui s’ouvre permettra à chacun de savoir et comprendre ce que veut dire le nom de son/ses poisson(s) favori(s).

D’après Robert Allgayer (AFC : 0002/67).

Pour commencer :

~Les Cichlidae: de cyclas = sorte de robe traînante et arrondie par le bas.
A. calvus et compressiceps.A. calvus et compressiceps.Altolamprologus : -de altus = haut, élevé et lampas = splendeur, éclat. ―― compressi/ceps: -de comprimo = comprimer, serrer, presser/et caput = tête. ―― calvus: -de calveo = chauve. L’écaillage du calvus ne se prolongeant pas sur le sommet du crâne.

~Asprotilapia leptura :de Aspro (Apron, « Asprotilapia ».Apron, "Asprotilapia".◄Percidae européen) et Tilapia genre actuel de la famille ; g ; fém.

lepturus  = avec une nageoire caudale élancée ; Sub. inv (ce n’est pas un adj.)

Astatoreochromis = de hastatus (épineux) et Oreochromis genre actuel de la famille ; g. mas

straeleni = dédicatoire au Prof. V. Van Straelen, Directeur du Musée royale d’Histoire naturelle (Tervuren, Belgique). …( de 1926 à 1954 ), tout en poursuivant les explorations en Belgique, développe les recherches outre-mer: exploration méthodique de l’Afrique centrale et expéditions océanographiques. Les Parcs nationaux du Congo, véritables laboratoires en plein air….

vanderhorsti = Vanderhorst ecclésiastique (méthodiste) de l’église africaine.

#########

Astatotilapia = de hastatus (épineux) et Tilapia genre actuel de la famille ; g. fém.

#########◄- burtoni = pour la baie de Burton qui elle avait été dédié à Sir R. Burton. inv.

paludinosa = qui vit dans le marais ; adj.  ►#########

stappersi = dédicatoire au Dr. L. Stappers

~Aulonocranus dewindti = de aulon, (roseau, canal) et kranion (tête, casque) ; g ; masc.

dewindti = dédicatoire à M. De Windt, géologue de l’expédition Lemaire ; inv.

~Baileychromis centropomoides =  en l’honneur de M. Bailey, ichtyologue américain et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

centropomoides = similaire (par la forme) à la famille des Centropomidae (Lates, Centropomus) ; adj.

~Bathybates  = de bathys (profond) et en l’honneur du H. W.  Bates ; g. masc.

fasciatus = rayé ; adj.

ferox = sauvage, indomptable ; adj.

graueri = dédicatoire à M. Grauer ; inv.#########
hornii = dédicatoire à M. Horne ; inv.

leo = comme le lion  ; Sub. inv. (en référence aux dents du poisson)►

minor  = petit (que les autres espèces du genre) adj.

~Benthochromis tricoti = benthos (benthique, en profondeur, le fond) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

melanoides  = similaire au noir ; Sub. inv

tricoti = dédicatoire à M. Tricot, Directeur général  de la Compagnie des  Chemins de fer des Grands lacs (Alberville). Inv.

#########~Boulengerochromis microlepis = en l’honneur au Dr. G. A. Boulenger, ichtyologue belge et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

microlepis = avec de petites écailles ; Sub. inv.  

#########~Callochromis pleurospilus melanostigma macrops = de callum (peau dure, callosité, en relation avec les lèvres de ce fouilleur) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

macrops = avec de grands yeux ; Sub. inv.

#########  – melanostigma =  avec des taches noires ; Sub. inv.

pleurospilus = avec une/des tache(s) sur le côté (flanc) ; Sub. inv.►#########

stappersii = dédicatoire au Dr. L. Stappers

#########~Cardiopharynx :

(La traduction littérale et originelle du nom pourrait se rapporter à cardiacus = estomac, et signifierait donc : estomac dans la gorge (!?) . mais l’évolution du latin amène une autre traduction qui est donc = cœur; ainsi la signification du nom est : cœur dans la gorge…)

Cette description est en relation avec la forme caractéristique de l’os pharyngien qui est en forme de coeur.

schoutedeni = dédicatoire au Dr. H. Schouteden, Directeur du Musée du Congo ; inv.

#########~Chalinochromis / bifrenatus / popelini / brichardi = chalinos (rêne, bride, relatif au masque de l’espèce) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

brichardi = dédicatoire à P. Brichard récolteur et exportateur bien connu ; inv.

popelini  = dédicatoire à Emile Popelin, explorateur belge mort sur les rives du Tanganyika en 1881.

#########~Ctenochromis horei = de ktenos (peigne) écailles cténoïdes et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

benthycola = habitant du fond ;  Sub. inv.

horei = dédicatoire à M. Hore (Tanganyika, 1877-1888).

~Cunningtonia longiventralis = en l’honneur du Dr. W. A.  Cunnington, expédition au lac Tanganyika (1904-1905) ; inv.

longiventralis  = avec de longues nag. ventrales ; Sub. inv.

#########~Cyathopharynx = de zyathos (gobelet) et pharynx ; et à pharyngien inf. en forme de gobelet ; g. masc.

foai = dédicatoire à M. Foa, récolteur de l’espèce ; inv.

furcifer = portant une fourche (nag. caudale) ; adj

~Cyphotilapia = de kyphos (bosse) et Tilapia genre actuel de la famille ; g. fém

frontosa = front bossu

~Cyprichromis = de Cyprinidé et Chromis ancien genre de la famille ; qui ressemble à un Cyprinidé g. masc

lepto/soma = à corps élancé ; Sub. inv.

microlepidotus = à petites écailles ; adj.

pavo = paon ; Sub. inv.

~Ectodus descampsi = de ektos (sortant) et odous (dents) ; g. masc.

descampsi = dédicatoire au Capitaine Descamp ; inv

#########~Enantiopus melanogenys = de enantios (inversé, échangé) et pous (pied) aux rayons inversés, postérieurement plus longs sur la nag. ventrale g. masc.;

melanogenys  = à menton noir ; Sub. inv

Eretmodus.Eretmodus.~Eretmodus cyanostictus = de eretmon (gouvernail) et odous (dents) à dents élargies sur le pharyngien inf. g. masc.

cyanos/tictus = tacheté de bleu ; adj. 

~Gnathochromis permaxillaris = de gnathos (mâchoire) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.#########
permaxillaris = à l’aide d’une particularité de la mâchoire ; adj.►

pfefferi = dédicatoire au Dr. G. Pfeffer, Ichtyologue allemand : inv.

~Grammatotria lemairi = de grammatus (ligné) et tria (triplement) ; avec trois lignes latérales ; g. fém.

lemairii  = dédicatoire au Capitaine Lemaire de l’expédition au lac Tanganyika en 1898 ;

~Greenwoodochromis bellcrossi / christyi = en l’honneur du Dr. P. H. Greenwood, ichtyologue anglais ; g. masc.

bellcrossi  = dédicatoire à M; G. Bell-Cross (Ichtyologue Anglais, sous-directeur du Musée de Londres).

christyi = dédicatoire au Dr. C. Christy  récolteur de la « Collection Christy) du BMNH ; inv

scales Haplotaxodon. Haplotaxodon.~Haplotaxodon = de haploos (simple) et odous (dents) g. masc.

-microlepis = avec de petites écailles ; Sub. inv. ►

trifasciatus = à trois rayures ; adj.

~Hemibates = hemi (demi) et en l’honneur du Dr. H. W.  Bates ; g. masc.

stenosoma = avec un petit corps étroit ; Sub. inv

~Interochromis = (broyer dans, délayer dans) = intero (entre) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

loocki = dédicatoire au M. E. Van Loock, directeur de la Compagnie des Chemins de fer des Grands lacs (Albertville) ; inv.

~Julidochromis  = de Julis (Coris julis ; labridae) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

dickfeldi  = dédicatoire à M. Alf Dickfeld, propriétaire d’une agence de voyages Allemande; inv.

marlieri  = dédicatoire au Dr. Marlier, ancien Directeur de l’ IRSAC d’Uvira ; inv

ornatus = jolie ; adj.

regani  = dédicatoire  au Dr. C. T. Regan, ichtyologue anglais.

transcriptus = avec une écriture sur le corps ; adj. (relatif aux dessins de la livrée)

~«Lamprologus» = de lampros (brillant) et logos (parler) ;  g. masc.

finalimus = (pas encore trouvé)

laparogramma =  à nombreuses lignes sur le flanc. Sub. Inv.

~Lepidiolamprologus = de lepidos (écaille) et Lamprologus genre actuel, fluviatile, de la famille. g ; masc.

attenuatus = terne ; adj.

boulengeri = dédicatoire au Dr. G. A. Boulenger, (biologiste, ichthyologue belge).

cunningtoni = dédicatoire au Dr. W. A. Cunnington, expédition au lac Tanganyika (1904-1905) ; inv.

elongatus = élancé, étiré ; adj.

Nkamba bay- hecqui  = dédicatoire au Lieutenant Hecq, récolteur du type.

nkambae  = de Nkamba (Sub. au génitif sing.) ►Nkamba bay

kendalli = dédicatoire au Dr. R. Kendall, collecteur de l’espèce.

lemairii = dédicatoire au Capitaine Lemaire de l’expédition au lac Tanganyika en 1898 ; inv.

meeli = dédicatoire à M. L. Van Meel, botaniste de l’expédition 1946-1947. inv.

pleuromaculatus = tacheté sur le flanc ; adj.

profundicola  = habitant (ou aime) la/des profondeurs ; subs. inv.

~Lestradea = en l’honneur de M. A Lestrade récolteur d’une grande collection de Cichlidés du Tanganyika ; g ; fém.

perspicax = raisonnable ; adj.

~Limnochromis auritus = de limne (marais) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

abeelei = dédicatoire à M. M. Van den Abeele, Administrateur général des Colonies (belges). Inv .

auritus = à longue oreille (opercule) ; adj. ►#########

staneri = dédicatoire à M. M. P. Staner, directeur administrateur au Ministère des colonies.

~Limnotilapia dardenni = de limne (marais) et Tilapia genre actuel de la famille ; g. fém.

dardenni = dédicatoire à M. Dardenne, dessinateur de l’expédition du Lt. Lemaire ; inv.

#########~Lobochilotes  = de lobos (chiffon) et cheilos (lèvre) ; g. masc.

labiatus = à forte(s) lèvre (s) ; adj. ►

Microdontochromis.Microdontochromis.~Microdontochromis  = de mikro (petit), odous (dents) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

rotundiventralis = à nag. ventrales rondes ; Sub. inv.

tenuidentatus = à dents ténues ; adj.

~Neolamprologus = neo =  nouveau et voir Lamprologus

boulengeri  = dédicatoire au Dr. G. A. Boulenger, ichtyologue belge ; inv.

brevis = court ; adj.

brichardi = dédicatoire à P. Brichard récolteur et exportateur bien connu ; inv.

bifasciatus = à double rayure ; adj.

buescheri = dédicatoire à M. H. Büscher, spécialiste du Tanganyika. inv.

–  callipterus = avec une/des belle(s) nageoire(s) ;  Sub. inv.

calliurus = avec une belle nag. caudale ; Sub. inv.

caudopunctatus = avec une queue (nageoire) tachetée ; adj.

christyi = dédicatoire au Dr. C. Christy  récolteur de la « Collection Christy) du BMNH ; inv

crassus = gros, ventru ; adj.

cylindricus = cylindrique (le corps) ; adj.

fasciatus  = rayé ; adj.

falcicula = en demi-lune (la nag. caudale) ; Sub. inv.

furcifer  = portant une fourche (nag. caudale) ; adj.

gracilis = gracile, élancé ; adj.

hecqui  = dédicatoire au Lieutenant Hecq.

#########helianthus = de helios (soleil) et anthos (fleur) ; Sub. inv.►

#########◄- kungweensis = du Cap Kungwe (côte Est du lac)

leleupi = dédicatoire à M. N. Leleup, biologiste à l’IRSAC à Uvira ; inv.

leloupi = dédicatoire à M. E. Leloup, chef de mission de l’expédition 1946-1947 ; inv

longicaudatus  = à longue nag. caudale ; sub. inv.

longior = plus long (que d’autres espèces) ; adj.

marunguensis = des Mts Marungu (les plateaux des Marungu appartiennent également à l’ensemble Kibarien-Burundien); inv.

meeli = dédicatoire à M. L. Van Meel, botaniste de l’expédition 1946-1947. inv

stappersi = dédicatoire au Dr. L. Stappers (Ichtyologue)

meleagris = tacheté de blanc à couleur miel ; adj.

modestus = modeste, (au niveau de la couleur) ; adj.

mondabu = nom vernaculaire local ; Sub. inv

#########multifasciatus = à rayures (barres) multiples ; adj.

◄ – mustax = avec une moustache ; Sub. inv.

niger = noir ; adj.

nigriventris = à ventre noir ; adj.

obscurus = sombre ; adj.

ocellatus = avec une tache en forme d’ocelle, adj.

olivaceus = couleur olive ; adj.

ornatipinnis = avec de belles nag. adj.

pectoralis = avec une particularité à la nag. pectorale ; adj

petricola = habitant des rochers (aimant le substrat rocheux); Sub. inv.

pleuromaculatus  = avec des taches sur le flanc ; adj.

prochilus = avec de grosses lèvres proéminentes ; Sub. inv.

pulcher = jolie ; adj.

savoryi = dédicace à M. Savory,  Gouverneur du district de Kigoma. ; inv.

schreyeni = dédicatoire à M. Schreyen, neveu et collaborateur de P. Brichard. Inv.

sexfasciatus = avec six rayures (barres) ; adj.

signatus = marqué (tache ou dessin) ; adj.

similis = similaire (à une autre espèce) ; adj.

speciosus = jolie, précieux ; adj.

splendens = brillant, splendide ; adj.

tetracanthus = avec 4 épines ; Sub. inv.

toae = Toa ;  région sur le littorale congolais du lac Tanganyika (Gén. sing. ) inv.

tretocephalus  = à tête poreuse (pores céphaliques) ; Sub. inv.

variostigma = à stigmate (dessin)  variable ; Sub. Inv.

ventralis = avec une particularité à la nag. ventrale ; adj

-Ophthalmotilapia = de ophthalmos (œil qu’il a grand) et Tilapia – nom vernaculaire – genre actuel de la famille ; g. fém.

boops = bovin (avec des yeux de bovin) sub. inv.

heterodonta  = à denture heterogène ; adj.

#########◄- nasuta = avec un nez (en relation avec l’excroissance adipeuse du museau de ce poisson); adj.

ventralis = se rapportant aux ventrales – qu’il a longue –; adj.

-Oreochromis = de oros (montagne) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

#########tanganicae = du lac Tanganyika – espèce endémique du lac – (génitif sing.) sub. inv

-Paracyprichromis = de para (allié) et Cyprichromis (voir plus haut) ; g. masc.

brieni = dédicatoire au Pr. P. Brien ; inv.

nigri/pinnis =  de nigra (noir) et pinnis (nageoire) ; adj

-Perissodus = de perissos (extraordinaire) et odous (dents) – les dents de ce mangeur d’écailles ont certainement surpris le descripteur – ; g. masc.

eccentricus = asymétrique (pour les dents) ; adj.

microlepis = à petites écailles ; sub. inv.

-Petrochromis = de petra (rocher) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

ephippium = avec un dessin en forme de selle ; sub. inv.

famula = esclave, domestique ; sub. inv.

fasciolatus = à petite rayure ; adj.

macrognathus = à grand menton ; sub. inv.

orthognathus = à menton droit ; sub. inv.

polyodon = avec beaucoup de dents ; sub. inv.

trewavasae = dédicatoire à Miss Dr. Ethelwinn Trewavas, ichtyologue anglaise.

-Plecodus = de pleco (forger, fixer) et odous (dents) se fixer avec les dents (aux écailles) ; g. masc.

elaviae = dédicatoire au Capitaine Elavia, Commandant du « Baron Dhanis » sur le lac Tanganyika ; inv

multidentatus =  à dents multiples ; adj.

paradoxus = paradoxal ; adj.

straeleni = dédicatoire au Pr. V. Van Straelen, Directeur du Musée royal d’Histoire naturelle (Belgique) ; inv.

-Pseudosimochromis = de pseudo = faux et Simochromis (voir plus bas) ; g. masc.

curvifrons = avec un front arrondi ; sub. inv

-Reganochromis = en l’honneur du Dr. C. T. Regan, ichtyologue anglais et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

calliurus = avec une jolie queue (nag. caudale) sub. inv

-Simochromis = de simus (à nez plat) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

babaulti = dédicatoire à M. G. Babault, correspondant du MNHN de Paris (Enthomologiste); inv.

diagramma = avec une ligne continu ; sub. inv.

loocki = dédicatoire à M. E Van Loock, Directeur de la Compagniue des chemins de fer des Grands Lacs ; inv.

margaretae = dédicatoire à Margareth M. Smith, Directrice du J.L.B. Smith Institute of Ichthyologie (Afrique du sud) ; inv.

marginatus = bordé, marginé ; adj.

pleurospilus = avec des taches (sur les flancs) ; sub. inv.

-Spathodus = de spatha (épée)  et odous (dents) dents en forme d’épée ; g. masc.

#########◄- erythrodon = avec des dents rouges ; sub. inv.

marlieri = dédication au Dr. Marlier, ancien Directeur de l’ IRSAC d’Uvira (enthomologiste); inv

#########-Tangachromis = originaire du Tanganyika et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

dhanisi = dédicatoire au bateau « Baron Dhanis » de la Compagnie des Chemins de fer ; inv.

-Tanganicodus = « le tanganyikéen » g. masc.

irsacae = dédicatoire à l’Institut de Recherche Scientifique en Afrique Centrale (acronyme féminisé) ; inv.

-Telmatochromis = de telma (marais) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc.

bifrenatus = avec une double rayure en forme de rêne ; adj.

brichardi = dédicatoire à M. P. Brichard récolteur et exportateur bien connu ; inv.

burgeoni = M. L. Burgeon , chef de la section de Zoologie du Musée du Congo belge (enthomologiste*); inv

dhonti = dédicatoire à M. Dhont-De Bie (collecteur des types de l’espèce) qui accompagnait le Dr. Stappers (étude du cycle de la limnocnida tanganicae)en expédition ;inv

temporalis = avec une particularité au temporal (os); adj.

vittatus = avec des bandes ; adj.

~Telotremato/cara = de teleos (entièrement), et Trematocara, genre actuel de la famille ; g. fém.

macrostoma  = avec une grande gueule ; adj.

~Trematocara = de trema (interruption) et kara (tête) ; interruption des canaux céphaliques ; g. fém.

caparti = dédicatoire M. A. Capart, océanographe de l’expédition 1946-1947 ; inv.

kufferathi = dédicatoire M. J. Kufferath, chimiste de l’expédition 1946-1947 ; inv.

nigrifrons = à front noir ; Sub. inv.

stigmaticus =  le tacheté ; Sub. inv.

unimaculata = à tache unique ; adj.

variabile = variable ; adj.

zebra = zébré (en référence à la robe rayée) ; Sub. inv.

~Trematochromis = de trema (interruption); interruption des canaux céphaliques et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc

schreyeni = dédicatoire à M. Schreyen, neveu et collaborateur de P. Brichard. Inv.

~Triglachromis = de Trigla (Triglidae, grondin) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc

otostigma = avec une tache sur l’oreille (opercule) ; Sub. inv

~Tropheus = de trophos (se nourrir) par allusion à la prise en bouche des œufs ; g. masc

annectens = annexé (entre deux espèces ou genres) ; adj

brichardi = dédicatoire à M. P. Brichard, récolteur et exportateur bien connu. ; inv.

duboisi = dédicatoire à M. J. Dubois, collaborateur du Dr. Marlier ; inv.

#########◄ – kasabae = pour la Kasaba Bay au Gén. sing. ; inv.

–  polli = dédicatoire au Pr. M. Poll, ichtyologue belge.

~Tylochromis = de tylos ( enflé) avec un dos élévé (enflé) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc

polylepis = avec beaucoup d’écailles ; Sub. inv

~Variabilichromis = de variabilis (variable ) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc

moorii = dédicatoire à J. E. S. Moore expédition sur le lac Tanganyika en 1895-1896. inv.

~Xenochromis = de xenos (étranger ) et Chromis ancien genre de la famille ; g. masc

hecqui  =  dédicatoire au Lieutenant Van Hecq.

~Xenotilapia = de xenos (étranger ) et Tilapia ancien genre de la famille ; g. fém

bathyphilus = amis des eaux profondes ; Sub. inv.

burtoni = dédicatoire à Sir R. Burton (explorateur anglais qui découvrit les sources du Nil avec J. Speke).

caudifasciata = avec un nag . caudale rayée ; adj.

flavipinnis = à nag. jaunes ; adj.

longispinis  = à longues épines ; adj.

nigrolabiata = à levre noire ; adj.

ochrogenys = à menton jaunâtre ; Sub. inv.

ornatipinnis = à belles nageoires ; adj.

papilio = papillon ; Sub. inv.

sima = au nez aplati ; adj.

spilopterus = avec des nag. tachetées ; Sub. inv.

nasus = avec un nez : Sub. inv.

L’Afrique
Après les noms latin des cichlidés du Tanganyika, la visite continue avec leurs appellations données (noms vernaculaires) par les différentes ethnies vivant autours et non loin du lac (Babembe, Swahili …).

Astatotilapia burtoni :   Vitondo, Kitchetche.

-Aulonocranus dewindti :   Kabunda.

-Bathybates ferox :   Mubanga, plur. Mibanga, Lembela.

–Bathybates fasciatus :   Mulunde, Mubanga.

-Bathybates minor :   Matobe.

-Boulengerochromis microlepis :   Kue, Nkuhe.

-Callochromis macrops : Mankonko, Mangkuko, Linkoko, Kikulikuli, Zewan.

-Callochromis melanostigma : Tumbwi, Malenda.

-Cardiopharynx schoutedeni : Kikurikuri.

-Ctenochromis horei : Songa matete, Songa, Balamateke.

-Cyathopharynx furcifer : Mankonko, Lala, Moto, Musika.

-Cyphotilapia frontosa : Kiambomkomo, Mdudu.

-Enantiopus melanogenys : Musongesonge.

-Grammatotria lemairii : Nungi, Songa.

-haplotaxodon microlepis : Kalilakumkumi, Lukoko.

-Hemibates stenosoma : Luali, Limbeta.

-Lepidiolamprologus elongatus : Kieusi, Soumbagusi ou Sumba, Ndulue, Sieta, Mundukwa, Nika ou Tshongolia.*

-lepidiolamprologus attenuatus : Mbeta.

-Lestradea perspicax : Bweswa.

-Limnotilapia dardenni : Kungula.

-Lobochilotes labiatus : Ndafua.

-Neolamprologus callipterus : Djekessa, Ndafue, Kasungi ou Kasundji.

-Neolamprologus modestus : Kisamba.

-Neolamprologus tetracanthus : Ndulue, Ndurue, Kieusi.

-Ophtalmotilapia ventralis : Linkonko.

-Oreochromis tanganicae : Makoli, Ngege, Ngugwe.

-Perissodus microlepis : Lusungi.

-Petrochromis polyodon : Pende.

-Petrochromis trewavasae : Kamburi.

-Plecodus paradoxus : Lukoko, Mbeta, Kumbalusanga.

-Plecodus straeleni : Karilakumkumi (confondu avec H. microlepis)

-Simochromis diagramma : Kiongo (plur. Viongo), Puma.

-Trematocara marginatum : (noms locaux s’appliquant à divers espèces)

Bweswa, Tununu.

-Xenochromis hecqui : Kamkumunguma.

-Xenotilapia ochrogenys : Bweswa, Mudombi, Mutununu.

Remerciements:
Mes remerciements vont à Robert Allgayer qui a réalisé cette liste des noms des Cichlidés du lac Tanganyika, ainsi qu’a Liliane Moeremans qui m’a aidée pour les noms africains.
N’ayant aucune formation et très peu de connaissances en la matière, je n’aurais pu mener ce chapitre à son terme.

Références:

-M. Poll/exploration hydrobiologique du lac tanganika (1946-1947)Vol. III, fasc. 5 B. / poissons cichlidae / institut royal des sciences naturelles de Belgique / Bruxelles 1956.

-F. Gaffiot/Dictionnaire abrégé LATIN FRANÇAIS/HACHETTE/

43, quai de Grenelle, 75905 Paris cedex 15.

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Neolamprologus (Paleolamprologus) toae

(Poll, 1949)

Tout gris mais fascinant : Neolamprologus toae, un hôte méconnu de nos aquariums

Neolamprologus (Paleolamprologus)toae

Neolamprologus toae est un pondeur sur substrat découvert des plus singuliers. Bon nombre de cichlidophiles le trouveront peut-être moche, mais malgré ses yeux énormes et sa couleur des plus ternes, si vous êtes un amateur des pondeurs sur substrat du Tanganyika, gageons que vous finirez par vous laisser séduire par ce « laideron » foncièrement original.

Nous devons mettre en parallèle Variabilichromis moorii, avec qui il partage certains points biologiques, pour prendre les plus apparents, la livrée, et la stratégie reproductrice, bien que celle si soit différente, de manière subtile, comme nous l’allons montrer tout à l’heure.

Présentation

Sa grosse tête vissée sur un corps mal proportionné et sa bouche largement fendue n’y font rien, ce poisson est définitivement charmant. Selon son origine, sa livrée sera noir velouté uni, ou noir agrémenté de perles brillantes en lignes longitudinales. Les spécimens correspondant à cette livrée, qui appartiennent à la variété provenant du Burundi et du nord-Congo, sont resplendissants. La variété originaire des côtes de Tanzanie est plus discrète, mais néanmoins magnifique lorsque les individus sont excités. Il faut juste savoir apprécier le gris foncé !

Neolamprologus toae 'Helembe'

Neolamprologus toae ‘Helembe’

Durant de longues années, l’espèce fut introuvable dans nos aquariums. Un arrivage d’individus d’élevage fit long feu, et tous disparurent sans donner de descendance. Il a fallu attendre encore 5 années pour voir des individus sauvages nous revenir.

Neolamprologus toae, couple en paradeL’espèce est difficile à apparier. Pour arriver à quelque chose, il y a deux solutions aquariophiles. Chez les lamprologiens réputés difficiles, et surtout si je suis en présence d’individus de tailles sensiblement équivalentes, j’attends de voir une femelle avec l’abdomen rebondi, l’oviducte saillant. Généralement, lorsqu’elle se trouve dans cet état, elle devient irrésistible pour le mâle. Mettre le couple en présence dans le bac de la femelle permet généralement de provoquer un appariement rapide, et la ponte ne tarde pas.

Neolamprologus toae, couple en aquariumMais là, il fallut se rendre à l’évidence ; les femelles étaient très grandes et supplantaient les mâles, les refusant par la même occasion. Je dois remercier ici Éric Zeitoun, qui me permit quelques changements de spécimens, et je pense avoir fait 5 ou 6 tentatives d’appariement avant qu’enfin, un couple plus ou moins soudé s’accepte. C’est jusqu’à présent l’espèce qui m’a posé le plus de problème pour la formation d’un couple, même Neolamprologus pectoralis a été plus facile.

Pour l’anecdote, lors de la formation d’un couple, les partenaires étaient soudés par la présence de Cyprichromis leptosoma, défendant une roche contre cette présence planant au-dessus de leurs têtes… Couple de toae paradantPour calmer le bac et leur permettre de pondre tranquillement, j’eus l’idée d’enlever ces prédateurs potentiels. Bien mal m’en prit : le lendemain matin, je trouvai le mâle moribond dans un coin supérieur de l’aquarium ! Il récupéra vite quand même. Il est rare que ce soit le mâle qui fasse les frais d’une mésentente du couple, puisqu’il est généralement plus grand que la femelle. Et en effet, le mieux sera d’apparier de préférence une petite femelle avec un grand mâle, et d’aménager les enrochements pour qu’elle puisse se soustraire à la violence de celui-ci, jusqu’à ce qu’elle soit prête à pondre.

Variabilichromis moorii et alevins 'Mpimbwe'

Variabilichromis moorii et alevins à Mpimbwe

La localisation géographique de Neolamprologus toae, est connue. Tout d’abord il y a la forme dont la livrée est ponctuée de bandes de points nacrés, dans la partie nord du lac (Burundi, nord-Congo). La variation entièrement noire se rencontre dans la partie nord de la Tanzanie. L’espèce est également référencée sur l’île de Manda-Kelenge, dans le district de Kipili, mais au cours de mon voyage en Tanzanie avec mes compères de l’AFC, Benoît Fighiera et Laurent Picot, nous n’en n’avons pas vu lorsque nous y avons plongé, et il n’est présent sur aucune photo et aucune vidéo faites là-bas (Carnets de plongées – Voyage en Tanzanie 2010 – RFC n°307 à 312).

Nous avons donc noté que vers le sud, P. toae est présent jusqu’à Kekese. Ensuite, à Slaf Rock et Mpimbwe, c’est Variabilichromis moorii qui est rencontré. Il pourrait être intéressant de rechercher, entre ces deux limites de leurs aires de répartition respectives, une localité où ils pourraient cohabiter en milieu naturel. Quelques plongées entre Kalema (Karema) et Kapilula, devraient certainement lever le voile sur la répartition la plus méridionale de P. toae.

In situ

Neolamprologus toae et alevins à Helembe

Neolamprologus toae et alevins à Helembe

Dans son milieu naturel, N. toae est généralement rencontré par couples ou individus isolés, mais de temps en temps, il est donné d’en voir un petit groupe, peut-être des rassemblements lâches permettant des rencontres entre individus et plus si affinités… Les sites de ponte semblent respecter un schéma bien défini. Ils sont établis en milieu rocheux relativement découvert. Des cirques de roches dans la couche supérieure des éboulis sont préférés.
Un amas de roches en « mini-cirque » peut aussi convenir.

Variabilichromis moorii, nid couvert d'algues filamenteuses

Variabilichromis moorii, nid couvert d’algues

Parfois, comme chez son cousin Variabilichromis, les nids sont établis depuis si longtemps que de longues algues filamenteuses de type Spirogyra envahissent les roches du périmètre, cela donne une note « vert tendre » au milieu et surtout permet de repérer, de loin en loin, les nids de ces espèces. Toujours vigilants, les parents chassent tout intrus dans un périmètre de 50 cm à 1 m, et les alevins se tapissent au fond au moindre signe de danger en approche. Les parents veillent aussi à ce qu’aucun importun ne se faufile entre les roches prélever une part du frai, et repoussent de manière virulente les Telmatochromis de type vittatus, qui sont de vraies plaies pour eux…

Neolamprologus toae et alevinsLa population de l’espèce est assez fournie, et où que le regard porte, des couples en garde sont généralement visibles. Le passage d’un plongeur/photographe peut créer un déséquilibre, et les prédateurs ou opportunistes présents n’hésitent pas longtemps à en profiter pour attaquer la nuée d’alevins… Le calme revient rapidement quand les parents remettent de l’ordre ; cette observation est valable pour toutes les espèces qui gardent leurs jeunes en milieu découvert. La garde des jeunes peut être longue, et il est possible d’observer des jeunes (reconnaissables à leur livrée mordorée) de près de 2 centimètres en compagnie de leurs parents, taille atteinte aux environs des 3 mois.

En aquarium

Neolamprologus (Paleolamprologus) toae en paradeDe l’espace, voilà ce qu’il leur faut, et avant tout, une façade de 2 mètres me semble convenable ; à 1,50 mètre, c’est déjà plus compliqué. L’aménagement de roches doit être pensé ; ne pas avoir un amas couvrant toute la longueur, mais deux amas distincts, et au moins une autre espèce en maintenance avec eux, pour la cohésion. L’accord entre les partenaires se fera dans la violence ; comme chez beaucoup de Neolamprologus, leurs proches parents, il y aura des prises de bouches, des parades, et quelques écailles, nageoires, parfois des dents, vont voler. Ce manège peut se répéter à chaque phase de pleine lune (la ponte a lieu systématiquement le matin de pleine lune au lever du soleil), dans les jours qui précèdent la ponte.

Altolamprologus calvus Parlons un peu cohabitation. Vous l’aurez compris, il faut lui adjoindre des colocataires pouvant lui tenir tête, mais la taille, ici ne joue pas, car même un couple de N. brevis peut réussir à s’imposer… Il faut éviter les Julidochromis qui, subrepticement, peuvent glisser entre les roches et arriver là où sont pondus les œufs, ou bien là où sont entreposés les larves, et c’est un carnage, sans que les parents ne puissent rien faire… Altolamprologus calvus est excellent, peu agressif, mais sachant se faire respecter, il sera tenu à distance par les parents.

Sa nourriture peut être variée, mais attention, l’espèce peut être sujette au « bloat », il faut donc éviter les surgelés incertains. Une rupture de la chaîne du froid peut être vecteur de bactéries pathogènes, et notre but n’étant pas de tuer nos poissons, il faut toujours préférer les grandes plaques aux blisters en dosettes. Éviter les vers de vase et les artémias.

Ponte, garde et élevage des jeunes

N. toae et ses oeufs

N. toae et ses oeufs

Neolamprologus toae est l’une des rares espèces du lac Tanganyika à pratiquer la ponte sur substrat découvert, à l’instar de Variabilichromis moorii et Boulengerochromis microlepis. Tout d’abord les partenaires doivent se choisir, s’apparier. Cela se passe comme chez beaucoup d’espèces à tempérament, par des prises de gueules, au plein sens du terme. Des joutes entre le mâle et la femelle vont commencer 3 à 4 jours avant la pleine lune… Eh oui, ils pondent à chaque pleine lune !De belles plaies sont visibles autour de la bouche, quelques lambeaux de nageoires peuvent avoir été arrachés. L’oviducte de la femelle commence à poindre, puis de plus en plus, cette proéminence atteignant son maximum au bout de 3 jours.

Il faut être matinal pour observer la ponte, les premières lueurs du jour étant le signal pour que débute l’acte.

La stratégie reproductrice de cette espèce se rapproche de celle du Variabilichromis, mais au lieu de coller ses œufs de façon compacte sur la roche, la femelle va faire des passages épars sur une grande surface. Les œufs sont adhésifs, clairs, de couleur crème légèrement verdâtre et mesurent environ 2 mm de longueur. Ils éclosent du troisième au quatrième jour, et les quelque 250 larves sont toutes rassemblées au même endroit. Il faut une certaine habitude pour les repérer, en effet, une des stratégies des parents est « l’indifférence ». C’est-à-dire qu’ils ne passent pas leur temps le nez dans l’amas de larves grouillantes, mais au contraire, font tout pour ne pas avoir à surveiller.

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Les parents vont donc les regrouper dans une petite cuvette ou anfractuosité de roches, d’où ils ne pourront pas sortir avant la nage libre. La chance sourit parfois, et si la cavité se trouve devant la vitre frontale, c’est parfait, il devient possible de filmer et photographier tout le développement des larves, jour après jour, pour ne pas dire heure par heure. En effet, durant cette période, les transformations subies par les larves sont véritablement hallucinantes de rapidité. La nage libre est atteinte en 5 jours et dès lors, nous pouvons assister aux virevoltes des alevins qui grappillent les particules en suspension dans l’eau. Les parents sont sous pression, mais sont de bons gardiens. Les jeunes grandissent lentement et peuvent rester plusieurs mois sous leur garde.

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Voilà donc présentée cette espèce « mal-aimée » et dont la noirceur en rebute plus d’un… Ceux qui l’ont maintenue savent pourquoi je l’aime et pourquoi je vous recommande chaudement cette expérience cichlidophile.

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Un crabe du lac Tanganyika en aquarium.

Plathythelphusa tuberculata.

Potamonautes tuberculata

 

Le lac Tanganyika est surtout connu pour ses cichlidés, mais il abrite bien d’autres formes de vie, en particulier des crustacés, surtout des crevettes (environ 15 espèces). Les crabes sont représentés par plus de 10 espèces, qui sont toutes aquatiques.

Potamonautes tuberculata

Ocypode ceratophthalma

Ocypode ceratophthalma à Dar es Salaam.

 

Les mâles Plathythelphusa tuberculata ont pour particularité et dimorphisme sexuel, une pince surdimensionnée, à l’instar des « crabes violonistes » ou autres crabes de terre, des tropiques. Elle ne semble pas servir « d’étendard » pour attirer les femelles.

La teinte générale de l’espèce est le brun-rouille sur les partie supérieur de l’exosquelette, au crème sur le ventre, Ils sont pourvus de 3 paires de pattes et une paire de pinces. La taille totale atteint les 10 cm.
Ils se nourrissent de poissons morts et tous les déchets organiques végétaux et carnés, s’aidant de leurs pinces, ils portent les éléments nutritifs à leur bouche.

 

Potamonautes tuberculata

Plathythelphusa tuberculata, à proximité de son exuvie.

L’acclimatation en aquarium n’est pas chose simple, la première étape à franchir, c’est la mue. Pour commencer, le changement de biotope provoque parfois une mue spontanée, n’étant pas physiologiquement programmée, cela se solde souvent par la mort du spécimen. S’il survit, ce qui n’est tout de même pas rare, les choses sérieuses peuvent commencer.

Pour maintenir un couple, il faut tabler sur pas moins de 2/300 litres, un aquarium spécifique étant préférable, car les poissons absorbent la nourriture bien avant que les crabes n’aient eu le temps d’en cueillir la moindre parcelle. Beaucoup de cachettes sombres, là où la femelle pourra aller, mais pas le mâle, elle pourra ainsi échapper à son harcèlement. Étant plus petite, c’est chose simple à réaliser, quelques tuyaux, briques creuses, des rochers de tous calibres feront l’affaire.

Potamonautes tuberculata

Plathythelphusa tuberculata (femelle et ses jeunes).

L’accouplement de ce crabe se passe face à face, le mâle saisissant la femelle avec ses pinces pour l’immobiliser, il la tient fermement et lui transmet son fluide séminale. Celle-ci va le stoker dans une spermathèque, ce qui lui permet de produire au moins trois pontes de 250 à 400 œufs grisâtres.

Ils sont accrochés en grappes aux pléopodes, protégés par le plastron.

 

Potamonautes tuberculata

Plathythelphusa tuberculata (jeunes accrochés à leur mère).

L’incubation des oeufs dure ainsi environ 3 semaines, l’éclosion est synchrone et tous apparaissent en très peu de temps. Les petits vont ainsi rester accrocher à leur mère durant environ 2 semaines. Pour se nourrir, ils n’ont pas à « descendre » à terre, la mère prend régulièrement du substrat entre ses pinces, qui servent de pelles, et leur approche, ils n’ont qu’à y piocher leur pitance. Il faut donc mettre beaucoup de nourriture pour que tous aient leur part. Nous pouvons les nourrir de poisson réduit en bouillie, de nourriture du commerce, poudre pour alevins etc.
La croissance est assez lente, mais au début les mues se succèdent à un rythme soutenu, environ tous les 15 jours, puis trois semaines entre chaque, puis petit à petit elles s’espacent, les adultes muent généralement tous les 6 à 8 mois. Une patte ou une pince qui se casse, n’est pas un problème, elle repoussera à la mue suivante.

Potamonautes tuberculata

Plathythelphusa tuberculata juvéniles indépendant depuis quelques heures.

Pour les voir grandir, il faut leur fournir des habitats à leur taille et en quantité, il faut que chacun ait sa cellule, loge, cachette. Pour cela on peut utiliser des briques creuses, des tuyaux de PVC tronçonnés en grand nombre, entre 5 et 10 cm. de longueur.

Les moments les plus cruciaux sont les périodes de mues, ils ne sont pas toujours synchrones, et ceux qui sont encore dur, pourront, sans se faire prier, dévorer leurs petits frères et sœurs encore mous… Le mieux étant donc de faire plusieurs groupes séparés, dans des aquariums sérieusement aménagés comme indiqué ci-avant.

Potamonautes tuberculata

Plathythelphusa tuberculata juvénile réfugié dans une coquille de Neothauma.

 

Potamonautes tuberculata

Plathythelphusa tuberculata

Tous les paramètres de leur maintenance ne sont pas toujours optimaux, et il est difficile de voir si un individu est en forme ou non, tous les symptômes n’étant pas apparents du fait de leur carapace.
Il est généralement trop tard pour faire quoi que se soit pour sauver un individu qui ne mange plus et reste amorphe.
Même si tout semble aller, nous ne sommes pas non plus à l’abri d’une mue qui rate, et la mort survient alors sans pouvoir rien y faire non plus.

Voici brossée la description d’une maintenance d’un crabe rare dans nos aquariums. Cette maintenance est assez pointue et demande pas mal d’expérience avant d’être tentée.

Potamonautes maculata

Plathythelphusa maculata à Mpimbwe.

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